Essai Renault 5 E-Tech : Un titre de voiture de l’année mérité ?
Une renaissance très attendue, et enfin à l’essai
Fraîchement auréolée de son titre de voiture de l’année 2025 (un titre qu’elle partage avec sa sœur Alpine A290), la nouvelle Renault 5 E-Tech est incontestablement LA nouveauté Française de l’année, et il nous tardait d’en prendre le volant. Afin de vous livrer notre avis complet sur la nouvelle citadine électrique au losange, nous avons parcouru plus de 1.000 km à son volant, dans toutes les conditions imaginables : ville, route, autoroute, et avec des températures parfois peu clémentes (+/- 0 degrés). Cerise sur le gâteau : nous avons pu la bousculer sur les routes sinueuses du Morvan. Notre essai de la Renault 5 E-Tech Electric (version Iconic Cinq 150 ch / batterie 52 kWh).
Un savant mélange d’hommage et de modernité
Développée en trois ans, la Renault 5 E-Tech est l’emblème de la « remontada » du constructeur au losange ces dernières années. S’étirant sur 3,92 m (c’est 13 cm de moins qu’une Clio), la Renault 5 est un savant mélange d’hommage et de modernité (Renault parle de « rétrofuturisme »). Elle multiplie les clins d’œil à son aînée née en 1972 (phares carrés à l’avant, verticaux à l’arrière, jonc coloré qui souligne le pavillon…), tout en évitant de verser dans la caricature.
Certains détails sont particulièrement bien pensés, à l’image de l’indicateur de charge sur le capot, sous la forme d’un chiffre 5 lumineux (plus ce dernier est « complet », plus la batterie est chargée), qui évoque par ailleurs la grille d’aération de la cinq originelle.
Ce style fait incontestablement mouche, et constituera sans doute le critère d’achat principal de la citadine au losange. Un signe qui ne trompe pas : je n’aurai jamais répondu à autant de questions au cours d’un essai (et j’écris entre ces lignes depuis 11 ans !).
De la couleur, et des possibilités de personnalisation
Tout comme son illustre aînée, la nouvelle Renault 5 offre plusieurs teintes « pétantes », à l’image du très réussi jaune pop (à effet pailleté) de notre modèle d’essai, qui n’est pas sans nous rappeler le mythique jaune sirius de feu Renault Sport. Notez que la peinture bi-ton (avec toit noir) est disponible à partir des finitions Techno et Iconic Cinq.
Renault annonce 200 combinaisons de personnalisation, mais aussi une gamme de 104 accesssoires, dont le fameux panier en osier façon « repose baguette ».
Un habitacle (lui aussi) réussi pour la Renault 5 E-Tech
La planche de bord de la Renault 5 E-Tech se caractérise par son mobilier rehaussé, avec deux écrans de 10 pouces pour le tableau de bord et l’infotainment, disposés en partie supérieure. Exit l’écran disposé en position verticale de la Zoé, et son mobilier vieillissant : la nouvelle R5 fait table rase du passé (et c’est une excellente chose). Les plastiques utilisés sont quasiment tous rigides, mais l’impression globale reste plutôt flatteuse, avec quelques éléments qui rehaussent l’expérience, comme la présence d’un large bandeau en tissu au niveau des portières, ou d’un très beau volant avec double méplat.
La nouvelle 5 fait (là aussi !) des clins d’œil à son aînée, à l’image du décors matelassé en face du passager, ou du dessin des sièges, qui n’est pas sans nous rappeler les fameux sièges tulipes des Renault d’antan. Notez à ce sujet que la finition de lancement « Iconic Cinq » dispose d’une très réussie sellerie spécifique, composée d’un tissu gris et d’empiècements jaunes.
Exit la position de conduite très haute, façon tabouret de bar de la Zoé : la R5 offre une position de conduite plus basse, et disons-le clairement, beaucoup plus agréable. Le maintien latéral (qui faisait cruellement défaut sur la Zoé) est ici de la partie.
Une belle dotation technologique
La nouvelle R5 reprend l’excellent système multimédia openR Link (en tout cas à partir de la finition Techno), avec ses services Google intégrés (dont Google Maps), et un efficace planificateur d’itinéraire. Ce dernier prend notamment en considération la puissance des bornes de charge, leur disponibilité à l’instant t, leur moyen de paiement…
L’infotainment vieillissant de la Zoé cède donc sa place à l’un des meilleurs systèmes d’infodivertissement actuellement disponible sur le marché (déjà vu sur les Mégane E-Tech et autres Austral), réactif et bien présenté.
Renault n’a pas tout à fait cédé à la mode du tout tactile, et on apprécie ainsi la présence de vraies commandes pour la ventilation.
Un espace à bord correct pour une petite citadine
Avec son architecture dédiée, la Renault 5 E-Tech propose un empattement de 2,54 m, soit seulement 4 cm de moins qu’une Clio, pourtant 13 cm plus longue. L’espace aux places arrières est ainsi correct pour deux adultes (et on apprécie le plancher plat), même si les plus grands tutoieront le pavillon.
