Essais

Essai : Mitsubishi Colt Hybride 140 (2023) : Copier-coller, c’est gagné ?


Mitsubishi est de retour, mais…

S’alignant sur le crucial segment B, la nouvelle Mitsubishi Colt n’est clairement pas une inconnue. Vous l’avez déjà reconnue, elle emprunte largement (pour ne pas dire totalement) ses traits à la Renault Clio V. Fraîchement restylée, la Clio V est l’un des best-seller du marché des citadines polyvalentes : il y a pire comme base ! Nous l’avons essayée sur les routes entre Angoulême et Cognac : notre essai complet de la Mitsubishi Colt Hybride (HEV) 140 ch. 

Mitsubishi Colt : une lignée débutée en 1978

Cette nouvelle Colt s’inscrit dans une longue lignée, débutée en 1978, et qui aura vu se succéder six générations, et plus de 1,2 millions d’exemplaires. Ce n’est pas la première fois que la Colt est le fruit d’une étroite alliance : la génération précédente (la sixième) était issue de la collaboration entre Daimler et la firme Japonaise. Plus précisément, la Colt VI (produite aux Pays-Bas) partageait une bonne partie de ses éléments avec la Smart Forfour.

Mitsubishi Colt : pourquoi faire ?

Comme la Clio, la Colt VII est basée sur la plate-forme CMF-B, et elle sort des mêmes lignes de production, en Turquie. Comme nous vous l’expliquions dans notre essai du Mitsubishi ASX (un clone du Renault Captur), la stratégie poursuivie par Mitsubishi avec cette nouvelle Colt est simple.

Il s’agit de couvrir rapidement et sans lourds investissements une bonne partie du marché Européen (en terme de volumes de ventes), avant de proposer par la suite de « vrais » produits Mitsubishi. La firme nous promet ainsi l’arrivée l’année prochaine d’une nouvelle génération d’Outlander PHEV, puis d’une berline électrique qui devrait emprunter ses dessous à la Mégane E-Tech.

Un look tout frais, mais totalement calqué sur celui de la Clio

La nouvelle Mitsubishi Colt profite du tout récent restylage de la Clio. Un restylage qui arrivait à point nommé, et qui a permis à la Clio de s’émanciper (enfin !) de l’opus précédent. Les changements apportés par Mitsubishi sont anecdotiques. Le constructeur a beau s’orgueillir d’avoir légèrement revue la ligne à la sauce « Dynamic Shield » (le nom du style maison), les différences avec la Clio restent très mesurées. Quoiqu’il en soit, on apprécie particulièrement la nouvelle signature lumineuse à l’avant, originale, et qui donne un look très « techno » à l’auto.

Badges/logos mis de côté, bien avisé sera celui qui distinguera au premier coup d’œil les deux modèles. Au sujet des badges, on appréciera (ou pas) le lettrage complet Mitsubishi à l’arrière, peu discret. Comme sur l’ASX, on regrette également l’implantation pas très gracieuse de la caméra de recul.

Pour clore ce chapitre, notons que le nuancier de la Colt est repris de la Clio. Repris, mais réduit : seulement cinq teintes sont disponibles, dont quatre métallisées.

Un habitacle (lui aussi) repris, et plutôt flatteur 

Même jeu de copier/coller avec la Clio s’agissant de l’habitacle. Hormis les seuils de porte rétroéclairés et le logo Mitsubishi sur le volant, tout est repris de la citadine Française.

Et c’est plutôt une bonne pioche : la Clio V marquait une vraie montée en gamme par rapport à l’opus précédent, avec un niveau de finition dans la moyenne haute. Le mobilier respire le sérieux, avec des assemblages costauds, et des matériaux plutôt flatteurs pour une (grande) citadine, même si les contre-portes manquent un peu de distinction. En revanche, ça manque de fun : pour reprendre une expression consacrée, noir c’est noir ! 

Un infotainment efficace, mais vieillissant 

Côté infotainement, deux tailles d’écrans sont disponibles : 7 et 9,3 pouces. L’instrumentation repose elle aussi sur une interface numérique (plutôt réussie d’ailleurs). Là encore, deux tailles de combinés sont disponibles : 7 et 10 pouces. Comme la Clio restylée, l’interface reste « propriétaire », contrairement aux dernières nouveautés Renault, qui reposent sur une interface Google. Disposé à la verticale, l’écran est plutôt agréable à l’œil, mais son interface commence à vieillir, à l’image de la cartographie du GPS, parfois un peu aux fraises. 

Un point facilement compensé par la présence des sacro-saintes connectivités Apple CarPlay et Android Auto. Notons par ailleurs la présence d’un système audio Bose sur la version haut de gamme.

La gamme de la nouvelle Mitsubishi Colt

La gamme de la nouvelle Colt s’articule autour de quatre niveaux de finition : Invite, Business, Intense et Instyle. 

