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Essai : Lexus UX 250h, l’alternative exotique

Dans la jungle des SUV compacts chics, difficile de tirer son épingle du jeu et de proposer quelque chose de véritablement inédit tant la concurrence est fournie. Pourtant, Lexus s’est lancé dans la course avec l’UX quelques années après le début des hostilités. A-t-il de quoi se démarquer pour briller ?

Look : on ne peut pas plaire à tout le monde

Comme toujours chez Lexus, le parti-pris stylistique est… particulier. Fidèle à l’identité visuelle de la marque, l’UX reprend la traditionnelle calandre trapézoïdale et les flancs tendus que l’on retrouve également sur les autres modèles. La filiation à la firme nippone est évident : rien ne ressemble plus à une Lexus qu’une Lexus et ça c’est bien !

Le petit SUV marque les esprits, tout comme le grand-frère RX ou l’imposante limousine LS. Toute la gamme Lexus est facilement reconnaissable, et l’UX ne déroge pas à la règle. Sa plastique est osée et recherchée, ce qui lui permet de s’affranchir de la relative monotonie que l’on a à regarder les SUV qui peuplent nos rues aujourd’hui. Il apporte de l’exotisme et fait tourner les têtes.

Côté dimensions, il est basé sur son cousin Toyota CHR, avec qui il partage le même empattement, tout en étant plus long de 14 cm et plus bas de 4 cm. De quoi lui donner des faux airs de berline compacte plus que de SUV avec sa hauteur relativement limitée.

On aime ou on déteste, mais on ne reste pas insensible aux lignes de l’UX. Sa calandre démesurée avale littéralement le bitume et ses optiques lui donnent un regard agressif. Le profil est assez particulier, avec cette impression (qui n’est en pas qu’une) que l’auto est assez basse sur pattes.

Avec 16 cm de garde au sol, on ne nous ment pas sur ses ambitions de routière surélevée plus que de petit franchisseur… Et ce malgré la présence de gros inserts en plastique sur toutes les parties basses, sûrement là pour affronter les caddies des centres commerciaux plus que la nature. Ils ont l’avantage de ne pas être trop grossiers et de bien se fondre dans le style de notre configuration d’essai.

Le postérieur du SUV est sûrement la partie la plus clivante en terme de design ; la « faute » à une poupe sculpturale avec ses feux en bandeau en relief et une partie plate… particulière, dont la forme a été sculptée avant tout pour travailler l’aérodynamique. Sur cet aspect, l’UX entretient la filiation avec la feu CT et donne au SUV ses airs de berline compacte.

Parmi les différentes finitions, notre déclinaison haute F-Sport lui donne encore plus de caractère : calandre à nid d’abeille, inserts noirs, badges spécifiques et jantes dédiées au programme. Le tout est tendance, tous les constructeurs s’y mettent, mais il faut avouer que les changements apportés par cette version au look plus « sportif » sont subtils et lui vont bien.

Lexus a particulièrement soigné les détails stylistiques de son UX : de la signature lumineuse hyper recherchée aux teintes disponibles (dont notre vert kaki métallisé du plus bel effet), le but est ici de ne ressembler à aucun autre modèle sur le marché et d’avoir sa propre personnalité. Pari réussi !

À bord : le premium à la sauce Lexus

Histoire de ne pas dépayser les aficionados du design nippon, l’habitacle de l’UX est aussi déroutant que l’extérieur. Stylistiquement parlant, la planche de bord est aussi torturée que le dessin du SUV, avec des mélanges de courbes et de lignes tendues. Ce n’est pas l’intérieur le plus raffiné et épuré qui soit, mais il propose quelque chose de différent et de relativement moderne. Une sorte de vaisseau spatial premium.

