Une graine de ST … aussi à l’aise sur route que sur piste ?

Rouler sur le circuit du Paul Ricard, au Castellet, le rêve ! Vous savez, le Paul Ricard High Tech Test Track, refait au début des années 2000 pour accueillir du développement produit et des événements … et finalement réouvert au public en 2009 pour des épreuves sportives… et qui accueillera pour son retour le Grand Prix de France de F1, le 24 Juin prochain !! Une renaissance pour ce circuit, qui avait régulièrement abrité l’épreuve entre 1971 et 1990, et un cadre idéal pour mettre à l’épreuve la plus dynamique des nouvelles Ford Fiesta à ce jour : la ST-Line, en motorisation EcoBoost 140 ! Une jolie mise en bouche, avant le retour très attendu de la ST, qui sera animé par un 3 cylindres 1.5 EcoBoost de 200 ch. Mais trêve de bavardage, direction la piste.

ST-Line, la plus sportive… pour le moment !

La nouvelle Fiesta ? Oh vous devez commencer à la connaître, avec l’essai de Quentin ! Pour rappel, la Fiesta a donc été renouvelée en 2017, et vient perpétuer une lignée débutée en 1976, qui représente plus de 1.5 million d’autos, et une Ford sur trois. La stratégie des petites Ford a quelque peu changé : la Ka+, vraie petite Fiesta, prendra en charge l’entrée de gamme ; quand la nouvelle Fiesta fera le milieu de gamme « classique », que côtoieront la version dynamique ST-Line, la sportive ST (2018), plus deux inédites : une chic Vignale, et une typée crossover, baptisée Active (2018). La star des ventes européennes met à fond l’accent sur la technologie, notamment sécuritaire (régulateur adaptatif, avertissement antiicollision, freinage autonome d’urgence, protection des occupants poussée …) et sur le confort global (insonorisation, amortissement..).

La ST-Line est donc une évocation du caractère sportif des ST. La calandre, noire laquée, est en nid d’abeille, les pare-chocs avant et arrière sont plus affirmés, le profil accueille des jupes latérales plus imposantes… et des jantes de 17 ou 18 », comme sur cette version grise ! (les jantes 17, anthracites, qui ont ma préférence, sont sur les autos bleues et rouges de la piste !)

Le pare-choc arrière accueille une sortie d’échappement chromée, la double sortie restera l’apanage de la ST 🙂 .

Souvenez-vous, Quentin nous expliquait que le design de la Fiesta avait horizontalisé la verticalité d’avant … et inversement … pour que l’auto gagne en prestance ; et je pense que le look gentiment affirmé de la ST-Line nous plaît tout autant !

En attendant de voir si le ramage est à la hauteur du plumage, avec notamment une suspension raffermie, l’intérieur nous montre ses quelques attributs spécifiques, sièges sport, volant cuir à méplat, pommeau de levier de vitesse et pédalier partiellement en alu, seuils de portes badgés ST-Line, et quelques jolis rappels de rouge ici et là dans l’habitacle, dont on peut disposer en option. Ici encore, des petites touches dynamiques qui donnent du caractère à un intérieur infiniment plus épuré, qualitatif et mieux dessiné que celui de l’ancienne génération. Mention spéciale au système multimédia SYNC 3, avec un écran jusqu’à 8 pouces, plutôt simple, réactif et ergonomique.

Bel agrément sur route

La Fiesta, je commence à la connaître ! MkV TDCi 68, MkVI en Ecoboost 100 & 140 (Black Edition), et cette dernière génération, MkVII en Ecoboost 125. Et toujours la même bonne surprise … de justement ne pas en avoir, de surprise ! Direction, freins, embrayage, accélérateur, idéalement calibrés/assistés, ni trop durs ni trop assouplis … boite de vitesse mécanique agréable, précise et bien guidée. Nous voilà « comme à la maison ». On connaît des concurrentes aux directions floues, trop assistées, au freinage « on/off » en ville, aux commandes de boite imprécises … Rien de tout cela pour la Fiesta ! Le temps de prise en main est donc immédiat, ce qui est fort agréable.

