Essai : Renault Twingo GT : Vraiment By Renault Sport ?

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Essai : Renault Twingo GT : Vraiment By Renault Sport ?

Notre essai de la plus encanaillée des Twingo : la GT. Mérite t-elle son blason Renault Sport? Verdict!


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On se souvient tous du génial concept Renault Twin’Run, présenté en 2013, et qui préfigurait assez largement la génération actuelle de Twingo. S’inspirant de la mythique R5 Turbo, la Twin’Run affichait une fiche technique alléchante, avec son V6 3,5 L de 320 ch placé en position centrale arrière.

Lancée une année plus tard, la Twingo 3 de série a repris en grande partie ce style, pour notre plus grand plaisir. En revanche, l’auto s’en tenait à des motorisations beaucoup plus sages, puisque la version la plus puissante plafonnait à 90 ch. Près de deux ans plus tard, et après bien des spéculations, Renault a finalement officialisé la version sport de sa petite citadine dans le courant de l’été 2016. Baptisée GT « By Renault Sport », cette Twingo encanaillée est prometteuse, avec son architecture « tout à l’arrière » (roues arrières motrices, moteur disposé sous le plancher du coffre), et son design suggestif. Est-elle à la hauteur de son badge Renault Sport? J’ai passé un weekend à son volant pour vous le dire!

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Un look suggestif

Si le look de la Twingo est plutôt jovial « de base », il devient carrément sportif en version GT, et se rapproche encore plus du concept Twin’Run.

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Un coup d’oeil sur son profil suffit pour s’en convaincre : la Twingo GT revendique ouvertement son tempérament haut en couleur! Jantes 17 pouces (directement reprises de la Twin’Run!), écope d’air latérale, ou encore stripping exclusif sont autant de gimmicks qui ne laissent planer aucun doute sur ses velléités sportives. La garde au sol réduite, et l’absence quasi-totale de porte-à-faux complètent ce tableau, et donnent un air très dynamique à l’ensemble.

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Le postérieur est tout aussi suggestif, avec la double sortie d’échappement, le béquet de toit, ou les sigles « Renault Sport » et « GT ». Caramba, la Twingo se rebiffe!

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Bémol : les modifications apportées à la face avant de l’auto sont minimes, pour ne pas dire inexistantes. Reprenant la bouille espiègle des autres versions, la GT est en effet bien difficile à distinguer vue de face, sauf si la case « teinte spéciale Orange Piment » est cochée (comme sur notre modèle d’essai). Une signature lumineuse spécifique aurait sans doute permis d’éviter ce grief, mais je chipote!

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Point de déception en revanche en prenant place à bord. Avec son petit volant à méplat, son pommeau de vitesse en Zamac, son pédalier en alu, ses surpiqûres orange ou ses seuils de porte siglés Renault Sport, l’habitacle de cette Twingo GT est très agréable à vivre.

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Les sièges, au dessin plutôt sportif, reçoivent une jolie sellerie mixte cuir/tissu. En revanche, ils offrent une position trop « haut perchée » à mon goût, et manquent cruellement de maintien latéral. Je me réchauffe le coeur (et le postérieur) avec leur fonction chauffante, appréciable en hiver.

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Si cette habitacle se montre plutôt fun et coloré, la qualité de matériaux utilisés est tout juste moyenne, et frise même la correctionnelle sur les portières, puisque les plastiques des contre-portes étaient déjà rayés sur mon modèle d’essai, pourtant peu kilométré. En revanche, mention spéciale au système R-Link 2, étonnamment perfectionné pour une petite citadine, et très intuitif à l’usage. Ce dernier est intégré au « Pack Techno » facturé 1.000 Euros, qui comprend également la caméra de recul.

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Sur la route : dynamique, pas sportive

La Twingo GT reprend la motorisation 0,9 TCe, dans une version revue et corrigée par les sorciers de Renault Sport : régime de rotation du turbo augmenté, pompes à essence et à eau spécifiques, et cartographie moteur modifiée. Le résultat : 110 ch, et 170 Nm de couple. Les performances font un joli bond en avant : le 0 à 100 km/h est bouclé en 9,6 secondes, soit 1,2 s de moins que la version 90 ch.

