Essais

Essai : Skoda Octavia Scout et RS Combi : Break is the new chic


L’exception Skoda Octavia

A l’heure de la toute puissance des SUV, elle fait figure d’exception. Elle, c’est la Skoda Octavia. Initialement née en 1959, et ressuscitée en 1996 après le passage sous le giron du groupe Volkswagen quelques années plus tôt, cette berline est aujourd’hui le fer de lance de la marque Tchèque. Et pour cause : avec 257.000 exemplaires vendus en 2020 c’est le best-seller de la gamme, et elle représente à elle-seule presque la totalité des ventes de Karoq et Kodiaq cumulées ! Cinquième véhicule le plus diffusé d’Europe, la Skoda Octavia (toutes versions confondues : berline, Combi, RS, Scout…) a été renouvelée à l’occasion des 125 ans de la marque en 2020, avec une quatrième génération plus intéressante que jamais.

La quatrième génération moderne de Skoda Octavia…
… Et la toute première Octavia, née en 1959. Photo capturée à l’occasion de notre visite de l’Autoworld, à Bruxelles.

Après l’essai par Alizée de l’Octavia RS iV (hybride rechargeable) fin 2020, je suis parti à Annecy mettre à l’épreuve deux déclinaisons de l’Octavia break (Combi pour les intimes) : les Scout et RS. Je vous explique pourquoi l’Octavia offre sans doute l’un des meilleurs rapports prix/prestations du marché, et pourquoi les breaks ont encore de l’avenir !

Une quatrième génération plus affirmée

Les trois premières générations de l’Octavia « moderne » ont solidement ancré le modèle dans le paysage automobile Européen. Habitabilité exceptionnelle (une spécialité maison), fabrication rigoureuse, prestations routières honorables, tarifs attractifs : autant de qualités qui expliquent la popularité du modèle.

Les quatre générations d’Octavia (en déclinaison sportive) réunies.

Restait toutefois un axe d’amélioration : très consensuelle, l’Octavia affichait un caractère un peu trop lisse pour certains. Pour cette quatrième génération, Skoda a donc revu sa copie. L’objectif : rendre son modèle « plus émotif », pour reprendre les termes du communiqué de presse. Sans aller jusque là, je dois avouer qu’elle a indéniablement de la gueule.

Avec ses phares affinés, le nez devient plus agressif, et les flancs plus sculptés suivent la même (bonne) voie. Et contrairement à certaines idées reçues, la carrosserie break ne gâche rien. Au contraire même. Evitant l’effet « sac à dos », l’Octavia Combi offre une ligne qui n’a absolument rien à envier à la version berline. Leurs dimensions sont d’ailleurs strictement identiques : elles mesurent toutes deux 4,69 m de long.

L’Octavia RS Combi.

Des Octavia RS et Scout Combi encore plus distinctives

Avec son look « survet’-baskets », l’Octavia RS Combi confirme ces bonnes impressions initiales. Les roues sont plus grandes (18 pouces minimum), les entourages chromés cèdent leurs places à des accastillages noirs, et les boucliers sont eux aussi spécifiques. Elle offre une excellente synthèse : dynamique mais pas ostentatoire, l’Octavia RS Combi plaira tout autant au papa pressé qu’au VRP en quête d’une voiture « qui passe bien partout ».


Uniquement disponible en carrosserie break, l’Octavia Scout est la plus aventurière de la famille. Le look est au diapason : suspension surélevées, boucliers avant et arrière spécifiques (avec sabot de protection à l’avant), élargisseurs de passages de roues en plastique… Evidemment moins dynamique qu’une version RS, la ligne n’en reste pas moins agréable, et parlera sans peine à l’amateur de véhicules baroudeurs.

Deux ambiances différentes à l’intérieur, mais des qualités communes

La différenciation se poursuit dans l’habitacle. L’Octavia RS Combi joue la carte de la sportivité, avec une sellerie spécifique plus enveloppante, un volant RS à trois branches, des inserts décoratifs façon carbone, un pédalier aluminium, ou encore un insert de tableau de bord en Alcantara noir/surpiqures rouges.

