Touareg, acte III

Lancé en 2002, le Touareg est une vraie cash-machine pour Volkswagen, avec plus d’un million d’unités écoulées en deux générations. Le grand SUV de Wolfsburg revient aujourd’hui avec un troisième opus, qui repose sur la plateforme MLB (partagée avec les Audi Q7, Porsche Cayenne, Bentley Bentayga, et Lamborghini Urus, excusez du peu !). Même s’il représentera des ventes assez modestes en France par rapport au Tiguan (relire mon essai du Tiguan), ce Touareg n’en demeure pas moins important pour le constructeur Allemand, puisqu’il constituera son nouveau flagship, et donc une vitrine du savoir-faire maison.

Alors, le nouveau porte-étendard VW a-t-il les épaules pour se distinguer dans une catégorie des SUV Premium très disputée, et dominée par des pointures du genre (Mercedes GLE, BMW X5, Volvo XC90…) ? Pour le savoir, je suis parti le mettre à l’épreuve sur les routes et les pistes de l’Atlas Marocain !

Une ligne plus affirmée, et résolument statutaire

Trop « rondouillard » à mon goût, l’ancien Touareg laisse aujourd’hui sa place à un nouveau modèle bien plus expressif.

Ses lignes taillées à la serpe évoquent un dynamisme inconnu des générations précédentes, en commençant par le profil, marqué par un pli de carrosserie au dessin des poignées de porte. La face avant, imposante, se distingue par sa massive grille de calandre chromée, prolongée visuellement par des optiques au dessin acéré. Bien qu’un peu trop clinquant à mon goût, le résultat interpellera incontestablement dans la circulation, ce qui est sans doute l’effet recherché.

A l’arrière, on remarque les « épaules » bien plus saillante qu’avant, la ligne de toit fuyante, ou encore les sorties d’échappement de forme trapézoïdale. Les feux arrières à LED disposent par ailleurs de jolis clignotants à défilement. Vous l’aurez compris, le Touareg s’affirme enfin, et c’est tant mieux, puisque sa ligne est à la fois valorisante et statutaire.

Un habitacle logeable, soigné, et high-tech

Waouh ! Ce n’est peut-être pas ce que j’ai dit en pénétrant à l’intérieur de ce nouveau Touareg, mais c’est tout comme.

Le grand SUV Volkswagen se dote en effet d’un impressionnant « Innovision Cockpit », comprenant un système multimédia « Discover Premium » doté d’un écran de 15 pouces (une tuerie visuelle !), et une instrumentation numérique « Digital Cockpit » de 12,3 pouces. Pour ne rien gâcher, la navigation sur l’écran tactile est fluide et réactive, et les connectivités CarPlay et Android Auto sont présentes, de même que la recharge par induction de son smartphone.

De nuit, on apprécie également le système d’éclairage personnalisable (30 couleurs sont disponibles), qui renforce encore ce côté high-tech. Ces (très) bonnes impressions ne sont pas entachées par la qualité de réalisation : les matériaux utilisés sont tous très flatteurs, et les assemblages ne prêtent pas le flanc à la critique.

J’ai également adoré les excellents sièges avant ergonomiques, qui offrent un confort exemplaire, et qui peuvent s’équiper d’une fonction ventilation et massante, via une rallonge budgétaire de 1.355 Euros. Mon Touareg Carat Exclusive en était équipé, et mon dos s’en souvient encore !

Décidément très attentionné pour ses occupants, le Touareg peut s’équiper d’une climatisation quadri-zone, permettant aux passagers arrières de régler à leur convenance leur température. Ces derniers disposeront par ailleurs d’une bel espace aux genoux, et d’une garde au toit conséquente. Il faut dire que le Touareg a gagné 7 cm en longueur (il mesure désormais 4,87 m), au bénéfice de l’espace intérieur, et surtout du coffre, qui gagne 113 litres. Certains pourront en revanche regretter l’absence d’option 7 places, configuration réservée au Tiguan Allspace (relire l’essai par Quentin du Tiguan Allspace).

Sur route/piste : un vrai couteau Suisse

Je sais que l’analogie du couteau Suisse a été utilisée à tort et à travers par nombre de mes confrères (j’ai moi-même ma part de responsabilité), mais c’est pourtant l’image qui convient le mieux à ce nouveau Touareg.

Sa suspension pneumatique optionnelle lui permet de se jouer des affres des routes et pistes de l’Atlas Marocain, en « volant » ou presque au dessus des irrégularités. Sur les chemins empruntés, pourtant riche en pierres, saignées et autres grosses irrégularités, cette sensation de tapis volant se poursuit, grâce au mode de conduite « Off-Road », qui surélève de quelque centimètres la caisse, afin d’augmenter le débattement des suspensions. Facturée 3.060 Euros, cette suspension est vraiment très intéressante, surtout si on destine son véhicule à un usage tout-terrain, ou qu’on tracte.

S’agissant justement des capacités du Touareg en tout-terrain, les pistes composant notre boucle d’essai ne comportaient pas vraiment de franchissement, mais la motricité et la hauteur de caisse conséquente laissent augurer de capacités réelles, même si la clientèle cible n’en exploitera sans doute pas plus de 10 %.

