La Micra fait sa révolution

Curieux de cette voiture qui a suscité un de nos coups de cœur au dernier mondial de Paris, j’ai eu l’honneur de découvrir la dernière nouveauté de chez Nissan sur la route. En effet, la petite Micra en avait surpris plus d’un au salon parisien. Par sa taille d’abord : alors que la précédente génération affichait 3,77m, un peu plus qu’une Renault Twingo, la version 2017 de la Nipponne frôle désormais les quatre mètres et se place clairement dans un segment B très concurrentiel avec 208, Polo, Fiesta et sa cousine Clio entre autres.

Petite Micra est devenue grande. Nissan souhaite proposer une citadine aux prestations d’une berline, mais qu’en est-il vraiment au quotidien ? Voici mes impressions lors d’un essai réalisé sous le soleil du Luberon.

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Nissan Micra, un style enfin affirmé

La Micra gagne en stature. La rondouillarde “grande mini-citadine” pouvait faire sourire autrefois par sa conception datée et sa finition grossière. Aujourd’hui, Nissan présente un véhicule aux lignes tendues, sérieuses et plus masculines associée à des technologies récentes et un style personnalisable. En somme, c’est un cocktail savoureux dédié aux Européens principalement.

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La pari stylistique semble réussi. À l’extérieur, la ligne moderne et dynamique, sans exagération, promet à la petite Nipponne une petite décennie de bons et loyaux services. Large et basse, ces proportions laissent penser à une voiture plus imposante qu’elle ne l’est vraiment. En outre, Nissan souhaite se faire reconnaitre plus clairement via signature sur les routes. Ainsi, l’on retrouve une calandre en V intégrant un étonnant logo en impression 3D, ainsi qu’une signature lumineuse, en V elle aussi. Dans l’ensemble, j’apprécie la relative prise de risque dans le design. À l’inverse, je regrette les feux arrières pour lesquels je ne retrouve qu’une Ford Focus.

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À l’intérieur, le style semble réussi également. Du moins pour ma version d’essai haut de gamme « Tekna » personnalisée d’un garnissage simili-cuir légèrement moussé faisant magnifiquement illusion. L’équipement est intégrée dans un pack à 2.000€ — tout de même — avec sièges en cuir chauffants et un pack de personnalisation extérieur. Le reste des plastiques n’en reste pas moins de bonne facture, mis à part le volant cuir décevant au toucher. Clairement, on n’en demande pas plus pour un véhicule de cette gamme. Nissan semble ici avoir réalisé la bonne balance entre besoin et plaisir.

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En couple, deux enfants, ça passe

L’habitabilité est sans surprise, ni vraiment bonne ni vraiment mauvaise. À l’avant, j’ai toutefois été surpris par l’étroit espace aux jambes. Mon genou droit se posant au niveau du rangement de la console centrale, heureusement moussé… sur mon modèle d’essai. À l’arrière, pas de miracle : derrière le siège reculé à ma position, l’espace au jambe se révèle restreint, mais mon mètre quatre-vingt dix s’installe sans toucher le pavillon. Le coffre de 300 litres présente un volume dans la moyenne de la catégorie. Enfin, si les banquettes sont rabattables, elles ne permettent pas un plancher plat une fois abaissées.

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Nissan Micra la technologie, elle aime ça

Outre son passage dans le segment supérieur, c’est sa technologie embarquée qui fait de cette voiture une innovation du segment. Elle concerne aussi bien le confort que la sécurité. Ma version Tekna disposait de la plus large palette possible. On retrouve les nouvelles technologies équipant désormais la plupart des véhicules récents selon les finitions : Clé mains-libres, Bluetooth et Apple CarPlay. L’écran tactille 7″, plutôt ergonomique, est positionné un peu bas sur la console et un écran 5″ trouve place sous la casquette de tableau de bord.

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C’est sur ce dernier que l’on retrouve les informations relatives à la lecture des panneaux de signalisations. Une technologie appréciable à l’usage.

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Le système audio Bose® intègre des haut-parleurs dans l’appui tête du conducteur. L’ensemble offre un son d’une belle qualité pour le conducteur uniquement. Les passagers arrières ne jouiront pas de ce même plaisir puisque tout le son reste à l’avant seulement.

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La prévention de franchissement de ligne intelligent équipe également la petite Micra. Une vibration dans le volant signale ainsi tout écart. Bien sur autoroute, le système trouve ses limites sur bzzzz petites routes bzzz bzzz bzzz…

De plus, sont présents également, le freinage d’urgence intelligent associé à la détection piétons, que je n’ai heureusement pas pu tester. Il s’agit d’une première sur le segment.

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Les feux de routes adaptatifs permettent la commutation automatique feux de route / feux de croisement, que je n’ai pas pu essayer non plus. Testé sur un autre modèle précédemment, j’avais émis quelques réserves sur cette équipement, car la commutations s’effectuait à mon sens trop tard, l’anticipation de l’Homme s’avère plus efficace sur ce point.

