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Essai : Nouvelle Skoda Fabia : Pourquoi dépenser plus ?


Au volant de la nouvelle Skoda Fabia

Mais qui peut arrêter Skoda ? La marque Tchèque n’a pas cessé de gagner du terrain ces dernières années, se hissant désormais à la septième place sur le marché Européen (2,1 % de part de marché en France). La nouvelle Octavia cartonne, et le SUV familial électrique Enyaq (lancé courant 2021) a déjà enregistré 70.000 commandes en Europe. C’est donc avec le vent en poupe que le constructeur lance en ce mois d’octobre la nouvelle génération de sa citadine fétiche : la Fabia. Un modèle d’importance (pour ne pas dire crucial) pour la firme, puisque plus de 4,5 million de Fabia ont été produites depuis son lancement en 1999 ! Nouvelle plate-forme, habitabilité en hausse et technologies remises au goût du jour sont au programme de cette nouvelle Skoda Fabia. Je suis parti à sa découverte dans la (belle) région de La Rochelle.

La nouvelle Skoda Fabia.

Une ligne plus affirmée

Née sous une forme plutôt timide (pour ne pas dire austère), la Skoda Fabia n’a pas cessé de s’affirmer au fil des années. Cette quatrième génération ne déroge pas à la règle, avec une ligne plus soignée que jamais, et résolument valorisante.

Tantôt fun, tantôt résolument « BCBG », la ligne de la nouvelle Skoda Fabia parlera à la fois à une clientèle éprise de différenciation qu’à celle qui recherche une voiture consensuelle et mature. C’était particulièrement le cas avec ma Fabia d’essai, avec sa teinte Graphite Grey, au sérieux très… Germanique.

En parlant de différenciation, le programme de personnalisation « Color Concept » (déjà présent sur la précédente génération) est reconduit. Il permet de contraster la carrosserie de la Fabia avec des éléments peints en noirs. En l’occurence, les jantes, le toit, les montants de pare-brise, les rétroviseurs, sans oublier les vitres arrières (surteintées en l’occurence). 

Les phares LED sont de série (en fonction de la version retenue il est même possible de disposer de la technologie Full LED). De LED, il en est également question pour les feux arrières, désormais découpés en deux parties distinctes, afin d’élargir visuellement la voiture.

La forme, mais aussi la fonction : la Skoda Fabia 4 dispose du meilleur Cx du segment : 0,28. Un vrai tour de force obtenu grâce à des éléments spécifiques, dont l’obturateur actif dans la calandre (Skoda annonce un gain de 0,3 L aux 100 km !), des enjoliveurs aérodynamiques, ou encore des bas de caisse profilés.

Un habitacle enfin au niveau, et résolument valorisant 

Mais c’est bien dans l’habitacle que la nouvelle Fabia fait sa révolution. La précédente génération pâtissait d’un habitacle vieillissant et au dessin massif : il n’en est plus rien aujourd’hui. Le dessin s’allège nettement, et il reprend celui des dernières productions de la marque, en commençant par le volant à deux branches. Le dessin de la planche de bord s’inspire de celui de la calandre, et reçoit en partie centrale l’écran du système d’infotainment.  

Bien plus élaborée que par le passé, le mobile intérieur fourmille de détails. C’est le cas de la barre horizontale qui parcourt la planche de bord (et qui se prolonge jusqu’aux aérateurs latéraux), du nom « Fabia » repris sur la casquette accueillant l’instrumentation, ou encore des crosses de porte, ergonomiques et originales. 

Si Skoda a opté pour des matériaux uniformément rigides (laissant à la VW Polo l’exclusivité du plastique moussé), ces derniers présentent globalement bien, et les assemblages sont soignés. Par ailleurs, l’introduction d’un bandeau en tissu réchauffe un peu l’atmosphère. 

En définitive, la qualité de présentation marque une montée en gamme impressionnante, et l’auto n’a plus à rougir face à ses concurrentes, même les plus chevronnées. Une vraie Octavia en herbe ! Notez enfin que l’ergonomie de la nouvelle Fabia est soignée, avec un écran tactile qui tombe parfaitement sous la main (et sous l’oeil), et des commandes classiques mais efficaces (comprenez : non tactiles), notamment pour la climatisation ou les touches du volant. La Polo restylée n’a qu’à bien se tenir sur ce point !

Une technologie bien dans son temps

En bonne citadine moderne, la nouvelle Skoda Fabia est (très) connectée. Quelque soit la version choisie, l’écran central tactile est de série. Sa taille varie de 6 à 9,2 pouces (pour le pas donné système Amundsen optionnel, il est vrai particulièrement perfectionné). L’interface est claire et moderne, et l’expérience utilisateur figure au niveau des meilleures propositions du segment. La citadine Tchèque cède (elle aussi) aux sirènes de l’instrumentation digitale, au travers du système Digital Cockpit de 10,25 pouces, de série sur la finition haut de gamme Style. Le système Smartlink+ englobant les connectivités Apple CarPlay et Android Auto est livré d’office sur toutes les Fabia, de même que les services connectés, via une eSIM.

La nouvelle Fabia peut disposer d’un système de recharge sans fil, et elle dispose de 2 ports USB-C à l’avant. Il est même possible de grimper à 5 ports au total, dont un dans le rétroviseur central (très pratique pour installer une dashcam !). Elle peut s’équiper de raffinements rares pour la catégorie, à l’image du volant et du pare-brise chauffant. 

Une habitabilité de référence, des aspects pratiques soignés

C’est un point fort habituel de la maison Skoda : l’habitabilité. Cette nouvelle Fabia ne déroge pas à la règle, bien au contraire ! 

