Changement de paradigme

Pour un constructeur automobile, bouleverser son image de marque est un exercice difficile, et résolument périlleux. Pourtant, dans ce domaine, Volvo a su tirer son épingle du jeu. En l’espace de quelques années, le constructeur Suédois a en effet délaissé son image de constructeur sérieux mais plutôt austère pour devenir l’un des constructeurs Premium les plus dynamiques du moment. Pour se faire, il a opéré un virage stratégique pour ses nouvelles productions, avec une nouvelle identité visuelle, et des références aux valeurs et à la mythologie Nordiques (comme le fameux Marteau de Thor pour la signature lumineuse avant, ou la mise en avant des valeurs de raffinement et de bien-être pour l’intérieur).

Lancée en 2017, la seconde génération du SUV XC60 incarne parfaitement cette révolution culturelle opérée par Volvo, et le changement de paradigme de la marque. Après l’essai réalisé par Alexis, c’est à mon tour de partir à la découverte de cette auto, dans sa version de pointe T8 à motorisation Plug-In Hybrid, forte de 407 ch. Spoiler alert, je suis littéralement tombé sous le charme de cette belle Suédoise…

Le Volvo XC60 T8.

Une ligne valorisante, et évocatrice

Même s’il n’a pas remporté le précieux sésame, le XC60 a fait parti des compétiteurs pour le titre de plus belle voiture de l’année 2018, titre finalement remporté par l’Alpine A110. Ainsi, et même si je dois bien avouer que je suis pas forcément très friand des SUV esthétiquement parlant, ce XC60 me ferait presque changer d’avis.

Reposant sur la plate-forme SPA (tout comme son grand-frère XC90 –relire l’essai du XC90 D5-), le XC60 s’inscrit dans la droite ligne du nouvel ADN de la marque, avec une face avant statutaire et facilement reconnaissable. On note ainsi sa calandre flottante recevant les armoiries de la marque, et sa fameuse signature lumineuse à LED, qui accroche littéralement le regard.

Long de 4,69 m, le profil est fluide et résolument dynamique, avec ses flancs creusés soulignés par un jonc chromé, ses larges épaules, sa ceinture de caisse rehaussée, et sa ligne de pavillon qui s’abaisse vers l’arrière.

Notre version d’essai disposait de superbes jantes de 20 pouces, et d’une peinture blanc nacré captant la lumière comme un aimant.

Résolument valorisant, le XC60 reçoit en sa partie arrière de superbes feux au dessin en forme de boomerang, un bouclier arrière très travaillé, et une double sortie d’échappement rectangulaire (pas factice, n’en déplaise à certains Premium allemands !). Incontestablement, le XC60 se montre plus fluide et réussi que son grand frère XC90, un rien trop pataud, surtout vu de derrière. Signe qui ne trompe pas, il aura attiré de nombreux regards tout au long de mon essai.

Un intérieur raffiné, et distinctif

Encore plus qu’à l’extérieur, c’est dans l’habitacle que les progrès opérés par Volvo sont les plus flagrants. Inaugurée par le XC90 II, le nouveau style intérieur incarne à lui seul le renouveau que la marque insuffle à ses nouvelles productions.

La notion qui correspond le mieux à cet habitacle est celle de bien-être. Exit les planches de bord dessinées à l’équerre des anciennes productions maisons, et place à des lignes douces, qui inspirent la quiétude et la zen-attitude. Pour augmenter l’ambiance « chalet Suédois », Volvo utilise des matériaux triés sur le volet, tous très flatteurs, et qui se démarquent assez nettement des productions germaniques, à la froideur clinique.

Cuir surpiqué en partie supérieure, superbes inserts en aluminum maillé, commandes au style et au maniement très travaillés (notamment les aérateurs façon hélice d’avion) : il y beaucoup à dire sur le soin apporté par Volvo à son SUV. Un élément symbolise à lui seul le raffinement de cet habitacle : le pommeau de levier de vitesse de notre version T8, en cristal d’Orrefors, aussi beau à contempler qu’agréable à appréhender, même s’il est pour le coup toujours glacial. Même la clé/carte de démarrage n’a pas été oubliée, puisqu’elle reçoit un habillage en cuir de la même couleur que la sellerie !