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La surveillance d’angle mort : un témoin lumineux est disposé dans les rétroviseurs extérieurs. Cette équipement demande toutefois une certaine habitude d’utilisation, le témoin n’étant à mon sens, pas flagrant d’un simple coup d’œil.

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L’AVM, vision intelligente à 360° permet lors de manœuvre de visualiser, sur l’écran central, les abords du véhicule. L’image bien qu’un peu torturée est finalement bluffante d’efficacité lors des créneaux.

L’Intelligent Ride Control (IRC) limite les mouvements de caisse du véhicule sur les surfaces chaotiques.

Enfin, l’Intelligent Trace Control (ITC) imite quant à lui l’ESP avant qu’il ne s’active en agissant uniquement sur les freins.

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Dans cet imbroglio d’équipements geekophiles, j’aurais apprécié un chargeur de smartphone à indiction, comme sur la Kia Picanto.

Sans excès, le bon curseur ?

Concernant l’IRC et l’ITC, si les gains ne sont pas flagrants, ils participent sans doute au bon comportement routier de la Nissan Micra. En effet, j’ai découvert un véhicule très sain, très confortable en amortissement. Les retours des roues de 17″ détériorent peu le confort général. Le bruit occasionné par une monte en 205 de large est relativement bien contenu. Pourtant, pour une petite qui se veux grande et pour un véhicule à près de 24.000€, un accoudoir central aurait été bienvenu.

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En conduite dynamique, j’ai pu constater un léger flottement en entrée de courbe dans la direction. Pour autant, la Micra ne souffre d’aucun gros reproche tant son châssis s’avère efficace et prévenant, toujours dans un excellent confort.

Évident, inutile de jouer au Schumacher avec une voiture dédiée à la vie de tous les jours et pour tout un chacun. En témoigne de simples tambours à l’arrière sur toute la gamme, et un choix parmi trois motorisation peu jouissifs. En premier lieu, un 1.0L 71ch essence est proposé pour les premières offres de prix.

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J’ai quant à moi pu utiliser les motorisations IG-T essence et DCi diesel, tout deux culminant à 90ch. Il faudra donc se contenter des uniques offres très sages de Nissan en terme de cavalerie.

Le trois cylindre essence s’avère très discret sur la route, laissant aux oreilles un léger son caractéristique de ces « trois pattes ». Je me suis surpris à monter en régime à 6.000 tr/min sans le ressentir réellement, l’insonorisation du moteur étant excellente. En revanche, j’ai constaté de grosses vibrations au ralenti, vraiment surprenantes au point de ne pas être très rassurantes à terme. À l’usage, le plaisir est absent, le moteur est généralement mou. J’ai eu un peu de mal à doser les lâchés d’accélérateurs procurant une décélérations faible dans un premier temps, plus important ensuite. Bref, c’est pourtant la motorisation essence la plus alléchante, mais c’est assez décevant malgré tout.

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En Diesel, réjouissons nous des 220 N.m à 2.000 tr/min de ce moteur Renault désormais réputé. J’ai également noté quelques vibrations aléatoires à bas régime. La version diesel permet cette fois de jouir des trajets quotidiens sans broncher, mais sans toutefois rêver.

Nissan Micra, le plaisir du confort, à défaut du confort du plaisir

Nissan a brillamment remis à plat le projet Micra en proposant un véhicule nouveau, en phase avec le marché actuel. Ainsi, l’Européen aura tout le plaisir de personnaliser une Micra, déjà réussie, à son goût parmi les 100 possibilités de personnalisation. Le plaisir concerne clairement le confort sur la route associé à un panel de technologies digne du segment supérieur. La sécurité n’en reste qu’amélioré, mais nul doute qu’elle sera rejointe d’ici peu par la concurrence dans ce domaine. Le tout à tarif équivalent à ses concurrentes directes, et « made in France » qui plus est. En effet, Micra partage les chaînes de production de Flins entre Clio et Zoé, mais pas la même plateforme.

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Nissan Micra se veut donc d’être une grande chez les citadines. Pari presque réussi. Car le point décevant concerne les motorisations, pas nulles, mais pas jouissives. Elle reste donc au rang des petites sur ce point. Dommage.

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Pour le sans faute, on attend donc une version un peu plus pêchue. En extrapolant, chez blog-moteur, on rêve évidemment d’une version Nismo à l’instar du Juke. Enfin on imagine également une version électrique, avec la technologie de la Leaf

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J’ai aimé :

  • L’excellent amortissement
  • Le très bon comportement routier
  • Le relatif silence de fonctionnement
  • Les jolies finitions : tableau de bord, sièges…
  • Le grand effort d’offres technologiques

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J’ai été déçu par :

  • Les vibrations de l’essence au ralenti, du diesel à bas régime
  • Les seules motorisations proposées trop « dans la norme »
  • L’absence d’accoudoir central
  • Le volant “cuir” un peu cheap

 

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