Trois motorisations (dont une hybride) sont disponibles, et elles carburent toutes au sans-plomb. Le trois cylindres 1.0 de 67 ch (associé à une boîte mécanique à 5 rapports) compose l’entrée de gamme. Ce moteur peut se doter d’un turbo, portant alors sa puissance à 91 ch (la boîte mécanique gagne par la même occasion un rapport). 

Enfin, un 1.6 HEV de 143 ch permet à Mitsubishi de proposer une version « Full Hybrid » (auto-rechargeable) de sa Colt. Ce 1.6 hybride est composé d’un bloc thermique atmosphérique, d’un moteur électrique développant 36 kW, et d’une batterie de 1,2 kWh. La Colt Hybrid est donnée pour sobre, très sobre : Mitsubishi promet 4,3 L / 100 km en moyenne, et plus de 900 km d’autonomie.

Gamme débute à 18.390 Euros. La motorisation HEV réclame quant à elle 26.490 Euros, et culmine à 29.990 Euros en version « toute équipée ». La gamme est largement simplifiée par rapport à la Clio. La seule option disponible est la peinture métallisée/spéciale ! A noter par ailleurs que le site Mitsubishi.fr fait actuellement référence à une remise de 2.000 Euros (1.500 Euros de remise + 500 Euros d’aide à la reprise).

Le « plus Mitsubishi » : la garantie 5 ans

C’est sans doute l’un de ses meilleurs arguments par rapport à la Clio : la Colt est garantie 5 ans et 100.000 km (et même 8 ans et 160.000 km pour la batterie de sa version hybride). Mitsubishi propose par ailleurs un contrôle annuel gratuit dans son réseau. Rassurant !

Au volant de la Mitsubishi Colt Hybrid 

Comme pour le reste, Mitsubishi s’en est remis à Renault pour la partie cycle, mais aussi pour la motorisation de sa nouvelle Colt. Sa conduite est donc strictement identique à celle de la citadine au losange. Et ce n’est clairement pas une mauvaise chose, tant l’auto est polyvalente. Certes, l’amortissement se révèle un peu ferme à basse vitesse, mais cela s’améliore en prenant de la vitesse. On apprécie par ailleurs le bon maintien offert par les sièges.

Très rassurante, la Colt offre un bon maintien des mouvements de caisse, et elle garde sa dignité sur les chaussées déformées. Le train avant est précis et bien guidé, et on prend plaisir à hausser le rythme sur route sinueuse, même si l’ensemble n’est pas vraiment joueur. Vous l’aurez compris : son comportement routier est dans le haut du panier. 

Une motorisation hybride efficace, et sobre

Son système hybride brille en ville, évoluant régulièrement en électrique. La gestion entre le thermique et l’électrique est plutôt fluide, et la conduite de cette Colt HEV se révèle reposante en évolution urbaine.

Sur route, on profite de la bonne polyvalence apporté par le groupe hybride, avec des relances amplement suffisantes pour doubler sans serrer des fesses. Globalement, la Colt Hybrid s’apprécie avec une conduite souple, qui permet de profiter du couple instantanée du moteur électrique, et de la fluidité des changements de rapport.

Quand on accélère le rythme plus que de raison, le moteur se rappelle alors bruyamment à notre bon souvenir, et l’expérience devient un peu plus brouillonne, notamment au niveau des passages de rapports. L’expérience est différente d’une Toyota Yaris hybride. Cette dernière est certes encore plus fluide en ville, mais les emballements façon mobylette de sa transmission CVT se rappelleront vite à votre souvenir ensuite.

Un dernier point, d’importance : la consommation. Et c’est du positif : notre journée d’essai (boucle de 150 km avec un mix varié : ville, route, et un peu de voie rapide) s’est soldée par une moyenne de 5,1 L / 100 km, malgré une conduite assez dynamique. Nul doute qu’avec un pied droit un peu plus souple, nous serions descendu sous les 5,0 L / 100.

Conclusion : Un clone certes, mais…

À sa manière, la Mitsubishi Colt est une auto paradoxale. Dépourvue de la moindre originalité par rapport à la Renault Clio, elle ne possède pas une once de l’âme du constructeur Japonais. Pour autant, elle n’en reste pas moins une proposition parfaitement valable dans sa catégorie. Style dynamique et moderne, habitacle soigné et plutôt moderne (même si l’interface de l’infotainment est vieillissante), prestations routières de belle facture, système hybride sobre et efficace (sauf quand on hausse un peu trop le rythme) : ses arguments font mouche. Certes totalement « pompée » sur celle de la Clio, la copie n’en reste pas moins très valable (surtout avec la garantie 5 ans maison). Quant à nous, on attend avec impatience le « vrai » retour de la marque sur le marché Européen !


 

Mitsubishi Colt Hybride 140

On aime

  • La ligne, moderne et dynamique
  • L'habitacle soigné, et "bien dans le coup"
  • La garantie 5 ans
  • La polyvalence de l'ensemble
  • La motorisation hybride sobre et douce...

On aime moins

  • ...Mais qui devient un peu brouillonne en conduite dynamique
  • L'infotainment a un peu vieilli
  • L'originalité, définitivement morte et enterrée