Comme sur les dernières productions de la marque, on retrouve en partie centrale de la planche de bord un grand écran tactile (de 9 ou 12.3 pouces selon la version), très high-tech, qui permet de supprimer une bonne partie des boutons physiques, au bénéfice du style et de l’ergonomie, puisque j’ai très rapidement pris mes repères. On note également l’instrumentation entièrement digitale.

Autre élément très appréciable : la qualité des assises, qui ont fait l’objet d’un soin tout particulier du point de vue du confort et de l’ergonomie. C’est simple, Volvo propose les meilleures sièges de la catégorie, en conjuguant confort, maintien et style.

Ce confort se retrouve aux places arrières, avec un bel espace aux jambes et à la tête, la possibilité de régler de façon individuelle sa température, et même de profiter d’une fonction chauffante très appréciable dans les contrées Picardes, surtout au mois de décembre ! Je pourrai également vous parler du coffre plutôt logeable (468 litres pour cette version T8, un volume légèrement inférieure aux autres versions du XC60, mais tout de même largement suffisant pour accueillir mon photographe Quentin entre deux séances photos) et facilement accessible avec le hayon motorisé. Mais il est temps de mettre le contact, et de partir à l’assaut du macadam !

Sur la route : confort, puissance, et volupté

N’étant pas du genre à céder à la facilité, c’est donc tout naturellement que je me suis orienté pour mon essai vers la version de pointe du XC60, le T8, pour une expérience longue durée, puisque j’ai au total parcouru près de 2.500 km à son bord !

Animé par un groupe moto-propulseur hybride rechargeable, le XC60 T8 conjugue un moteur T6 de 320 ch à un bloc électrique de 87 ch disposé sur les roues arrières, pour une puissance maximale cumulée de 407 ch.

La batterie du système Twin Engine au lithium-ion stocke le courant électrique en provenance soit du réseau domestique via la prise de recharge (comptez 2h30 pour une recharge complète sur une prise 16 ampères), soit de la récupération d’énergie lors du freinage. Le basculement de l’un à l’autre mode de propulsion (électrique, thermique, ou les deux combinés suivant le mode de conduite choisi) se fait de façon très naturelle et fluide. L’auto est capable de se mouvoir sur sa seule énergie électrique sur une distance allant jusqu’à 45 km, même si dans les faits j’ai constaté un rayon d’action oscillant entre 25 et 30 km sur un parcours plutôt routier, sachant que la tendresse du pied droit joue beaucoup. Cela reste honorable pour ce lourd bébé, qui accuse quand même 2.115 kg sur la balance !

Les performances sont tout bonnement impressionnantes, avec un 0 à 100 km/h avalé en seulement 5,3 secondes, soit le temps d’une sportive moderne ! Il faut dire que le quatre cylindres 2.0 L T6 dispose d’un couple maximal déjà confortable de 400 Nm, et qu’il est épaulé par un bloc électrique qui y ajoute 240 Nm ! Les reprises sont explosives, surtout lorsqu’on bascule le sélecteur de modes de conduite en position Power, l’auto tirant allant le meilleur profit de ses deux blocs.

Même s’il est capable de laisser sur place la très grande partie du parc automobile Français, le XC60 T8 n’en demeure pas moins un véhicule avant tout raffiné et luxueux, qui distille sa puissance de façon très progressive, sans forcément asséner un coup de pied au derrière de ses occupants. Il offre ainsi un confort princier, bien aidé par sa suspension pneumatique avec correcteur d’assiette automatique, et son système d’amortissement piloté « Four-C », de série sur cette version T8. Ce dernier permet d’avoir un comportement routier « à la carte », soit orienté vers le confort, soit vers la performance (l’auto descend alors de quelques centimètres, et les boudins pneumatiques se raffermissent, pour limiter le roulis).

Superbement amortie, l’auto est également très silencieuse, et les longs parcours ne sont qu’une simple formalité pour elle, puisqu’il suffit de se laisser dorloter par les sièges massants, et d’apprécier un bon disque (je vous recommande chaudement le dernier album de Feu! Chatterton !) au travers de son installation Bower and Wilkins, facturée 3.100 Euros, qui compte pas moins de 19 HP, pour une puissance totale de 1.400 W (!). L’auto efface comme par magie son poids conséquent, et se manie avec beaucoup de facilité, avec sa direction directe et légère (peut-être un peu trop : j’aurai aimé un peu plus de « consistance »). Pour ne rien gâcher, la boite automatique à 8 vitesses égrène les rapports dans une fluidité parfaiteL’agilité n’est pas une notion abstraite pour le XC60, puisqu’il arrive quand même à tirer son épingle du jeu en conduite musclée, en ne se vautrant pas au premier virage venu, même s’il faut bien avouer que les mouvements de caisse restent tout de même plus importants que sur une berline équivalente.