Cette petite prise en main sur les jolies petites routes aux alentours du Castellet montre une direction précise et convaincante, un train avant accrocheur, et un moteur Ecoboost 140 (la tête d’affiche des ST-Line, disponibles avec des moteurs plus abordables) souple, assez performant, et composé d’un petit caractère qui vous pousse à le mener dans les hauts régimes, où il laissera échapper discrètement sa sonorité sympathique de demi-six cylindres. Sportivement parlant, cette sonorité s’est faite plus discrète ; difficile désormais d’entendre le petit sifflement du turbo que l’on entendait sur la génération précédente, qui était un élément assez fort de son appartenance au clan des « mini-GTi » ! La Fiesta a mûri, avec le grand avantage du confort ! Quand l’ancienne Black-Red Edition, devenue ST-Line, était presque raide, celle-ci ménage bien plus efficacement votre dos… tout en préservant le dynamisme originel des Fiesta contemporaines, -ses sœurs de gamme laissant une (trop?) belle part au confort désormais-. En bref, avec des performants Michelin Pilot Sport 4 et ce comportement rigoureux, la Fiesta ST-Line garantit de bons moments de roulage ! Plus que jamais, elle se détache du lot des citadines sur la route avec la Peugeot 208, qui restera plus vivace et agile.

Un 1.0 de 140 ch sur la piste des « grands » !

Il est temps de rentrer au circuit, pour diverses petites sessions de roulage sur cette magnifique piste. Briefing pour les pilotes d’un jour ou de toujours (on aimerait bien appartenir à la seconde !) Voyez par vous-même ce stand avec toutes ces sympathiques ST-Line ; une ambiance qu’elles ne devraient pas souvent côtoyer,

Oh mais il semblerait qu’il y ait un gros jouet jaune dans l’angle, là-bas ! Eh oui, la dernière Ford GT, rien que ça. Mais les petites Fiesta n’en tremblent pas pour autant !

On s’installe dans une auto, l’appréhension est là ! Les roulages sur piste sont rares, et ma dernière session remontait à quelques temps ! Mais on se dit que la Fiesta est avant tout une traction moderne sécurisante … et que j’ai pour le coup plusieurs sessions récentes de l’élémentaire école de pilotage qu’est … le karting ! Tout est simplement une question d’échelle et de « dépouillement » … la philosophie est la même !

En piste, je suis en deuxième position, derrière une Focus RS ouvreuse. Voilà qu’elle se cabre et accélère vigoureusement, faisant galoper bien fort ses 350 ch … « on n’est pas là pour sucrer les fraises » se rappelle-t-on, il faut la suivre, ou plutôt essayer de la suivre, cette RS ! « Pedal to the metal » comme disent les anglais, les rapports s’enchaînent, on se force alors à être « propre » et rapide … La Fiesta se comporte bien, le roulis est maîtrisé, le train avant est décidément de qualité, et l’arrière enroule généreusement au lâcher de pied, si la vitesse d’entrée montrait trop d’optimisme, même avec un ESP qui n’apparaît dans les faits pas totalement déconnectable. Un vrai régal en somme, caractéristique de toute bonne petite Ford récente. On entendait peu le petit Ecoboost sur route, on l’entend encore moins ici, casqué ! Dommage … tout comme l’évident manque de puissance dans la fameuse longue ligne droite du Mistral : le temps paraît alors un brin long, on approche les 200 .. sans les atteindre.

D’ailleurs, on pourrait attendre plus de peps des 140 ch de l’auto. Le 0-100 km/h en 9 secondes l’atteste … A environ 1.150 kg (moyenne 3-5 portes), l’auto ne souffre pourtant pas vraiment de surpoids. Peut-être est-ce à chercher du côté de l’étagement de boite, toujours démesurément long, bien que sans doute à nouveau raccourci sur la version 140 ch. La nouvelle Fiesta dote désormais ses trois Ecoboost 100, 125 et 140 ch d’un sixième rapport, mais c’est toujours bien long… La recherche de performances écologiques (consommation théorique et rejets de CO2) passe par là … mais voilà un point qui demande au conducteur de davantage « tirer » dans les capacités du moteur … pour sans aucun doute voir une consommation réelle très raisonnable à allure stabilisée, mais qui s’envole rapidement aussi. Une énième affaire de compromis !