L’habitacle de l’Octavia RS Combi

Vous l’aurez deviné, l’Octavia Scout Combi livre une partition plus aventurière : inserts décoratif bois brun, ou encore une sellerie tissu spécifique. Elle dispose par ailleurs du volant « traditionnel » de la nouvelle Octavia, à deux branches.

Et celui de la Scout.

Pour le reste, Combi Scout ou RS, c’est du pareil au même. On retrouve la nouvelle planche de bord de l’Octavia, résolument aérienne. Disons-le clairement, elle donne un sacré coup de vieux à l’ancienne génération.

Pour la qualité de fabrication, c’est du très bon travail : les commandes inspirent la robustesse, et les matériaux utilisés sont au diapason. On parle souvent des progrès dans ce domaine de Skoda : il suffit de grimper dans cette quatrième génération d’Octavia pour comprendre à quel point c’est mérité.

L’Octavia Combi conserve les excellentes dispositions pratiques des générations précédentes : l’espace aux places arrières est conséquent, et le coffre est tout bonnement géant : avec 640 litres (40 litres de plus que la berline), elle emportera sans difficulté les armes et bagages de toute la famille, et même plus ! Pour ne rien gâcher, les fameuses astuces Simply Clever sont toujours de la partie : double plancher et filets de coffre, gratte givre intégré dans la trappe à carburant, entonnoir intégré au couvercle de lave-glace (…) : tout est fait pour rendre votre vie plus facile.

Banquette rabattue, le coffre atteint 1.700 litres !

Une Octavia plus techno que jamais

Ça n’étonnera pas grand monde : au passage de cette quatrième génération, la Skoda Octavia a fait le plein de nouvelles technologies. Les aides à la conduite sont évidemment au rendez-vous : régulateur de vitesse adaptatif et prédictif, détecteur d’angles morts très performant, et même la fonction Travel Assist incluant l’assistance de conduite en embouteillage, le maintien du véhicule au centre de la voie et le volant capacitif (il détecte vos mains sur le volant). Les trajets autoroutiers ne seront plus qu’une simple formalité !

Même son de cloche à l’intérieur : recharge par induction, Digital Cockpit (de série dès le deuxième niveau de finition !), Android Auto et Apple CarPlay sans fil : rien ne manque. Quant à l’écran tactile central de 10 pouces, il se montre fluide et réactif à l’usage.

L’Octavia RS Combi étonne sur la route

Il est temps de passer au plat de résistance : l’essai routier. Mon terrain de jeu : une boucle essentiellement autoroutière le matin (entre Aix-les-Bains et Annecy), et une après-midi très ludique dans les hauteurs d’Annecy. Plutôt que me perdre à vouloir essayer toutes les déclinaisons disponibles, je préfère me concentrer sur la même motorisation : le TDI 200 ch, associée à la boite automatique DSG, et à la transmission 4×4. Parfait pour déceler les différences entre les versions RS et Scout.

Je débute avec l’Octavia RS Combi. Habitué aux productions du groupe Volkswagen, je trouve instantanément mes marques. La position de conduite est très agréable : à l’heure du « tout SUV », on a tendance à oublier à quel point il est agréable d’être (relativement) proche du sol.

Malgré son patronyme sportif, l’Octavia RS Combi se révèle bien éduquée aux allures conventionnelles : l’amortissement (piloté) ménage les vertèbres, et la boite DSG égrène les rapports avec fluidité. Aux allures autoroutières, l’insonorisation est de bon aloi : l’Octavia est taillée pour les longues distances, et cela se sent.

Sur la route escarpée et tortueuse entre Leschaux et Semnoz, l’Octavia RS Combi dévoile un autre visage. Mode sport enclenché, l’amortissement et le volant deviennent plus fermes (sans aller jusqu’à l’excès), et un diffuseur de son implanté au niveau de la baie de pare-brise « exacerbe » la sonorité du TDI. Si j’avoue rester assez insensible à ce dernier point, le reste m’a totalement convaincu. Jetée sans ménagement d’un virage à un autre, l’auto montre alors l’étendue de son talent : son équilibre est impossible à prendre en défaut, et son agilité est bien réelle. Mention spéciale à la combinaison train avant/direction, d’une précision assez redoutable. J’avoue que je n’en attendais pas autant. Très efficace et agréable à mener, l’Octavia RS Combi n’en devient pas pour autant sportive. Skoda nous l’a d’ailleurs rappelé au cours de cet essai : les versions RS se veulent dynamiques, et pas sportives. Et c’est déjà très bien.