La qualité perçue est excellente sur notre version F-Sport, avec notamment du cuir pleine fleur et de l’aluminium brossé sur les parties supérieures. Les ajustements sont précis et les matériaux utilisés affichent clairement le positionnement premium de lu Lexus UX. Des petits détails comme les boutons type aviation ou la traditionnelle horloge mécanique du constructeur lui donnent un côté chic plutôt agréable. Autre signe du premium : chaque bruit (portes, vitres, boutons) a été habilement travaillé et donne une impression d’un environnement très qualitatif et zen qui sied bien au modèle

L’ergonomie est elle… discutable. À commencer par le volant, avec une jante inférieure un peu trop grosse pour paraitre moderne, il comporte bien trop de boutons pour être assimilable rapidement et on s’y perd un peu. Tout comme la partie multimédia, l’une des moins aisées à utiliser du marché…

Faute d’écran tactile et/ou de molette pour commander les fonctions de de la voiture, il faut passer par un pad tactile à l’hyper-réactivité et au retour haptique hasardeux qui ne sont pas très « user friendly ». Impossible à manipuler en conduisant en toute sécurité et réellement frustrant à l’arrêt, cette interface multimédia est également dotée d’une interface vieillissante. Lexus est ici coincé plusieurs années en arrière, en retard par rapport à ce qui se fait ailleurs ; preuve en est avec ce lecteur CD disponible en façade, qui sera sûrement utilisé par 1 % des acheteurs. S’il y a bien un truc à travailler, Lexus, c’est le système multimédia…

Le SUV se dote toutefois d’une once de modernité, avec l’arrivée d’Apple CarPlay et d’Android Auto, qui permettent de ne quasiment pas avoir à utiliser l’indigeste interface intégrée. On peut aussi compter sur une instrumentation numérique pour le conducteur, un bon système Hi-Fi Mark Levinson ou encore le chargement du smartphone par induction. De quoi voyager paisiblement dans un univers taillé pour enchainer les kilomètres.

Habitabilité : le SUV des couples ?

En se concentrant avant tout sur le design extérieur et une déclinaison hybride, il a fallu faire des concessions. Inévitablement, le Lexus UX fait pale figure dans le segment lorsqu’on découvre ses cotes intérieures…

Là où les occupants avant profitent de fauteuils moelleux et d’une très belle visibilité panoramique, la ligne très « hatchback » de l’UX et ses faibles surfaces vitrées viennent un peu engoncer ceux à l’arrière. Une sensation que l’on retrouve habituellement dans un coupé plus que dans un SUV.

300 L. C’est le volume de chargement proposé par le nippon, pénalisé par les batteries du système hybride placées directement sous le plancher du coffre. Cela donne l’impression que Lexus se lance à peine dans l’expérience de l’hybride (alors qu’ils en sont les pionniers depuis vingt ans)… Pourquoi ne pas les disposer sous la banquette arrière ou dans le châssis ? 

Force est de constater que l’on se retrouve avec un seuil de chargement un peu haut, une lunette arrière très inclinée qui fait perdre en capacité de chargement mais aussi en hauteur, et un volume assez limitée, même banquette rabattue (900 L). Difficile de se résoudre à l’idée qu’on jouit ici de moins de coffre que dans une Renault Clio…

Last but not least, les espaces de rangement sont assez réduits et rendent l’expérience familiale en Lexus UX difficilement envisageable pour un couple avec des enfants sans être champion du monde de Tetris. Le style et la conception de la voiture ont ici un impact notable sur la vie à bord, et il se retrouve en retrait par rapport à un Mercedes GLA hybride (385 L de chargement) ou à un BMW X1 (plus de 400 L).

Lexus UX, sur la route : « zenitude »

Hormis quelques modèles aussi désirables qu’exclusifs comme la passionnelle LC500 ou la RC-F Track Edition, le crédo de la conduite chez Lexus est avant tout le flegme et le côté zen. 

