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Essai : Skoda Kodiaq 2 (2024) : Comeback réussi pour le SUV familial Tchèque ?


Notre essai du nouveau grand SUV Skoda

Empruntant son nom à un ours vivant en Alaska, lancé en 2017, le Skoda Kodiaq a été le premier SUV de la firme Tchèque (en mettant de coté l’inclassable Yéti, à mi-chemin entre SUV et break). Il s’est rapidement imposé comme l’une des références du segment des SUV familiaux, avec 870.000 exemplaires vendus. Il revient aujourd’hui au travers d’une seconde génération. Le nouveau Skoda Kodiaq capitalise sur ce qui a fait le succès de son aîné (habitabilité XXL, versions 5 ou 7 places, qualité de fabrication…), et en profite pour peaufiner encore la formule. Notre essai du nouveau Skoda Kodiaq, en version Sportline 2.0 TDI 193 ch 4×4.

Le nouveau Skoda Kodiaq 2 (2024), en version Sportline.

Un look plus robuste que jamais  

Plus trapu qu’avant, ce nouveau Skoda Kodiaq s’affirme encore par rapport à son prédécesseur (longueur : 4,76 m, largeur 1,86 m, hauteur 1,68 m). Le côté robuste est conservé, à l’image des passages de roues carrés, en plastique noir grainé.

La face avant du nouveau Skoda Kodiaq, avec sa calandre discrètement illuminée.
Principale évolution à l'arrière de ce nouveau Skoda Kodiaq (2024), les feux à LED en forme de C.

Le nez est largement rafraîchi, avec de nouveaux optiques Matrix LED, et une calandre inédite. Comme sur l’Enyaq, le bandeau est rétroéclairé, mais de façon beaucoup plus discrète, avec une fine ligne lumineuse. La poupe n’est pas en reste, avec comme pièce de résistance de nouveaux feux arrière LED, en forme de C. Le profil parait un peu plus effilé qu’avant, presque façon break. Le traitement du montant D n’est sans doute pas étranger à cette impression. Jadis peint couleur caisse, il est désormais contrasté, et diffère en fonction de la finition choisie. Il est ainsi en alu brossé en finition Selection, et en noir brillant en version Sportline.

Le montant D reçoit un traitement différent : noir laqué sur Sportline, en alu brossé sur Sélection.

Tous ces changements profitent à l’aérodynamique : le coefficient de traînée du nouveau Kodiaq passe de 0,32 à 0,28. Classique, le nuancier ne bouge quasiment pas, en dehors de l’originale teinte « Or Havane ». 

Une qualité de présentation et une finition au top 

On le martèle à chaque nouvelle Skoda : le constructeur Tchèque est loin, très loin de ce qu’il était dans les années 80 (et au début des années 90) s’agissant de la qualité de présentation (et de finition) de ses productions. 

L'habitacle du nouveau Skoda Kodiaq (2024), en version Sportline.

Comme sur l’Enyaq, Skoda a repris l’idée des harmonies intérieures différenciées, notamment en fonction de la finition choisie. Au choix, quatre design différents, avec des matériaux et des selleries spécifiques, 100 % recyclées.

La qualité de finition est d’un excellent niveau. Hormis quelques rares plastiques utilisés en partie basse, les matériaux utilisés sont valorisants, avec une profusion de plastiques moussés, de la moquette dans les bacs de portes, et de jolis inserts en suédine sur notre version Sportline. Les assemblages sont au diapason : rien ne bouge et/ou dépasse. Même s’il emprunte son nom à une espèce d’ours, le nouveau Kodiaq est du genre bien léché !

La version Sportline du Kodiaq fait la part-belle aux inserts en suédine.

Si la forme générale de la planche de bord est reprise de l’ancienne génération (avec notamment la très pratique double boîte à gant), les nouveautés ne manquent pas. Ainsi, le levier de vitesse migre sur la colonne de direction (il est désormais rotatif), ce qui permet de libérer de l’espace au niveau de la console centrale.

Cela permet l’implantation d’une très pratique « Phone Box » ventilée (traduction : un emplacement de recharge par induction pour deux smartphone de 15 W), et de très pratiques rangements/porte-gobelets au niveau de la console centrale.