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Ce petit 3 cylindres a été incliné à 49 degrés pour loger entre les roues. L’expression « rentrer au chausse-pied » n’a jamais été aussi bien illustrée!

Ce dynamisme se ressent dès les premiers mètres, puisque l’auto me gratifie d’un grisant petit « coup de pied au cul » dès que je chatouille la pédale d’accélérateur. Assurément tonique, ce moteur convainc également par ses reprises, grâce aux rapports de boîte raccourcis (sauf la 5ème, à l’étagement trop long). En revanche, le rupteur coupe son élan un peu tôt. Un point assez gênant en conduite sportive, surtout que l’auto est dépourvue de compte-tours. Un « oubli » incompréhensible pour une auto badgée Renault Sport! Enfin, la sonorité métallique est sympathique, l’échappement « ronfle » bien, et on entend même le sifflement de la soupape de décharge du turbo au lever de pied! Comme souvent sur les mécaniques turbocompressées, la consommation grimpe vite en conduite sportive. On constate ainsi des pics à 8,6 L/100 km en « mode énervé », pour revenir aux alentours des 7 L/100 km en conduite normale.

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La patte Renault Sport s’étend également aux liaisons au sol. Les modifications sont assez significatives : l’auto est abaissée de 20 mm, reçoit de nouveaux amortisseurs raffermis de 40 %, et dispose d’une nouvelle barre anti-roulis avant, au diamètre supérieur. Avec ces réglages, l’auto se joue littéralement du roulis, et se montre très réactive à l’inscription en virage. Un dynamisme encore renforcé par la direction à démultiplication variable, spécifique à cette version GT, et par une autre qualité naturelle de l’auto : son diamètre de braquage, tout bonnement exceptionnel. Jamais scabreuse, malgré ses roues arrières motrices, la Twingo GT se montre rassurante en toutes circonstances, et offre un comportement typé sous-vireur à la limite. L’amortissement est à mettre au crédit de l’auto : si les suspensions sont fermes, elles digèrent très bien les grosses irrégularités de la route.

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Le calibrage de l’ESP a été modifié, afin d’offrir plus de latitude au conducteur. En pratique, il se montre moins « constrateur » qu’avant, puisqu’il repousse le moment de son intervention. Il reste toutefois assez présent en conduite sportive, et empêchera toute dérive un tant soit peu prononcée du train arrière.

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Le plus gros défaut de l’auto reste sa tenue de cap sur autoroute, qui nécessitera de nombreuses corrections au volant, notamment lorsqu’on dépasse un camion.

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Le tarif de la Twingo GT

Vendue 17.100 Euros, la Twingo GT coûte environ 2.500 Euros de plus qu’une version TCe 90 ch Intens. Un surcoût largement justifié par les prestations supérieures de l’auto, et par sa dotation enrichie. La liste des options est en effet réduite : seulement 3 options sont disponibles : le Pack Techno, les teintes spécifiques, et l’alerte de franchissement de ligne.

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Points positifs :

+ Bouille de petite sportive craquante

+ Intérieur fun et coloré

+ Moteur plein de caractère

+ Tenue de route dynamique

+ Maniabilité exceptionnelle

Points négatifs :

– Position de conduite trop haute

– Sièges manquant de maintien latéral

– Absence de compte-tours

– Tenue de cap sur autoroute

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Conclusion : Une citadine… dynamique!

En relisant cet article, je m’aperçois que j’ai utilisé plus que de raison le qualificatif « dynamique ». Non, je ne suis pas devenu sénile, et non, je ne radote pas encore. Tout simplement, c’est ce terme qui définit mieux la Twingo GT. En effet, et même si c’est avec un réel plaisir qu’on la malmène sur parcours sinueux, elle ne devient pas pour autant une réelle sportive, avec ses quelques défauts, et ses possibilités techniques de toute façon réduites. Si les « purs et durs » regretteront le manque de radicalité de l’auto, et l’absence d’une « vraie » Twingo 3 R.S, les amateurs d’autos joviales devraient y trouver leur compte. GT certes, mais « By Renault Sport »!

Un grand merci  à mon ami Quentin Boullier, photographe émérite, et auteur des clichés de l’article 


 

Mathias Dugenetay

Mordu de bagnoles depuis la plus tendre enfance. Rédacteur en chef de Blog-Moteur.com