Quant au volume de coffre, il plus qu’honorable pour une auto de moins de 4 m, avec 326 litres. En revanche, la Renault 5 E-Tech ne dispose pas d’un « frunk » sous le capot avant. Logique, puisque le moteur électrique y est logé.
Les trois versions de la Renault 5 E-Tech
Reposant sur une plate-forme 100 % électrique « AmpR Small », la Renault 5 E-Tech est proposée en trois versions :
- « Autonomie confort », avec 110 kW / 150 ch, et la plus grosse batterie (52 kWh), lui permettant de couvrir jusqu’à 410 km. Cette version de pointe débute à 31.490 Euros (bonus de 2.000 Euros déduit).
- « Autonomie urbaine », avec 90 kW / 120 ch, et une batterie de 40 kWh offrant jusqu’à 312 km d’autonomie. Le ticket d’entrée est abaissé à 25.990 Euros (bonus déduit).
- « Autonomie urbaine » (bis), avec cette fois-ci 70 kW / 95 ch, la même batterie de 40 kWh. Cette version sera bientôt disponible à la commande, et ses tarifs ne sont pas encore connus.
Ces deux batteries sont de type NMC, et possèdent un circuit de refroidissement liquide.
Caractéristiques techniques, recharge, production de la Renault 5 E-Tech
Quelque soit le niveau de puissance, la Renault 5 dispose d’un moteur synchrone à rotor bobiné, et donc dépourvu d’aimants permanents (pas de terres rares dans sa fabrication). C’est un équipement important sur un véhicule électrique : la Renault 5 est pourvue d’une pompe à chaleur. Côté recharge, la citadine électrique au losange offre un chargeur AC de 11 kW, et une recharge DC allant jusqu’à 100 kW (pour la version 150 ch).
La petite citadine électrique de Renault est par ailleurs équipée d’un système de préconditionnement, qui se déclenche via la navigation Google Maps intégrée. Elle dispose par ailleurs de la technologie V2L, qui permet d’alimenter des appareils électriques en 220 V. Notez enfin que la Renault 5 E-Tech sera intégralement (batterie comprise) produite en France à partir de l’été 2025, à la manufacture de Douai (le moteur électrique étant par ailleurs produit à Cléon).
Au volant de la Renault 5 E-Tech 150 ch
En ville, cette Renault 5 E-Tech est (évidemment !) dans son élément. Compacte et braquant bien (diamètre de braquage : 10,3 m), elle brille par la tonicité de sa motorisation électrique (un bonheur pour se faufiler rapidement). Dommage en revanche que la citadine électrique au losange ne dispose pas (pour l’instant du moins) d’un mode « one pedal ». Comme la Zoé, elle dispose d’un « mode B », avec un freinage régénératif plus fort que son ainé (mais qui ne va pas jusqu’à l’arrêt complet donc).
Offrant des surfaces vitrées plus étriquées que la Zoé, la Renault 5 E-Tech pèche au niveau de la vision vers l’arrière, cette dernière étant obstruée par les épais montants. La présence d’un détecteur d’angle mort nous parait donc importante. La caméra de recul l’est tout autant, afin d’éviter d’endommager la jolie carrosserie en manoeuvres. Dommage, car sa résolution n’est pas digne d’un véhicule sorti en 2024, avec une définition similaire à celle d’une Zoé 2.
Un joli potentiel sur route
Très agréable en ville, la Renault 5 E-Tech continue de briller sur route. Disposant de trains roulants soignés (dont un train arrière multi-bras, un élément rare sur ce segment), elle n’accuse pas un poids trop élevé (pour un véhicule électrique s’entend), avec moins de 1.500 kg pour la version disposant de la « grosse » batterie de 52 kWh. L’amortissement est pour le moins réussi, avec un typage certes ferme, mais une belle qualité de filtration. Il n’y a que les plus grosses saignées à basse vitesse qui se font vraiment ressentir. Pour être un peu provocateur (et on l’assume !), le compromis confort/tenue de route nous rappelle ainsi les Peugeot de la grande époque. Un clin d’oeil du nouveau designer maison, originaire de la maison au lion ? C’est de la belle ouvrage en tout cas !
Nous avons pu profiter du potentiel de la Renault 5 E-Tech sur les routes tortueuses du Morvan. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a vraiment rien de ridicule. La tenue de route est rigoureuse, avec un roulis bien contenu, et une inscription précise en virage (même si on aurait aimé une direction plus communicative). Il se dégage de l’ensemble une vraie notion de plaisir de conduite, à tel point qu’il nous tarde de découvrir sa version épicée « ++ » : l’Alpine A290.