La console centrale est libérée du levier de vitesse, et profite d'une "Phone Box", et de pratiques porte-gobelets.

Un nouvel écran central, et l’arrivée des Skoda Smart Dials

La taille de l’écran central est revue à la hausse (13 pouces), et l’interface a été simplifiée. Un dépoussiérage bienvenu. Le combiné d’instrumentation digital de 10,25 pouces est désormais livré d’office. Un affichage tête haute fait également son apparition en option.

L'instrumentation digitale, et le nouveau écran 13 pouces central.

Ce n’est pas tout : à l’instar de nouvelle Superb, le Kodiaq 2 dispose des « Skoda Smart Dials ». Il s’agit de 3 boutons rotatifs à écran, qui permettent d’avoir un accès rapide à des fonctions importantes. En l’occurrence : ventilation, volume, navigation, ou encore mode de conduite. Un vrai plus au quotidien, qui évite d’avoir à pianoter sur l’écran. 

Les Skoda Smart Dials, qui permettent un accès rapide aux fonctions les plus importantes.

Un volume de coffre record pour le nouveau Skoda Kodiaq !

Déjà généreux dans ce domaine, le Kodiaq peaufine encore un peu plus ses aspects pratiques avec cette nouvelle génération. Gagnant 6 cm en longueur, le grand SUV Tchèque offre un volume de coffre record. Le coffre grimpe ainsi à 910 litres en version 5 places, soit 190 litres de plus que la première génération. Banquette arrière rabattue, le Kodiaq est capable d’engloutir 2.105 litres : de quoi envisager très sereinement toutes vos virées chez IKEA !

En version 7 places, le coffre chute à 340 litres. Plutôt correct par rapport à la concurrence (un Renault Espace en 7 places ne dispose que de 159 litres, à titre de comparaison).

De l’espace aussi à l’arrière

Même en version 7 places, on continue de profiter d’un bon espace aux jambes au deuxième rang, et d’une hauteur sous plafond très confortable. Modulable, le Kodiaq 2 profite d’une banquette coulissante en deux parties, et d’un dossier ajustable en inclinaison. 

Les places du second rang du nouveau Skoda Kodiaq, en version 7 places.

Au troisième rang, un adulte de taille moyenne (1,75-80 cm) pourra tenir, mais il faudra tout de même proscrire les longues distances, avec un dossier trop incliné, et un espace aux jambes forcément limité (même si on peut glisser ses pieds sous le siège).

En revanche, et malgré la banquette coulissante du second rang, il faudra un peu de contorsions pour accéder à ces places. Cela ne devrait pas poser de difficulté aux enfants, qui auront quant à eux assez de place.

La gamme et les tarifs du nouveau Skoda Kodiaq

Au lancement, le Skoda Kodiaq 2 n’est disponible qu’en finition Selection, en configuration 5 ou 7 places, et uniquement en 2 roues motrices. Les déclinaisons Sportline et RS arriveront prochainement, de même que la transmission 4×4, qui sera associée à la motorisation TDI 193 ch.

L’essentiel des ventes devrait être réalisé par le tandem 1.5 TSI 150 ch Hybrid DSG7 ACT (avec hybridation légère 48 V), et 2.0 TDI 150 ch DSG7. Elles sont facturées respectivement 43.970 Euros, et 48.470 Euros (en 5 places, et + 1.080 Euros en 7 places). Le nouveau Kodiaq conserve donc une offre diesel, alors que nombre de ses concurrents font désormais l’impasse sur cette énergie. Un choix logique : le 2.0 TDI 150 DSG7 était la motorisation la plus vendue en France sur la première génération de Kodiaq. Quelque soit la motorisation retenue, la boîte DSG7 est livrée d’office.

Enfin, et c’est une excellente nouvelle, la version RS sera reconduite. Skoda n’a pas encore annoncé les détails de cette dernière, et notamment la motorisation retenue. On a hâte de la découvrir !