Après tout, lorsqu’on choisit de débourser une coquette somme dans un véhicule hybride, c’est qu’on est prêt à adopter la philosophie qui va avec. Courir dans les champs comme Mary Ingalls et être auto-subsistant en énergie grâce aux panneaux solaires sur son garage et à l’éolienne dans le jardin ? Non, pas vraiment ; Lexus reste irréductible face à l’hybride-rechargeable sur son UX… pour le moment.

Il hérite ainsi du duo habituel : un moteur thermique essence de 152 ch combiné à un moteur électrique de 109 ch, uniquement là pour soulager la mécanique traditionnelle dans des situations bien particulières, mais on y reviendra… On se retrouve alors avec une puissance combinée de 184 ch et 180 Nm de couple.

C’était sans compter sur l’autre choix irréductible de Lexus : la boite robotisée CVT. Une transmission « à l’ancienne », qui vous fait comprendre qu’il ne faut pas chercher à trop lui en demander au risque d’entendre hurler le moteur jusqu’à l’épuisement (de vos oreilles, mais aussi de la mécanique).

Non, vraiment, si on achète un petit SUV Lexus hybride, il faut adopter la conduite qui va avec. Être au volant de l’UX, c’est laisser derrière soi ce qu’on fait habituellement et se raisonner un maximum. Son châssis n’est en soit pas mauvais, bien au contraire même grâce à une voiture relativement légère (1540 kg), un centre de gravité placé assez bas, et des suspensions bien calibrées pour ne pas nous faire subir trop de mouvements de caisse. Les pneus manquent un peu de grip et l’arrière a tendance à ne pas suivre l’avant, mais l’ensemble est sain si on ne le malmène pas trop.

Le garde-fou vient du duo moteur/boite de vitesse, dont le manque d’agrément (bruit et a-coups) dans les relances musclées vient freiner toute ardeur ou envie de se faire plaisir en conduite dynamique. Même topo sur la direction, dont le ressenti artificiel gomme toute sensation de savoir ce qui se passe dans le train avant. Passons sur l’utilité discutable des deux modes de conduite « sport » qui n’ont pour seul intérêt que de donner un poil plus de consistance à la direction.

Après avoir épuisé les batteries en sollicitant la frêle cavalerie électrique, chaque descente est l’occasion de voir la technologie hybride rentrer en action : les freinages et décélérations viennent recharger les batteries, sans toutefois que l’on ne bénéficie d’un frein moteur aussi puissant que les plug-in hybrides, ou d’un mode d’amplification de la récupération d’énergie au freinage.

C’est à allure de sénateur que l’on apprécie véritablement ce qu’a à nous offrir ce petit UX. Aides à la conduite enclenchées, on laisse la mécanique se stabiliser puis disparaitre complètement dans l’habitacle. Lexus a fait un travail remarquable sur l’insonorisation de son SUV à vitesse régulée, avec une absence totale de bruits d’air ou de roulement. 

Une quiétude bienvenue, que l’on retrouve également dans le Volvo XC40 par exemple. L’expérience Lexus, la voilà… Enchainer des longues distances sans se fatiguer grâce à un environnement taillé pour se détendre plus que s’amuser : les sièges sont confortables, la sono’ est bonne, et la mécanique se fait oublier. 

Et l’hybride, dans tout ça… ?

À défaut de se recharger via une prise, le Lexus UX 250H compte sur les phases de freinage et de décélération, ainsi que sur le moteur thermique, pour donner des watts à sa batterie. Une fois celle-ci suffisamment remplie, on peut alors activer le e-Mode pour rester quelques minutes en 100 % électrique. 

Compte tenu de la faible capacité de la batterie, cette partie sans alimentation thermique de la voiture ne se manifestera que si vous être très (très) doux avec les gaz, si vous roulez à vitesse réduite (dans les bouchons) et/ou si vous êtes à vitesse constante sans trop besoin de puissance (max. 115 km/h) ou de relances. On conduit alors avec un œuf sous le pied pour essayer de ne pas réveiller le moteur thermique. Ça fait beaucoup de « si » pour que l’on puisse compter sur l’électrique comme moyen de se déplacer au quotidien, mais n’espérez pas faire 20 km en tout-électrique à son volant.

