Essais

Essai : Hyundai IONIQ 5 HTRAC : Le Walkman de Hyundai ?


Un concept-car sur roues à l’essai

Lorsque Sony a lancé son premier Walkman en 1979, la firme Japonaise ne se doutait sans doute pas que son produit allait changer pour toujours la façon qu’on a d’écouter de la musique. Un produit devenu mythique, et qui reste encore aujourd’hui irrémédiablement associé à Sony. Premier modèle de la nouvelle marque IONIQ (dédiée à la production de véhicules électriques à batterie), la Hyundai IONIQ 5 a selon moi l’étoffe pour devenir le Walkman de la marque Coréenne. Après une journée passée à son volant sur les routes de la région de Valence, je vous explique pourquoi.

Hyundai IONIQ 5 : Un concept-car produit en série

C’est une loi de l’industrie automobile : les modèles de série différent toujours assez sensiblement du concept-car dont ils dérivent. Contraintes techniques/industrielles, normes et logiques de coût l’expliquent. La Hyundai IONIQ 5 n’a que faire de cette règle. Il suffit de voir le concept Hyundai 45 (présenté au salon de Francfort en septembre 2019) pour s’en convaincre.

Et c’est justement ce qui rend cette IONIQ 5 si spéciale : elle a la gueule d’un concept-car. Les regards médusés des passants et des automobilistes Espagnols en témoignent. C’est d’autant plus intéressant que le concept Hyundai 45 rendait un hommage appuyé à la toute première Hyundai de l’histoire : la Pony de 1975, dessinée par Giugiaro. La boucle est superbement bouclée !

Le montant C incliné à 45 degrés est un hommage direct à la Pony de 1975.

Hyundai IONIQ 5 : La forme et la fonction

La Hyundai IONIQ 5 ne dépareillerait pas dans un film d’anticipation, façon Minority Report. Le traitement des surfaces donne à l’auto l’aspect très lisse. A l’heure où les lignes tendent à se complexifier (parfois jusqu’à la caricature), l’approche minimaliste des designers Hyundai est remarquable. On se rapproche dans l’idée du fameux courant architectural Bauhaus, qui mettait en avant la sobriété et la fonction.

Très lisses, les surfaces de la IONIQ 5 lui donne un aspect presque monolithique. Les flancs ne sont même pas perturbés par des poignées de porte : Hyundai a opté par des poignées affleurantes rétractables. Son profil brouille les pistes : si son hayon la rapproche esthétiquement d’une berline compacte, ses arches de roues marquées, ses bas de porte et ses boucliers rapportés la rattachent à l’univers SUV. On rattachera donc la IONIQ 5 à la catégorie des crossovers.

La signature lumineuse est devenue au fil du temps un élément stylistique à part entière. Avec son système d’éclairage unique à pixels paramétriques (256 pixels à l’avant), la Hyundai IONIQ 5 joue (une nouvelle fois) la carte de l’avant-garde, avec une signature lumineuse sans équivalent sur le marché. Et je ne sais pas vous, mais je lui trouve une ressemblance certaine avec la mythique DeLorean, en tout cas quand elle se pare de la robe gris clair mat (« Gravity Gold » selon Hyundai).

Un habitacle façon lounge

Différente (et résolument futuriste) par son approche à l’extérieur, la Hyundai IONIQ 5 est tout aussi novatrice à l’intérieur. Aérienne et épurée, la planche de bord se caractérise par la superposition de ligne horizontales.

Une longue casquette implantée derrière le volant (dépourvu de tout logo, du jamais vu à ma connaissance dans l’industrie automobile !) englobe deux grands écrans de 12,3 pouces. Le premier pour l’instrumentation, le second pour le système d’infodivertissement. Les graphismes sont clairs et modernes, et l’interface est globalement très soignée, même si j’ai encore un peu de mal à me repérer dans la profusion de menus (un écueil déjà noté sur les derniers Tucson et i20).

Les boutons sont rétroéclairés.

Afin de libérer de l’espace, le levier de vitesse migre derrière le volant. On s’y fait très vite, et ça permet à la Hyundai IONIQ 5 d’avoir une console centrale coulissante.

Et ce n’est pas la seule astuce pratique présente dans l’habitacle de la Coréenne : large rangement derrière la console centrale, plancher plat, boite à gant coulissante façon tiroir, repose mollets ajustables pour les sièges avant, et encore plus : une vraie voiture à vivre, pour reprendre un célèbre slogan !

Une IONIQ 5 habitable et bien finie

Quand j’ai vu les premières photos de la IONIQ 5, j’ai immédiatement pensé qu’elle irait concurrencer la Volkswagen Golf (ou plutôt son équivalent électrique ID.3), avec un gabarit qui me semblait relativement compact. J’étais loin du compte : longue de 4,63 m, la Coréenne dépasse le SUV Tucson de 13 cm, et se rapproche d’une Tesla Model 3, qui mesure 4,69 m.

Ce gabarit relativement imposant (et sa motorisation électrique) lui permet d’offrir un empattement record de 3 m ! Autant vous dire que la IONIQ 5 se montre habitable, notamment aux places arrières. Pour ne rien gâcher, la banquette arrière coulisse en 60/40. Sur la version version haut de gamme, elle coulisse même électriquement, via la commande disposée sur le côté intérieur du siège passager avant.

La commande de la banquette arrière coulissante électriquement.

Le coffre n’est pas en reste, avec un volume qui oscille de 527 litres à 1.587 litres. Une capacité d’accueil digne d’une grande berline, avec en bonus un plancher parfaitement plat.