Comme évoqué plus haut, le conducteur peut choisir entre plusieurs modes de conduite : Pure (l’auto fonctionne en mode tout électrique, jusqu’à 120 km/h), Hybrid (mode par défaut, il combine thermique et électrique, et est tourné vers l’économie de carburant), Power (les 2 moteurs sont exploités à leur pleine mesure pour offrir les meilleures performances, au détriment de la consommation), Hold (l’auto fonctionne uniquement sur le thermique, pour préserver la batterie), et enfin Save (le moteur thermique se met à recharger les batteries lorsque leur niveau est insuffisant). Un mode Off-Road permet même de surélever la garde au sol, et d’évoluer sur une gamme courte de rapports, afin d’emprunter des itinéraires non bitumés, et de franchir quelques obstacles. De mon côté, et vu les pneus routiers dont était équipé mon XC60, je me suis contenté d’un bon bain de boue et d’un petit passage de gué, afin de constater l’efficacité des quatre roues motrices, qui garantissent une motricité irréprochable.

S’agissant de la consommation, et même si Volvo affiche fièrement une consommation mixte de seulement 2,1 l/100 km, cette donnée n’est justement possible que sur un parcours de 100 km, en tirant le meilleur profit de l’autonomie en mode tout électrique. Dans les faits, et une fois la batterie épuisée, j’ai plutôt constaté une consommation moyenne oscillant aux alentours de 10 l/100 km sur des longs parcours, notamment sur autoroute, où le système hybride intervient peu. Cet appétit limite l’autonomie, surtout que le réservoir ne compte que 50 litres. Plus que jamais, la consommation sera fonction du type d’usage que l’on réservera à l’auto, et de la distance parcourue.

Pour clore ce chapitre routier, impossible de ne pas évoquer l’arsenal sécuritaire de ce SUV. En digne représentant de la marque, le XC60 collectionne en effet les systèmes de sécurité et autres assistances à la conduite, à tel point que Volvo parle même du véhicule « le plus sûr jamais produit ». Notre version Inscription Luxe disposait ainsi de série du système « Intellisafe Assist », comprenant un régulateur de vitesse adaptatif, et une fonction pilote semi-automatique, qui permet à l’auto de rester dans sa voie de circulation seule jusqu’à 130 km/h, même si le conducteur doit tout de même garder les mains sur le volant. Dans les faits, si le régulateur adaptatif est très probant et permet de se débarrasser de la gestion des pédales, j’ai été moins convaincu par la fonction pilote automatique, qui a trop tendance à serrer l’auto à droite de sa voie de circulation, ce qui est assez perturbant sur autoroute, où on passe assez près des camions. L’Auto-Pilot Tesla conserve ici une belle longueur d’avance.

Le tarif du XC60 T8

Si la gamme XC60 débute à 46.900 Euros en version D4 AWD Momentum, la déclinaison T8 débute à 70.300 Euros au même niveau de finition, et culmine à 79.510 Euros pour notre finition de pointe Inscription Luxe, richement dotée (toit ouvrant panoramique, climatisation quadri-zone, sièges avant électriques et chauffants, Intellisafe Assist…). A cela, il faut soustraire le bonus écologique, et l’exonération de TVS pour les entreprises.

Points positifs :

+ Ligne valorisante

+ Intérieur somptueux

+ Confort de très haut niveau

+ Performances bluffantes

+ Contenu technologique

Points négatifs :

– Consommation en mode thermique, notamment sur autoroute

– Petit réservoir

– Pilote semi-automatique encore pas tout à fait au point

Conclusion : Nouvelle vague

Vous l’aurez compris au travers de ces quelques lignes : je suis tombé sous le charme de ce XC60 T8. Valorisant, raffiné, offrant des performances dignes d’une sportive tout en distillant un confort rare, le SUV « moyen » Volvo est un très sérieux concurrent des BMW X3 et autres Audi Q5. Surtout, il incarne à la perfection le renouveau de la marque Suédoise, et il me tarde déjà de découvrir les prochaines productions maison, à l’instar de la nouvelle V60.

Une fois n’est pas coutume, merci à Quentin Boullier pour ses superbes clichés. 


 

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