La commande de la boite DSG est de type « shift by wire ».

A défaut d’être démonstratif, le TDI 200 livre une partition très correcte : ses performances sont résolument efficaces -merci le couple de 400 Nm- (0 à 100 km/h en 6,8 secs, 238 km/h en pointe). Dommage en revanche que la boite DSG ne nous lâche pas plus la bride en mode sport : elle passe souvent le rapport supérieur sans notre accord.

Une Octavia Scout moins dynamique, mais plus versatile

Il est temps de troquer mon Octavia RS Combi contre une version Scout.

Si les performances diffèrent peu (0 à 100 km/h identique, 230 km/h en pointe), les sensations tranchent par rapport à la RS. La direction est beaucoup plus légère (trop à mon goût), et les réglages privilégient clairement le confort. Sans être scabreuse (loin de là même), on se sent beaucoup moins tenté « d’attaquer » sur itinéraire sinueux : prises de roulis plus marquées, précision moindre (les pneus hiver de notre version n’arrangent rien).

L’Octavia Scout prend sa revanche en dehors des sentiers battus. Avec sa hauteur de caisse surélevée et sa transmission 4×4 efficace, les chemins enneigés/glissants ne lui font pas peur. Une versatilité appréciable, notamment pour une clientèle montagnarde. Pour ceux qui sont sensibles au look baroudeur mais qui n’ont que faire de la transmission intégrale, cette déclinaison Scout est également disponible en version 2 roues motrices. Un dernier point d’importance : la consommation. Si j’avoue que les chiffres de consommation de ma première journée n’avaient rien d’extraordinaire (il faut dire que je n’ai pas ménagé mes montures), l’Octavia Scout m’a gratifié d’un 5,8 litres / 100 km sur le trajet quasi exclusivement autoroutier du lendemain. Une valeur excellente, surtout pour un véhicule à transmission intégrale.

Tarifs des Octavia RS et Scout Combi

Si la gamme Skoda Octavia Combi débute à 24.060 €, ces puissantes versions haut de gamme réclamant une conséquente rallonge financière : la RS Combi TDI 200 DSG 4×4 est affichée 43.790 €, et l’équivalent en version Scout coûte 39.760 €. Déclinaisons hautes oblige, la dotation de série des versions RS et Scout est riche.

Conclusion : Porte-étendard mérité

Je m’en doutais, mon essai me l’a confirmé : oui, le succès commercial de la Skoda Octavia est mérité. Surtout quand on se penche sur cette quatrième génération, qui a la bon goût de s’affirmer par rapport à ses devancières. Ce constat est encore plus vrai pour ces versions RS et Scout Combi. Elles offrent deux visions différentes (mais complémentaires) du break familial, en laissant de côté le caractère parfois « plan-plan » de ce type de véhicule. J’avoue avoir été particulièrement séduit par la version RS : très polyvalente, elle offre une tenue de route impériale, et j’avoue que je n’en attendais pas tant. Versatile, l’Octavia Combi offre une vraie alternative aux sacro-saints SUV. Je l’affirme haut et fort : il est temps pour les breaks de revenir sur le devant de la scène !



Skoda Octavia RS et Scout Combi

On aime

  • La qualité de fabrication, excellente
  • L'habitabilité et le volume de coffre
  • La dotation technologique
  • Les deux visions complémentaires : le dynamisme (RS), la versatilité (Scout)
  • Le confort de très bon aloi dans les deux versions

On aime moins

  • Le TDI 200 efficace mais peu démonstratif
  • Les prises de roulis de la version Scout
  • La boite DSG un peu trop castratrice en conduite sportive