Reposant sur une nouvelle plate-forme (elle dispose enfin de la même base que les VW Polo et Seat Ibiza), la Fabia voit sa longueur augmenter de 11,1 cm, dont la quasi-totalité au profit de l’empattement. S’étirant désormais sur 4,11 m, elle devient la plus grande des citadines. Ses cotes intérieures se rapprochent sensiblement des autos du segment supérieur (+ 5 cm à l’arrière notamment), avec un bel espace pour les passagers arrières, et un coffre très logeable de 380 litres. Notez par ailleurs que les passagers arrières disposent eux aussi d’aérateurs, et même d’un accoudoir. Une vraie petite familiale !

La nouvelle Fabia reprend les fameuses astuces Simply Clever qui caractérisent les productions de la marque, avec un catalogue de solutions encore enrichi : porte-stylo et clip de fixation dans le vide poche central, pochette de rangement pour smartphone au dos des sièges avant, entonnoir intégré dans le couvercle du bocal à lave-glace…

Les motorisations de la nouvelle Fabia

De l’essence, de l’essence et encore de l’essence : c’est ainsi qu’on peut résumer l’offre de motorisations de la nouvelle Skoda Fabia. Comme nombre de citadines, l’offre diesel est supprimée. L’auto se passe également d’hybridation (même légère) : c’est un choix osé, mais ses cousines du groupe (et notamment la Polo restylée) l’ont également fait. Au total, quatre motorisations sont disponibles : 1.0 MPI 65 ch, 1.0 MPI 80 ch, 1.0 TSI 95 ch, et 1.0 TSI 110 ch. Ce dernier est le seul à disposer d’une boite mécanique à 6 rapports (BVM5 pour les autres motorisations), et de la boite DSG7 à double embrayage optionnelle. Sans doute en partie grâce à son excellent coefficient de pénétration dans l’air, l’auto échappe au malus.

Au volant de la nouvelle Skoda Fabia

C’est justement au volant d’une Fabia TSI 110 BVM6 que j’ai pu me glisser, pour une boucle essentiellement routière me menant jusqu’à la « Venise Verte » (le Marais Poitevin si vous préférez).

Sur la route, la nouvelle Skoda Fabia confirme son statut de voiture bien née. Très bien suspendue, elle sera restée confortable au tout long de l’essai, même sur les routes parfois déformées de la région Poitevine. Au global la qualité de filtration des imperfections m’a semblé semblable à celle offerte par sa grande soeur Scala : ce n’est pas peu dire !

Bien posée sur la route, la nouvelle Fabia offre une tenue de route rassurante et plaisante, même si elle n’offre pas le caractère aussi enjoué qu’une Ford Fiesta par exemple. La faute notamment à une direction souple qui fait des merveilles à basse vitesse, mais qui manque de feeling lorsqu’on veut augmenter le rythme. Rien à redire s’agissant de la position de conduite, réussie, et des sièges, qui offrent un bon maintien latéral, et qui disposent d’un raffinement rare dans la catégorie (un de plus !) : un soutien lombaire (pour les deux sièges qui plus est).

Le bien connu bloc 1.0 TSI 110 ch livre une bonne partition. Un peu creux sous les 2.000 tr/min, il démontre d’une bonne vigueur ensuite, et il donne à la Fabia ses galons de routière (0 à 100 km/h en 9,7 secs). Surtout que son niveau sonore reste tout à fait correct aux allures autoroutières. Quand à la boite mécanique, et hormis un débattement un peu trop long à mon goût, elle se révèle agréable à l’usage.

Le plein d’assistances à la conduite

La nouvelle Fabia fait le plein d’assistances à la conduite : les Lane et Front Assist sont de série, tout comme le Lane Assist (correction active de trajectoire si la voiture s’approche trop près de la ligne). La version Style y ajoute la détection des angles morts et l’alerte de sortie de stationnement, et il faudra passer par la case option pour disposer du régulateur adaptatif ou du Travel Assist.

Gamme et tarifs de la nouvelle Skoda Fabia

Pour son lancement, la nouvelle Skoda Fabia est disponible en trois finitions : Active, Ambition, et Style. La climatisation est de série, tout comme les phares à LED ou le régulateur/limiteur de vitesse. La gamme débute à 16.730 Euros, et grimpe à 24.370 Euros pour la version la plus raffinée, bien équipée : caméra de recul, climatisation automatique, Digital Cockpit, phares Full LED, accès démarrage sans clé… La Fabia s’assume, et ses prix sont désormais semblables à ceux de la concurrence !

Notez que la très pratique version break « Combi » ne sera pas reconduite pour cette nouvelle génération : elle sera maintenue au catalogue sous sa forme actuelle de troisième génération jusqu’en 2023.

Par ailleurs, la gamme Fabia gagnera une puissante version le 1.5 TSI Evo de 150 ch fin 2021. Une déclinaison prometteuse, Skoda annonçant un 0 à 100 km/h en 7,9 secs !

Conclusion : Une sérieuse prétendante

Le temps de la Fabia timide ou techniquement dépassée est bel et bien révolu. Reposant désormais sur la même plate-forme que les VW Polo ou Seat Ibiza, la nouvelle Fabia en profite pour gagner 11 cm, devenant par la même occasion la plus grande des citadines, au grand bénéfice de l’habitabilité et du coffre. L’habitacle fait lui aussi sa révolution, avec une présentation moderne et valorisante, et des équipements qui étaient il y a encore peu l’apanage de la catégorie supérieure. Et les bonnes nouvelles continuent, avec des qualités routières soignées (même si ce n’est pas la plus excitante à conduire, et que le TSI 110 est un peu paresseux à bas régimes), et un look plus affirmé. Vous l’aurez donc compris : les reines de la catégorie n’ont qu’à bien se tenir !