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Essai BYD Seal Excellence AWD : Une vraie Tesla killeuse ?


La berline électrique Chinoise à l’essai

Dans l’industrie automobile, les choses vont vite. Elles ont même tendance à s’accélérer ces dernières années. D’anciens mastondontes vacillent, tandis que des « petits nouveaux » ont le vent en poupe. BYD fait indubitablement partie de la seconde catégorie, même si « petit » et « nouveau » ne sont pas vraiment adapté au constructeur Chinois, qui figure déjà parmi les piliers de l’industrie automobile mondiale. Pour nous en convaincre, nous avons passé quelques jours au volant de la BYD Seal, la berline électrique de la marque, dans sa version flasgship « Excellence AWD », forte de 530 ch. Une vraie Tesla killeuse ? Éléments de réponse.

La BYD Seal, en version Excellence AWD.

Un look particulièrement valorisant pour la BYD Seal

Exit les premières productions Chinoises banales, avec supplément « photocopieuse ». La BYD Seal (à ne pas confondre avec la Seal U, qui est un SUV) est une berline élancée de 4,80 m. Bien proportionnée, proche du sol (1,46 m de haut), elle dispose de panneaux de carrosserie travaillés, et ne ménage pas les effets de style : écopes d’air, bas de caisse sportifs, diffuseur arrière…

Sa signature lumineuse spécifique en bas du bouclier avant permet de la repérer du premier coup. À l’arrière, elle dispose du sacro-saint bandeau lumineux. L’ensemble est particulièrement valorisant, et n’a plus rien à envier aux productions concurrentes (même celles frappées d’une hélice ou d’une étoile).

Un grand écran qui en met plein la vue

Avec son grand écran central de 15,6 pouces rotatif (via une motorisation, avec deux modes d’affichage à la clé : portait ou paysage), la BYD Seal en met plein la vue. Fluide et réactive, son interface est similaire à celle d’un smartphone Android. On apprécie la présence des connectivités Apple CarPlay et Android Auto, qui s’affichent sur tout l’écran en mode paysage. Des connectivités toujours absentes des productions Tesla, soit dit en passant, qui ne disposent pas (non plus !) d’un écran d’instrumentation derrière le volant.

L’écran central est motorisé, et offre deux modes d’affichage : portait/vertical…
… Ou paysage/horizontal. Rigolo au début, mais absolument pas indispensable.

Revenons à notre Seal : son infotainment nous paraît un peu alambiqué, avec des traductions du Chinois qui manquent encore de finesse, et une arborescence des menus pas toujours logique. Autre points négatifs : la pauvreté du menu recharge, et surtout l’absence de planificateur à la date de notre essai. Pour le coup, l’interface Tesla est clairement meilleure.

L’écran d’instrumentation à la mérite d’exister (coucou Tesla !), mais son intégration est discutable.

Une impression haut de gamme dans l’habitacle 

Le bémol de l’infotainment mis de côté, l’intérieur inspire une vraie impression haut de gamme. Inserts en suédine, surpiqûres contrastées, placages façon carbone : on est loin du caractère monastique d’une Tesla Model 3. Pour le coup, cette BYD Seal donne l’impression d’être dans une berline luxueuse et valorisante, et pas que dans un objet high-tech.

Pour pinailler, on peut quand même relever la présence de quelques plastiques sensibles aux rayures, localisés en partie basse. Mais cela n’entache pas l’impression globale, vraiment flatteuse, et encore renforcé par la belle sellerie matelassée, par ailleurs particulièrement confortable. 

Côté ergonomie, de bonnes idées côtoient des choix plus discutables. On apprécie par exemple le petit sélecteur de vitesse au centre, en « vrai-faux cristal » (mais qui reste quand même flatteur), le double chargeur par induction idéalement placé, ou encore l’accès direct à certaines fonctionnalités importantes (Ex : couper ou activer la ventilation ; aide au stationnement…). En revanche, on ne comprend pas pourquoi le constructeur Chinois a conservé un bouton de démarrage, totalement surabondant de nos jours. Idem pour la nécessité d’actionner deux fois la poignée intérieure pour ouvrir la portière. 