En même temps, la voiture n’a pas été conçue pour être utilisable sans son moteur essence : la partie électrique est là pour réduire un maximum les consommations de carburant dans des situations bien précises (dans les bouchons par exemple) et améliorer l’agrément en ville avec tous les bienfaits qu’on connait (silence et douceur notamment). Heureusement, le passage du tout-électrique au moteur thermique se déroule de façon très transparente, et le réveil de la mécanique est imperceptible en conduite coulée.

L’hybride Lexus, c’est un peu la solution clé-en-main pour ceux qui veulent jouir du plaisir de l’électrique en ville, sans avoir à s’embêter avec le casse-tête de la recharge. Une proposition pour le moins toujours aussi atypique, mais qui permet à un certain public de goûter à l’hybridation et aux joies de la fée électricité dans un certain cadre sans les « inconvénients » de la recharge.

Le pari est franchement réussi, puisque sur un parcours mixte de 1000 kilomètres sans avoir cherché à ménager forcément ’auto, nous avons terminé avec un très honorable 6,0 L / 100 km. Une prouesse pour un SUV de 1500 kg et 180 ch. De quoi envisager de faire plus de 650 km/700 km avec un seul plein, voire même plus si l’on surveille la jauge ECO de l’instrumentation et qu’on se prend au jeu, pour éviter un maximum l’usage de la mécanique thermique dans les phases énergivore.

Prix et concurrence

Difficile de comparer le Lexus UX à d’autres SUV de sa taille, puisqu’il est le seul à n’être proposé qu’en hybride non rechargeable sur le marché. Dans la case premium, il affronte les cadors du segment, qui offrent tous une déclinaison hybride-rechargeable. Proposé entre 36 490 € et 57 000 € en fonction de la finition choisie, il s’affirme comme une alternative aux Allemands en étant globalement dans la même fourchette tarifaire, tout en étant mieux bien équipé dès l’entrée de gamme.

Bilan : Lexus UX, challenger écolo’ et décalé

Se différencier pour mieux briller à tous les niveaux : la stratégie du constructeur est toujours aussi risquée mais donne à son SUV une place à part entière dans un segment ultra-concurrentiel.

Fidèle à ses habitudes, Lexus a donné à son nouveau petit best-seller ce qui a fait le succès de sa gamme depuis le lancement du premier SUV hybride RX en 2004 : un design décalé, une ambiance intérieure zen, un niveau de confort et de silence remarquable, mais aussi et surtout une hybridation transparente qui a un vrai impact sur les consommations.

Le parti-pris stylistique, dehors comme dedans, est osé : il est responsable d’un manque d’habitabilité aux places arrières, du coffre rikiki et de l’ergonomie hasardeuse, mais permet à l’UX d’affirmer sa personnalité et de proposer quelque chose de fondamentalement différent. Se démarquer dans un SUV, c’est une chose rare aujourd’hui. 

Sur la route, même topo : on navigue à son bord plus qu’on le pilote. La raison au volant plutôt que la passion, c’est un peu le leitmotiv de ce SUV qui respire la sérénité et la rationalité. En même temps, s’amuse-t-on vraiment à bord d’un SUV de 200 ch ? Rien n’est moins sûr…

Vous l’aurez compris, acheter et conduire ce Lexus UX est un choix particulier, osé et décalé, fait de compromis mais pour le moins rationnel.

Lexus UX250h

6.5

6.5/10

On aime

  • Design osé et travaillé
  • Qualité des matériaux
  • Confort, zen et silence
  • Consommations maitrisées
  • Rapport prix/équipements

On aime moins

  • Habitabilité
  • Volume de coffre
  • Manque de rangements
  • Comportement en conduite dynamique
  • Manque d'un hybride-rechargeable