Une puissance très agréable, mais quelques problèmes de motricité
On note en revanche une motricité parfois mise à mal par les 150 ch, et qui n’est sans doute pas aidée par la monte pneumatique Continental « Ecocontact 60 » de notre version d’essai, typée économie d’énergie. En parlant de puissance, les 150 chevaux (245 Nm) répondent présents, avec un 0 à 100 km/h avalé en moins de 8 secondes, et de belles reprises (80 à 120 km/h en moins de 7 secs). Plus globalement, son répondant lui permet d’envisager tout type d’usage, notamment autoroutier (on apprécie à ce sujet que la limite de vitesse ait un peu été relevée par rapport à la Zoé, la R5 étant bridée à 150 km/h).
Des qualités autoroutières bluffantes pour la Renault 5 E-Tech
Transition toute trouvée pour parler de nos impressions sur autoroute. Bonne surprise : elles sont (elles aussi) positives. Sur autoroute, la Renault 5 E-Tech offre une bonne tenue de cap, et d’une qualité d’assise digne du segment supérieur (avec notamment la présence d’un soutien lombaire, ou encore d’un vrai repose pied). L’insonorisation est par ailleurs remarquable pour un véhicule citadin. Le niveau sonore reste ainsi parfaitement « supportable » à 130 km/h, avec des bruits d’air peu présents (merci au pare-brise acoustique). Pour pinailler, on pourra en revanche regretter un accoudoir central un peu rudimentaire, et qui manque de moelleux.
Les longs trajets seront par ailleurs faciltés par la présence du système « Active Driver Assist ». Ce dernier donne accès à une conduite autonome de niveau 2 (régulateur adaptatif contextuel, et centrage dans la voie). Des aides à la conduite probantes, à l’image du régulateur adaptatif, qui ralentit de lui-même à l’approche des ronds-points. En revanche, on a noté quelques « freinages fantômes » au cours de notre essai, avec des freinages intempestifs régulateur de vitesse adaptif enclenché. Une mise à jour ultérieure corrigera peut-être ce défaut, heureusement resté très ponctuel.
Et quid de la partie « voiture électrique » ?
Tout est donc parfait mon général ? Sur la partie châssis/amortissement/amortissement, on aurait envie de dire oui (motricité parfois compliquée mise de côté). Reste en revanche un point important, et que nous avons pour l’instant laissé sous silence : la partie « voiture électrique » (efficience/recharge/autonomie).
Commençons d’abord par la recharge. Encaissant jusqu’à 100 kW dans cette version 150 ch (une valeur conforme à ce qui se pratique dans la catégorie), notre Renault 5 E-Tech d’essai n’aura pas démérité, avec un pic effectivement constaté à 100 kW (on a même atteint 102 kW sur une borne Tesla, à 36 % de charge, avec une batterie sans doute à bonne température puisque « chauffée » par une utilisation autoroutière), et globalement une courbe plutôt régulière (la R5 chargeant encore à 65 kW à 63 %). Les 30 minutes annoncés par Renault pour recharge de 15 à 80 % nous paraissent donc tout à fait plausibles.
Une consommation électrique par temps froid trop élevée
Côté consommation en revanche, et sans être catastrophique, la Renault 5 E-Tech nous parait un peu trop gourmande en énergie. Certes, une bonne partie de notre essai (réalisé à la mi-janvier) a été effectué dans des conditions hivernales, réputées peu favorables aux véhicules électriques. A 130 km/h régulateur de vitesse enclenché, nous avons relevé une consommation de près de 25 kWh / 100 km, avec des températures oscillant entre 1 et 2 degrés (avec tous les équipements de confort enclenchés, dont évidemment le chauffage). Sur route à 90 km/h, et dans les mêmes conditions, nous avons par ailleurs relevé un peu moins de 19 kWh / 100 km. C’est trop pour une citadine.
La R5 E-Tech semble donc vraiment sensible au froid, puisqu’avec des températures un peu plus douces (6 degrés), nous avons relevé une consommation sur autoroute plus raisonnable (aux alentours des 21 kWh / 100 km). De quoi envisager plus sereinement des trajets autoroutiers, avec un rayon d’action dépassant alors sans difficulté les 200 km.
Conclusion : Un vrai coup de coeur, même si sa gourmandise peut lui jouer des tours
Inutile de tourner autour du pot : nous avons eu un véritable coup de coeur pour cette nouvelle Renault 5 E-Tech. Après plus de 1.000 km passés à son volant, on peut sereinement vous confirmer qu’elle n’est pas qu’un coup de crayon réussi : c’est une vraie bonne auto, parfaitement recommandable, et qui mérite assez largement son titre de voiture de l’année. Plaisante et plutôt engageante à la conduite (problèmes de motricité mis de côté), la R5 E-Tech offre un niveau de polyvalence qu’on n’attendait pas d’une citadine, tenant par exemple parfaitement son rang sur autoroute. Reste à consentir à l’effort financier (assez conséquent en version 150 ch avec la grosse batterie il faut bien l’admettre), et à lui pardonner sa consommation d’électricité, qui nous parait un peu trop élevée pour une citadine (même si les conditions hivernales de notre essai n’ont pas aidé). Pour le reste, la R5 originelle peut être fière de sa descendante !