De belles places arrières, mais un chargement un peu restreint 

C’est souvent une signature des productions BYD, et notamment du SUV Seal U : le confort aux places arrières. La Seal ne déroge pas à la règle, avec une qualité d’assise exceptionnelle à l’arrière. Au programme : un dossier bien incliné, un bel espace aux jambes, et une sellerie offrant un joli moelleux. Aux places arrières, la Seal n’a plus grand chose à envier au segment des limousines ! On comprend mieux pourquoi la Seal a la faveur d’un nombre croissant de chauffeurs VTC en région parisienne !

En revanche, le coffre nous paraît un peu « juste » pour une berline de 4,80 m. On sent ici que BYD a fait un arbitrage clair entre espace aux places arrière et volume du coffre. Son accessibilité est (logiquement s’agissant d’une berline) pénalisée par l’absence de hayon. 

La Seal dispose aussi d’un coffre avant/frunk. Son volume est limité, mais il est fermé.

La gamme BYD Seal : versions, prix

Simple, la gamme de la BYD Seal s’articule autour de deux versions : propulsion de 313 ch (monomoteur/propulsion), ou transmission intégrale (AWD), forte de 530 ch. Chaque déclinaison dispose de sa finition : Design pour la version 313 ch, Excellence pour la version AWD. Elles sont respectivement affichées 46.990 et 49.990 Euros. Conformément à la politique maison du « tout de série », l’équipement est pléthorique : sièges avant électriques, chauffants et ventilés, toit panoramique, hayon électrique, écran central 15,6 pouces rotatif, système audio Dynaudio, caméra 360 degrés, armada d’aides à la conduite… La version Excellence y rajoute l’affichage tête haute.

Au volant de la BYD Seal Excellence AWD

Pourvue de deux moteurs électriques (un sur chaque essieu), la Seal AWD Excellence coiffe la gamme Seal, avec son impressionnante cavalerie de 530 ch. C’est justement cette dernière que nous avons essayé.

Malgré le poids élevé, le comportement routier de cette Seal AWD Excellence nous a agréablement surpris. On apprécie tout d’abord la position de conduite, basse, en droite ligne avec l’esprit sportif du modèle. La Seal se montre par ailleurs réactive, et plutôt vive sur ses appuis. La direction est globalement au diapason, et se raffermit comme il faut en mode sport. Cerise sur le gâteau, la Seal AWD peut se montrer mobile de l’arrière, mais en restant progressive, et facilement rattrapable. On sent en effet une certaine prédominance de la puissance sur les roues arrières, ce qui n’est pas pour nous déplaire. C’est vraiment de la belle ouvrage, même si on aurait aimé un peu moins de mouvements de pompage en conduite sportive. La nouvelle Tesla Model 3 Performance reste un bon cran au dessus en terme de sportivité, avec sa précision de scalpel, et son poids beaucoup plus contenu. 

Quant aux performances, elles sont bluffantes. Comme précisé sur la malle arrière, la Seal AWD expédie le 0 à 100 km/h en 3,8 secs. Une promesse que nous avons évidemment vérifié, et qui ne fait aucun doute ! Dommage en revanche que la vitesse soit bridée à 180 km/h, comme la version propulsion. Nos amis Allemands auront sans doute de quoi à redire.

Un confort dans le haut du panier, mais pas de one pedal

Même dans cette version sportive, la Seal offre un bon niveau confort. Certes, on constate une certaine fermeté à basse vitesse, mais c’est logique d’une part (eu égard au tempérament sportif de cette Seal AWD Excellence), et absolument pas caricatural d’autre part. Même son de cloche s’agissant de l’insonorisation. Le volume sonore est bien contenu sur autoroute, avec des bruits d’air efficacement filtrés. Pas de doute : on est à bord d’une berline à tendance plutôt haut de gamme, qui lorgne clairement sur le segment des premiums Allemandes. 

En revanche, les aides à la conduite se montrent trop intrusives (coucou le bip de survitesse, qu’il est compliqué de déconnecter), et le régulateur de vitesse ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Je n’ai toujours pas compris pourquoi il avait beaucoup de mal à respecter la consigne donnée, et la partie adaptative m’est un peu trop « peureuse », freinant de façon intempestive dans les courbes sur autoroute quand on double un camion, même si ce dernier tient bien sa ligne.