Une inédite version hybride rechargeable iV pour le nouveau Skoda Kodiaq

Ce nouveau Skoda Kodiaq se décline pour la première fois en version hybride rechargeable iV. Au programme : un ensemble hybride de quatrième génération reposant (pour sa partie thermique) sur un 1.5 TSI, et disposant de 204 ch au total. La capacité de batterie atteint 25,7 kWh (c’est plus qu’une Nissan Leaf de première génération !). De quoi disposer d’une autonomie électrique supérieure à 100 km. La partie recharge n’est pas en reste : jusqu’à 50 kW en DC, et 11 kW en AC. Cette motorisation est déjà ouverte à la commande en concession, et est affichée à 50.650 Euros en finition Selection.

Au volant du nouveau Skoda Kodiaq TDI 193 ch 4×4

En avant-première, nous avons pu nous glisser derrière le volant du nouveau Kodiaq en version Sportline (cette dernière arrivera sur le marché Français au mois d’août). Notre Kodiaq d’essai disposait de la motorisation 2.0 TDI 193 ch, associée à la transmission 4×4, qui n’est (elle aussi) pas encore disponible chez nous. Les tarifs de cette version n’ont pas encore été annoncés sur le marché Français, et nous ne disposions pas encore de sa fiche technique.

Au volant de ce nouveau Skoda Kodiaq, on s’habitue très vite au sélecteur de vitesse (à droite du volant), facile à manier. En revanche, les nouveaux comodos (logiquement implantés côté gauche) nécessitent un petit temps d’adaptation. On apprécie par ailleurs le bouton des aides à la conduite, en accès direct sur le volant. De quoi déconnecter rapidement le maintien en ligne, au hasard…

Le SUV familial Tchèque est très doué pour effacer son gabarit : hormis la position de conduite « dominante », il est difficile de se rendre compte qu’on est au volant d’un SUV familial de 4,76 m de long, surtout qu’il braque plutôt court. Cette sensation de facilité se retrouve au niveau des commandes, douces et bien dosées. 

Un TDI 193 efficace, mais pas sportif, et un très bon confort

Le TDI 193 ch offre une bonne tonicité, et des reprises efficaces, bien aidé par son couple confortable (360 Nm en TDI 150 ch, et on imagine plus dans cette version 193 ch). En revanche, ne vous fiez pas au badge Sportline ou au bleu pétant de notre Kodiaq d’essai : il reste par essence un SUV familial, et n’a donc aucune vocation sportive (la version RS arrivera prochainement pour cela).

En témoigne son très bon niveau de confort : les sièges sont accueillants, l’amortissement est prévenant pour le dos des occupants, et l’insonorisation est soignée (hormis à forte charge le TDI 193 ch se fait oublier, et les bruits d’air restent plutôt bien contenus).

Notre essai du nouveau Skoda Kodiaq (2024), le SUV familial de la marque Tchèque, en version TDI 193 ch 4x4.

Notre Kodiaq Sportline d’essai disposait d’une botte secrète : l’amortissement piloté optionnel « DCC Plus », avec ses amortisseurs à deux valves déjà vus sur le nouveau Volkswagen Tiguan. En mode de conduite dynamique, cet amortissement piloté permet au Kodiaq de gommer efficacement sa tendance à prendre du roulis, et de virer presque à plat sur les belles routes tortueuses du Cantal. Un résultat plutôt bluffant pour un véhicule de cette taille, pour une option à ne pas négliger.

Conclusion : L’ours le plus accueillant du paysage automobile est de retour !

Ce nouveau Kodiaq est un pur produit Skoda : très fonctionnel, il peut compter sur sa belle habitabilité, et son coffre XXL (et encore plus grand qu’avant, c’est dire !). La qualité de présentation progresse encore, et la finition n’a désormais plus rien à envier aux meilleures offres de la catégorie. En rajoutant dans l’équation ses bonnes prestations routières (merci l’amortissement piloté optionnel, qui apporte un vrai plus), son confort et ses équipements remis au goût du jour, on obtient la recette d’un excellent SUV familial. Certes, le temps des Skoda « bon marché » est révolu (on estime le tarif de notre version d’essai à plus de 50.000 Euros), mais c’est clairement mérité, au vu des prestations offertes.