Car oui, le Touareg se destine (malgré son nom évocateur…) à une utilisation routière. Et pour le coup, ses dispositions sont plutôt étonnantes, comme je vais maintenant vous l’expliquer.

Accompagné de mon acolyte Niko de Boîtier Rouge, j’ai (avec sa bénédiction) quelque peu brusqué ce nouveau Touareg. Il en est ressorti une voiture au comportement routier très équilibré, et ô surprise plutôt agile. Evidemment, son poids est conséquent (2.070 kg pour cette version V6 TD, malgré la carrosserie mêlant acier et aluminum), et se ressent forcément dans les virages serrés, où l’auto a tendance à élargir gentiment sa trajectoire en cas d’excès d’optimisme. Dans les courbes rapides en revanche, le grand SUV Volkswagen étonne, avec un train avant directif et précis, qui incite à augmenter le rythme. Merci les roues arrières directionnelles, qui améliorent sans doute sensiblement la réactivité de l’engin. Ces dernières braquent dans le sens opposé des roues avant jusqu’à 37 km/h, et dans le même sens au-delà. Mode de conduite « Sport » enclenché, le Touareg se rapproche du sol, et raffermit son amortissement. Les prises de roulis sont alors bien jugulées, et l’auto reste très saine en toutes circonstances, concédant tous au plus une légère dérive du train arrière. En revanche, j’ai trouvé le freinage trop mou à mon goût.

Sous le capot, ce nouveau Touareg dispose pour son lancement d’une seule motorisation : le V6 3,0 L TDI de 286 ch. Fort d’un couple conséquent (600 Nm !), ce moteur émet une sonorité assez agréable, et ses performances sont déjà largement suffisantes pour emmener efficacement l’auto, avec un 0 à 100 km/h avalé en 6,1 secondes. Malheureusement, il souffre d’un turbo-lag assez sensible sous les 2.000 tr/min.

Recevant une boîte automatique à convertisseur Tiptronic (seule capable d’encaisser le couple conséquent), le Touareg dispose d’une transmission douce et fluide en conduite normale, mais moins véloce qu’une DSG au final, notamment lorsqu’il s’agit de relancer l’auto. Par ailleurs, les palettes disposées derrière le volant sont trop petites pour être atteintes volant braqué.

Un dernier point à apporter au crédit de ce nouveau Touareg, c’est la qualité de son éclairage. Un point que j’ai pu tester « in situ » sur les routes à la sortie de Marrakech, un vendredi soir. Malgré les conditions apocalyptiques (j’exagère à peine : piétons traversant n’importe comment, chiens et chats errants, motards sans éclairage…), le Touareg m’aura sorti d’affaire en m’amenant à bon port. Il faut dire qu’il était également équipé du système « Night Vision » optionnel, comprenant une caméra thermique permettant de repérer (et signaler au conducteur) les piétons et les obstacles. Un système bluffant, même si les hautes chaleurs Marocaines perturbent un peu son fonctionnement.

Les tarifs et les motorisations du nouveau Touareg

Uniquement disponible pour le lancement avec le V6 TDI de 286 ch, la gamme Touareg débute aujourd’hui à 70.460 Euros (finition Carat). Ma version Carat Exclusive d’essai richement équipée de série (Innovision Cockpit, affichage tête haute, Pack Ambient Lighting, toit ouvrant panoramique, jantes 19 pouces, ou encore projecteurs avant Matrix LED) est facturée 78.910 Euros. Au 2ème semestre 2018, une plus modeste version V6 TDI de 231 ch, toujours associée à la BVA8, sera disponible à partir de 56.100 Euros.

Pour avoir une motorisation essence, à savoir le V6 TFSI de 340 ch, il faudra attendre 2019. Un choix curieux, à une heure où les diesel sont de plus en plus conspués, mais dont la raison est sans doute à chercher du point de vue des nouvelles normes d’homologation. Par ailleurs, Volkswagen devrait lancer une version hybride rechargeable de 367 ch sur le marché Chinois, et qui espérons-le sera également commercialisée chez nous.

Points positifs :

+ Ligne plus dynamique et statutaire

+ Intérieur bien fini et valorisant

+ Equipement high-tech

+ Espace à bord, volume du coffre

+ Confort : suspensions, sièges

+ Tenue de route bluffante au vu du poids

Points négatifs :

– Qu’un seul diesel au lancement

– Freinage un peu mou

– V6 TDI creux à bas régimes

– Boîte Tiptronic manquant de réactivité à la relance

Conclusion : Armé pour séduire

Même si on ne devrait pas en croiser beaucoup sur les routes Françaises, ce nouveau Touareg représente une belle synthèse du savoir-faire Volkswagen. Qualité de fabrication, confort et tenue de route sont ses maîtres-mots, auquel il rajoute un équipement à la pointe de la technologie. L’objectif d’offrir un nouveau porte-étendard à la marque est donc réussi. Reste à savoir comment la clientèle se positionnera face à ses rivaux, aux blasons sans doute plus évocateurs, mais aussi plus chers.


 

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