Hyundai a fait des gros efforts au niveau de la qualité de finition ces dernières années (le Tucson en est un bel exemple). Cette IONIQ 5 pousse le curseur encore plus loin, avec une qualité de finition assez flatteuse. Mention spéciale aux différentes commandes (commodos, levier de vitesse, bouton de volume…) qui se parent de métal, et qui laissent une indéniable impression haut de gamme. Certains plastiques laissent une impression plus mitigée, mais l’impression globale reste tout à fait positive.

Comme certaines de ses concurrentes, la Hyundai IONIQ 5 a recours à certains matériaux durables/recyclables pour son habitacle. C’est ainsi que les garnissages de siège et d’accoudoir de porte sont réalisés à partir de bouteilles en plastique recyclé, de laine ou de cuir traité avec de l’huile végétale, ou que les tapis de sol sont composés d’une fibre de nylon régénérée issue de filets de pêche recyclés et de déchets marins. Promis, ils ne sentent pas pour autant la sardine !

La Hyundai IONIQ 5 sur la route

La IONIQ 5 laisse le choix entre 2 tailles de batteries et deux configurations de moteurs électriques :

  • batterie 58 kWh, propulsion, 125 kW/170 ch, 384 km d’autonomie en cycle WLTP
  • batterie 72,6 kWh, propulsion, 160 kW/218 ch, 481 km d’autonomie (451 km avec les roues 20 pouces)
  • batterie 72,6 kWh, transmission intégrale, 225 kW/306 ch, 460 km d’autonomie (430 km avec les roues 20 pouces)

Pour cet essai, j’ai testé la version de pointe de la IONIQ 5, avec la grosse batterie, et les transmission intégrale HTRAC. Une configuration qui associe deux moteurs électriques : le moteur électrique principal de 155 kW est implanté sur l’essieu arrière, et l’essieu avant reçoit quant à lui un moteur électrique de 70 kW. Le tout permet au crossover électrique d’offrir un couple maximal de 605 Nm (!) et d’abattre le 0 à 100 km/h en 5,2 secondes.

Inutile de vous dire que la IONIQ 5 offre des performances grisantes, et que les dépassements ne sont plus qu’une simple formalité : effet garanti ! Sur route, l’insonorisation très soignée (merci le double vitrage) et les suspensions qui privilégient le confort font de la IONIQ 5 un véritable cocon. Pour ne rien gâcher, le confort d’assise est digne d’une limousine (les repose-mollets ajustables ne sont clairement pas étrangers à cette impression).

La direction est légère en ville, et offre une précision tout à fait satisfaisante en usage routier. En revanche, le rayon de braquage est trop important (un écueil qu’il conviendra de vérifier sur la version propulsion). Avec sa grosse batterie et ses deux moteurs électriques, la IONIQ 5 accuse près de 2,2 t sur la balance. Un bouton implanté sur le volant permet de changer de mode de conduite. En fonction du mode choisi, la puissance diffère, et l’auto passe de 2 à 4 roues motrices. Si sa tenue de route est rassurante en toutes circonstances, l’auto accuse quelques prises de roulis dans les virages serrés, et maltraite ses pneus avant si on force encore plus le trait.

Evidemment, la IONIQ 5 fait le plein d’assistants à la conduite. Outre le génial affichage des angles morts déjà vu sur le Tucson, elle est le premier modèle de la marque à disposer de la technologie d’assistance active à la conduite sur autoroute avec fonction changement de voie lorsqu’on actionne le clignotant. La conduite autonome de niveau 2 est à portée de main !

Autonomie et recharge

Et l’autonomie dans tout ça ? Comme je le mentionnais plus haut, cette version HTRAC avec roues 20 pouces affiche 430 km d’autonomie en cycle WLTP, avec une consommation mixte annoncée de 19 kWh/100 km. A l’issue de ma journée d’essai de 240 km (offrant un bon mix ville/route/autoroute), et avec quelques grosses accélérations ponctuelles, la IONIQ 5 m’a affiché une consommation moyenne de 20,4 kWh/100 km, 32 % / 109 km d’autonomie restante. Une donnée très correcte, surtout que je n’ai pas lésiné sur les équipements de confort, avec la climatisation automatique et le siège ventilé enclenché « tout du long ».

Des palettes derrière le volant permettent de jouer sur le niveau de régénération de la batterie (et donc sur le « frein moteur »). En fonction du mode choisi, il est presque possible de se passer de la pédale de frein.

A noter enfin qu’avec sa plate-forme E-GMP, la IONIQ 5 offre une capacité de charge de 800 V (contre 400 V en général pour les autres véhicules électriques), une spécificité qu’elle partage avec la Porsche Taycan. Avec cette charge ultra-rapide, elle est capable de recharger à 80 % en seulement 18 minutes.

Gamme et tarifs de la IONIQ 5

La gamme IONIQ 5 se compose de trois finitions : Intuitive, Creative et Executive, à l’équipement opulent. Les tarifs débutent à 43.600 Euros, et grimpent jusqu’à 61.550 Euros. Actuellement Hyundai propose une remise de 2.500 Euros.

Conclusion : Une vraie révélation

Premier modèle d’une future lignée qui sera notamment composée d’une berline (la IONIQ 6), et d’un grand SUV (IONIQ 7), la IONIQ 5 est mon coup de coeur de cette mi-2021. Même si conduite n’est pas la plus sportive qui soit (une Tesla Model 3 Performance est plus efficace sur ce point), elle fait carton plein dans les autres domaines, avec un intérieur modulable et très agréable à vivre, un confort excellent, et de belles performances dans cette version HTRAC. Cerise sur le gâteau, sa ligne résolument avant-gardiste est pour moi un cas d’école dans l’industrie automobile. La IONIQ 5 marque à n’en pas douter une nouvelle page dans l’histoire de la marque Coréenne, qui prouve (une nouvelle fois) qu’il faut compter avec elle. Les ténors Européens n’ont qu’à bien se tenir !