La Polo GTI, cuvée 2018

il y a quelques semaines, j’essayais la nouvelle Volkswagen Polo. Son comportement routier extrêmement sain, laissait augurer d’une version sportive au meilleur niveau. Lors de sa conférence de presse, on nous avait d’ailleurs parlé d’une version sportive GTI, aperçue au dernier Salon Automobile de Lyon. Il y a quelques jours, j’ai enfin pu me glisser derrière le volant de cette Polo GTI, pour un essai mêlant route et circuit. Voici donc mon avis sur la petite bombinette de Wolfsburg.

La nouvelle Volkswagen Polo GTI.

Retro feeling

La Polo GTI m’a toujours attiré. Favorite des marchés de la Péninsule Ibérique dans les années 90, la Polo GTI a été vendue en France à partir de 1998. Auparavant, nous avions tout de même eu droit aux versions bodybuildées, nommées G40, aux moteurs épaulés par un petit compresseur, qui leur permettaient d’afficher 115 ch. La calandre 4 phares cerclée d’un liseré rouge et la ligne du coupé Polo G40 de 1988 me séduisent encore aujourd’hui.

Avance rapide jusqu’en 2017, la Polo GTI est là, juste devant mes yeux. Vu son gabarit de Golf IV, autant vous dire qu’elle me fait davantage penser à la première Golf GTI qu’à son illustre ancêtre G40. Le lettrage annonçant la couleur, la double sortie d’échappement, la hauteur de caisse abaissée de 15 mm, le becquet et le bouclier avant vous donneront des indices sur son pedigree !

L’intérieur est quant à lui toujours aussi soigné, avec sa sellerie en tissu à carreau « Clark », spécifique à la griffe GTI, énième hommage à la Golf d’antan. Volant à méplat et sièges baquets continuent de donner le ton. Pour la touche techno, la Polo GTI reçoit de série le système Active Info Display. Pour rappel, il s’agit d’un écran de 11.7 pouces qui remplace les compteurs traditionnels, et qui regroupe toutes les informations nécessaires à la conduite (vitesse, navigation…).

Les améliorations apportées à la nouvelle Polo se retrouvent dans cette version GTI, et notamment l’écran central de 8 pouces, compatible avec les dernières technologies de connectivité du marché, comme Apple CarPlay, ou Android Auto. La finition est encore une fois (très) flatteuse.

Pour être digne de son blason, une Polo GTI doit obligatoirement se distinguer sur la route. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, les sorciers de chez VW lui ont tout simplement greffé le coeur d’une Golf, à savoir un 4 cylindres turbo-compressé 2,0 L TSI, dans une version retravaillée, afin de sortir 200 ch, et surtout 320 Nm de couple dès 1500 tr/min. Le 0 à 100 est abattu en 6.7 secondes, et la Vmax est annoncée pour 237 km/h. Autant vous dire que la citadine sportive de Wolfsburg met définitivement l’eau à la bouche. Il est justement temps pour moi de la mettre à l’épreuve de la piste !

La Polo GTI à l’épreuve du circuit

Rendez-vous était donc fixé sur le circuit de Palma de Majorque. Un petit tracé tortueux, idéal pour se rendre compte du dynamisme du châssis. Dès les premiers mètres, je m’aperçois que la Polo GTI en a sous le capot, et son châssis rabaissé de 15 mm donne le ton très rapidement. Le sous-virage est quasi inexistant, puisque parfaitement maîtrisé par le duo ESP + XDS (différentiel autobloquant électronique).

S’il est vraiment possible de s’amuser avec cette Polo GTI sur circuit, ne vous attendez pas à aller titiller une 208 GTI by Peugeot Sport, ou une Clio 4 RS. En effet, la bombinette de Wolfsburg n’offre pas le même niveau de sportivité que les deux Françaises, avec notamment son train arrière soudé au sol. Ce n’est pas forcément un défaut en soi, comme nous le verrons plus loin.

Contact sur route

A l’image de l’expérience sur piste, la Polo GTI ne trahit ici nullement ses origines Teutonnes. Personne ne pourra le contester : si Outre-Rhin on sait faire des voitures, elles peuvent parfois manquer d’un peu d’excentricité. C’est le cas ici. L’auto est tellement sécuritaire que l’on se retrouve avec un tempérament un peu aseptisé. Si le moteur est bien présent, et que le mode sport fait éternuer l’échappement, la boite DSG6 passera le rapport supérieur avant de vous laisser titiller le rupteur, et ce même lorsqu’on la bascule en mode manuel. L’impression de vitesse est gommée, et on ne se rend compte de sa vitesse qu’en jetant un œil sur le compteur. Les sensations sont lissées, et en mode sport, un amplificateur de son façon caisson de basse amplifiera même le son du moteur à l’intérieur de l’habitacle. Trop artificiel à mon goût.

Vous l’aurez donc compris : cette Polo GTI 2018 est une GTI premium, embourgeoisée. Ce n’est qu’en la travaillant « au corps », à la limite de la zone rouge que l’on pourra se rendre compte de tout son potentiel. Cravache à la main, j’ai alors pu réellement m’amuser à son volant, et notamment lors d’une incroyable montée de col, où j’attaquais les épingles entre le premier et le second rapport. Le retour de couple dans la colonne de direction est alors omniprésent, mais pas autant que sur une MINI Cooper S. J’ai également apprécié le blocage de différentiel XDS, uniquement disponible sur la version GTI de la Polo, qui permet (entre autre) une meilleure sortie en courbe.

En conclusion

Cette Polo GTI cuvée 2018 m’a définitivement séduit. Sa grande polyvalence est son principal atout. Vraie GTI Premium, elle boxe davantage contre une Mini Cooper S que contre une 208 GTI by PS, ou qu’une Clio IV R.S. Trophy. Parfaitement capable de devenir votre véhicule de tous les jours (surtout que sa consommation est modérée, avec 5,9 L /100 en moyenne), elle est aussi capable de « lâcher les chevaux » quand le cœur vous en dira. Certes, j’aurai apprécié un petit brin de folie, mais peut-être que son comportement sera différent avec la boite mécanique, qui arrivera en septembre 2018. Pour conclure, sachez qu’elle sera disponible dès le début de l’année pour un tarif de 28.920 € (c’est 260 de moins que sa devancière), avec un équipement riche.

On aime : 

  • L’upsizing : un 4 cylindres de 2.0 L !
  • La ligne et les éléments spécifiques GTI
  • La qualité globale de finition
  • La polyvalence de l’ensemble

On aime moins : 

  • Le manque de sensation(s) à son bord