En bref, sur piste, je pensais sans doute compter sur plus de coffre à bas régime comme un moteur turbo … alors qu’il fallait plus exploiter les hauts régimes. On gardera alors un œil sur le compte-tours pour savoir à quel régime se trouve ce moteur très silencieux … quand il faudra ré-embrayer calmement pour éviter les à-coups d’un moteur turbo qui souffre naturellement de plus d’inertie qu’un moteur atmo. Idem, la boite, parfaite au quotidien, pourra se montrer parfois un peu accrocheuse en cette utilisation « extrême ».

Après un premier tour de découverte « rapide », et globalement prudent, on augmente un peu le rythme lors du deuxième tour, nos confrères journalistes de Motorsport Magazine profitant de la seule et unique Caterham également « Ecoboostisée » à 140 ch (l’Ecoboost était dans les candidats pour proposer une offre d’accès trois-cylindres ; un tout petit bloc Suzuki a finalement remporté l’affaire) se rapprochant dangereusement par l’arrière.

Positionné entre deux autos roulant fort bien, ce deuxième tour sera sans doute le plus réussi de la journée, les deux autres sessions étant plus brouillonnes … – trajectoires approximatives entraînant une précoce saturation de train avant et sa perte de temps, à la clé …- Pensez à moi si vous avec une auto à faire rouler prochainement sur le Paul Ricard, après la fermeture hivernale … J’aurais des trajectoires à peaufiner ! 😉 Notons que globalement assez peu de repères sont positionnés, ce qui ne facilite pas l’exercice.

Il en reste que cet exercice, justement, était particulièrement plaisant ; l’auto est dynamiquement de qualité, et est une vraie graine de ST, respectant parfaitement son appellation. La ST poussera les curseurs plus loin, en gardant, cette fois, un trois-cylindres, qui tirera 200 ch d’une cylindrée de 1.5 L. Il n’y a donc aucun souci à se faire d’un point de vue comportement, l’ancienne ST était une réussite, Mathias peut en témoigner ! On sera plus attentif à ce premier trois-cylindres purement sportif (on considérera celui de la BMW i8 de 231 ch comme étant davantage « GT »).

Fiesta ST-Line Ecoboost 140 : la nouvelle XR2i ?

Pour que le tableau soit complet, Ford France avait fait venir du musée Ford Allemagne une Fiesta XR2i 16V, troisième version sportive de la mkIII au début des années 90, après une XR2i 1.6 atmo 110 ch et une RS Turbo 1.6 turbo de 133 ch qui avaient quelques carences au niveau des trains roulants, pas au niveau de ceux des autos contemporraines … Cette évolution récupérait alors le gros 1.8 atmo de l’Escort XR3i de 130 ch, avec un châssis revu.

Carrosserie bodybuildée, doubles optiques antibrouillards avant, sortie d’échappement chromée, jantes alliage, rouge vif et liserés bleus, la XR2i 16V a un sacré look !

L’intérieur est plus sage, avec surtout des sièges baquets prononcés.

Le temps nous aura manqué d’en prendre son volant, malheureusement, mais, chaussée de pneus neufs toutes saisons, elle semblait avoir encore tendance à prendre le large dans les virages ! En revanche, son moteur, dénué de turbo, permettrait une arrivée plus progressive de cette généreuse puissance.

Des invité(e)s Ford Performance

La famille sportive de Ford était pratiquement au complet aux 10.000 tours du Castellet, avec la présence de deux Focus RS, et de l’incroyable GT. Je ne résiste pas à l’envie de vous offrir quelques photos de ces autos, en statique et en action ! 😉

Olivier Pla, pilote Ford Performance sur Ford GT GTE Pro.

10.000 bonnes raisons d’aller au Paul Ricard …

Pour conclure cet article, retrouvez quelques images de l’événement nous accueillant, à savoir les Dix Mille Tours du Castellet, par l’organisateur bien connu Peter Auto (Le Mans Classic, Tour Auto, Chantilly Arts&Elegance …), dont Ford France est partenaire. L’objectif était de réunir de très belles autos, et de les faire rouler, par plateaux homogènes, sur la grande piste du Paul Ricard. Admirez ces BMW 3.0 CSL, Mercedes Sauber C11 Groupe C, Ferrari 250 GT, 250 LM, 275 GTB, Porsche 906 …

Un grand merci à Ford France pour l’invitation à cette belle expérience.


 

Commentaires Facebook
Share This