La saison WRC 2017 aura largement tenu ses promesses. Performances, rebondissements, surprises, mais surtout un règlement 2017 permettant d’offrir des courses encore plus spectaculaires. Il fallait peut-être le voir pour le croire. J’avais, pour ma part, eu la chance de voir évoluer les premiers kilomètres officiels de ces monstres. Le rallye Monte-Carlo, particulièrement neigeux en Janvier dernier, n’était que l’abime de la saison entière !

Le championnat à points liés

En cette fin d’année, il est l’heure de faire les comptes et conclure. Les chiffres s’avèrent cruels pour les uns et heureux pour les autres. On le sait aujourd’hui, Sébastien Ogier conclut victorieux le championnat. Il prolonge les désormais 14 années de main mise française en rallye mondial. S’il faut saluer la réussite tricolore, admettons un clin d’œil à la détection des pilotes par la FFSA présentant là un score parfait.

Et pourtant « l’autre Seb » ne partait pas favori et ne le fût presque jamais au cours de la saison. Au volant d’une Ford Fiesta un cran en dessous de la Hyundai i20 WRC de Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul, la paire Ogier – Ingrassia a fait ce qu’elle savaient faire de mieux : réaliser des courses solides en dépit du balayage des Vendredis (1). Les chiffres parlent d’eux même. Sur les 13 courses de cette année Sébastien Ogier ne remporte qu’une seule Power Stage (2), contre 4 pour Thierry Neuville démontrant sa pointe de vitesse. Le français a réalisé seulement 22 temps scratch (72 l’année dernière, 110 en 2013) contre 54 pour le Belge, ainsi que 2 victoires (soit autant que Meeke !) contre 4 pour Neuville.

 

Là où tout à basculé

Mais un championnat se joue sur la régularité : le français signe 9 podiums contre 8, et surtout un seul abandon en Finlande, 4 pour Neuville. AInsi, l’on distingue la fragilité mécanique de la Hyundai qui n’a pas su résister aux petites erreurs de Thierry Neuville. En face, on remarque la solidité de la Ford Fiesta M-Sport, certes, régulièrement en clin à de petits soucis techniques, et du mental de Sébastien Ogier. Le belge ne pourra que regretter les 25 points perdus en Suède lors d’une bête touchette en super-spéciale.

Ironie du sort, il termine le championnat à 24 points du nouveau quintuple champion du monde. Car après le double abandon dans les deux premières manches, les langues les plus cyniques appelaient déjà à faire les comptes en fin de saison. À raison, puisque l’on sait à présent que Thierry Neuville à perdu la saison dès la Suède alors que le titre était à sa portée.

 

M-Sport, un privé au sommet

Hyundai s’effondre également avec un titre constructeur raté. Mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, on retiendra l’exceptionnelle triple couronne pour Malcom Wilson et ses hommes à domicile : première victoire mondiale de son protégé Elfyn Evans, Champion du monde constructeur grâce à Ott Tanak la révélation de la saison par sa constance, et championnat du monde pilote dans la poche de Seb Ogier in-extremis au Pays de Galles.

Au total ce furent 7 pilotes victorieux cette année : Ogier, Neuville, Tanak, Latvala, Evans, Meeke, Lappi. De quoi augurer une saison 2018 aussi belle, sinon mieux : Ogier reste chez M-Sport avec un soutient accru de Ford, Tanak en partance chez une surprenante équipe Toyota à surveiller l’année prochaine, Neuville en quête de revanche, Mikkelsen de retour aux affaires, Evans et Lappi pour confirmer la nouvelle génération.

Seule Citroen reste une inconnue, puisque l’équipe perd honteusement Ogier et Mikkelsen au jeu du mercato. Meeke devra se révéler aussi fiable que rapide cette fois-ci, ce qui lui est demandé depuis un certain temps, et charge à Citroën de proposer une C3 WRC un peu plus docile. Un certain Sébastien Loeb pourrait y mettre la main à la patte : grande joie pour les fans, mais échec pour Citroën d’appeler au secours l’Icône contemporaine du chevron.

Rendez-vous le 25 Janvier 2018 à Thoard pour recommencer une saison haletante !

(1) Le leader du championnat ouvre la route le premier jour du rallye. La couche de poussière encore présente sur la piste pénalise les premiers passages sur le épreuves sur terre.

(2) Dernière épreuve chronométrée effectuée le Dimanche, attribuant à elle seule 5 points au temps scratch, 4 au second, etc…

 

© Photos : autosport.com / lalibre.be / wrc.com

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