En ville, on apprécie le bon rayon de braquage de l’auto, mais on regrette l’absence de fonction one pedal. Certes, la décélération offerte par le freinage régénératif (2 niveaux disponibles) permet de limiter le recours à la pédale de frein, mais cette dernière sera tout de même nécessaire dans les derniers mètres. Dommage.

Une belle autonomie affichée, mais des recharge/efficience dans la moyenne basse

Cette version dispose d’une batterie LFP (à la technologie Blade, propre au constructeur) de 82,5 kWh (capacité brute), avec jusqu’à 520 km d’autonomie (contre 570 km pour la version propulsion). Des chiffres prometteurs sur le papier, surtout pour une voiture qui développe 530 ch. Dans les faits, nous avons constaté entre 24 et 25 kWh / 100 à 130 km/h. La consommation en parcours mixte oscille plutôt aux alentours des 19,5 kWh / 100 (essai réalisé au printemps, avec des températures entre 10 et 20 degrés). Pour le coup, une Tesla Model 3 se montre bien plus efficiente dans des conditions similaires, avec moins de 15 kWh en parcours mixte (et 18/19 sur autoroute). BYD a pourtant bien doté sa berline électrique d’une pompe à chaleur de série.

Côté recharge, la Seal dispose d’un chargeur embarqué de 11 kW, et encaisse jusqu’à 150 kW en courant continu (bornes rapides). BYD annonce un 10 à 80 % en 37 minutes, ce qui est dans la moyenne basse de la catégorie, et loin des ténors de la catégorie (Kia EV6 et Huyndai Ioniq 6 notamment, reposant toutes deux sur une plate-forme 800 V). Surtout, la puissance de recharge chute parfois à 60/70 kW, sans vraiment qu’on ne comprenne pourquoi (problème de gestion thermique ?).

Conclusion : Pas encore parfaite, mais une vraie alternative tout de même

Cette BYD Seal est une belle surprise. Valorisante dans sa présentation, exécutée avec sérieux (sa qualité intérieure est digne d’une Premium Allemande), elle offre une réelle alternative à la sempiternelle Tesla Model 3, pour un tarif bien plus abordable qu’une BMW i4 (même dans sa « petite » déclinaison 35). Son niveau de confort est digne des meilleures (amortissement, insonorisation, qualité d’assise exceptionnelle à l’arrière), et les performances de cette version flagship Excellence AWD ont de quoi donner le tournis.

Loin d’être maladroite sur route (c’est même le contraire, malgré un poids trop élevé), cette Seal concède en revanche un coffre trop petit (pour une berline de 4,80m). Surtout, elle se montre en revanche trop gourmande en électricité, et sa recharge mériterait d’être un peu peaufinée (tout comme son infotainment). Le package n’en reste pas moins intéressant, et montre à quel BYD est déjà capable de rivaliser avec les ténors de l’industrie automobile.


BYD Seal Excellence AWD

BYD Seal Excellence AWD
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Cette BYD Seal est une belle surprise. Valorisante dans sa présentation, exécutée avec sérieux, elle offre une réelle alternative à la sempiternelle Tesla Model 3, pour un tarif bien plus abordable qu'une BMW i4.
Cette BYD Seal est une belle surprise. Valorisante dans sa présentation, exécutée avec sérieux, elle offre une réelle alternative à la sempiternelle Tesla Model 3, pour un tarif bien plus abordable qu'une BMW i4.
7/10
Total Score

On aime

  • La présentation, particulièrement valorisante
  • La qualité de fabrication
  • Les performances de cette version AWD de 530 ch
  • Le confort global : amortissement, insonorisation, places arrières exceptionnelles
  • L'équipement pléthorique

On aime moins

  • Pas de one pedal
  • Le volume du coffre (pour une berline de 4,80 m)
  • La consommation électrique trop élevée, et la recharge, dans la moyenne basse
  • L'infodivertissement, qui manque encore de clarté