Essai VW Golf GTI EDITION 50 : 325 ch de légende
C’est sous le soleil généreux de la région de l’Alentejo, au cœur du Portugal, que j’ai eu le privilège de prendre le volant de la toute dernière pépite de Wolfsburg. Avant d’entrer dans le vif du sujet sur les routes sinueuses portugaises, il convient de replacer cette nouveauté dans son contexte. Si la stratégie globale, baptisée BOOST 2030, vise à asseoir la marque comme la référence absolue de la mobilité durable, le constructeur n’en oublie pas pour autant les passionnés.
50 ans de plaisirs
Depuis 1976, l’appellation GTI est synonyme de plaisir de conduite et d’un art de vivre à part entière chez Volkswagen. En cinq décennies et plus de 2,5 millions d’exemplaires écoulés, la recette magique est restée immuable. Un moteur vigoureux, un châssis précis, une transmission aux roues avant, et une véritable polyvalence au quotidien sont de rigueur. Bien que certaines générations s’étaient cruellement embourgeoisées, l’esprit GTI restait présent. Pour célébrer ce demi-siècle de passion, la marque nous livre aujourd’hui la Golf GTI EDITION 50. Et je peux déjà vous dire que le plumage est largement à la hauteur du ramage.
Une plastique affûtée qui ne triche pas
Posée sur le tarmac brûlant de notre point de départ portugais, la Golf GTI EDITION 50 impose d’emblée le respect. Les designers ont, en effet, eu la main heureuse en lui greffant les boucliers particulièrement agressifs de la version « Clubsport ». Mais ce qui attire immédiatement mon regard, ce sont ces superbes jantes en alliage léger de 19 pouces « Queenstown ». Proposées avec une finition brillante et un vernis rouge contrastant, elles cachent une coquetterie de puriste. En effet, le logo central GTI reste figé et parfaitement lisible, même lorsque les roues tournent à pleine vitesse.
Par ailleurs, le modèle anniversaire multiplie les clins d’œil exclusifs. On retrouve le monogramme « GTI 50 » fièrement apposé sur les faces intérieures des rétroviseurs et sur l’imposant becquet de pavillon en deux parties. La livrée extérieure fait la part belle aux accents sombres avec des logos VW noircis. Un vitrage arrière surteinté et des sorties d’échappement noires sont également de la partie. À l’avant, la technologie s’allie au style avec la présence de série des redoutables projecteurs à faisceau matriciel HD IQ.LIGHT. Tandis que l’arrière profite de feux LED 3D à clignotement séquentiel.
Pour cet essai, mon modèle arborait la teinte exclusive « Rouge Tornade » inédit (avec toit noir). Ravivant directement le souvenir de la Golf II GTI qui avait, à l’époque, délaissé le Rouge Mars originel.
À bord : ambiance Racing et ergonomie soignée
En m’installant aux commandes, l’odeur du neuf se mêle à une ambiance délicieusement sportive. La pièce maîtresse de cet habitacle réside incontestablement dans les nouveaux sièges sport au design spécifique « Clark GTI 50 ». Cependant, avec ma morphologie et ma forte carrure, il n’est pas rare que je me sente engoncé dans les baquets de certaines compactes sportives. Ici, c’est tout l’inverse ! L’assise est généreuse, le maintien latéral est excellent sans être oppressant. Et le confort reste préservé même après plusieurs heures de conduite soutenue sur le relief accidenté de l’Alentejo.
Visuellement, ces sièges sont superbes. Par ailleurs, la partie haute, intégrant les appuie-têtes, est recouverte d’un ArtVelours Eco gris agrémenté d’un lettrage GTI rouge intégré. Le centre du siège réinterprète l’iconique motif à carreaux en l’agrandissant de manière asymétrique, tout en y glissant une subtile bande verte.
L’exclusivité transpire dans les moindres détails de cette EDITION 50. Je saisis donc, le volant sport multifonctions en cuir, dont les surpiqûres noires encadrent une barrette centrale marquée du logo « GTI 50 ». Volkswagen a opté pour des finitions « Dark Anodised » (un aluminium foncé du plus bel effet) sur les branches du volant ainsi que sur les commandes d’ouverture des portes, remplaçant le traditionnel chrome. Enfin, pour parfaire le tableau, les ceintures de sécurité sont intégralement rouges. Une teinte que l’on retrouve, et c’est une première, sur les revêtements en caoutchouc du pédalier.
Une mécanique volcanique sous le capot
Une fois le contact mis, le réveil du 4 cylindres donne le ton. C’est tout simplement la motorisation la plus puissante jamais intégrée par Volkswagen dans une Golf GTI de série. Le bloc 2.0 litres TSI à injection directe turbo, issu de l’ultramoderne famille EA888 LK3 evo4, développe ici une puissance colossale de 325 ch. C’est 25 ch de plus que la bouillante Clubsport ! Un bond impressionnant de 60 ch face à la Golf GTI classique, donc.
Mais au-delà des chevaux, c’est le couple qui impressionne sur ces routes portugaises exigeantes. Avec 420 Nm disponibles sur une plage vertigineuse allant de 2 000 à 5 400 tr/min, la force de traction est omniprésente. Le mariage avec la boîte DSG à 7 rapports est chirurgical. Pied au plancher, les relances sont foudroyantes ! Le 0 à 100 km/h s’expédie en à peine 5,3 secondes, contre 5,6 secondes pour la Clubsport. Mieux encore, la vitesse de pointe est débridée à 270 km/h ! Faisant de cette EDITION 50 (à égalité avec la Golf R équipée du pack Performance) la Volkswagen de série la plus rapide du catalogue.
Malgré cette débauche d’énergie, l’efficience n’a pas été sacrifiée. Le moteur profite d’une gestion thermique très avancée grâce à un système de régulation électronique du liquide de refroidissement. Un conduit de gaz d’échappement est directement intégré dans la culasse. Ce dispositif permet une montée en température ultra-rapide. Elle réduit ainsi, les frictions internes pour contenir la consommation en cycle mixte entre 7,6 et 7,9 l/100 km.
Comportement routier : Ventouse portugaise et ADN du Nürburgring
C’est dans les enchaînements rapides des collines de l’Alentejo que la Golf GTI EDITION 50 révèle son véritable potentiel. Basée sur un essieu avant MacPherson et un essieu arrière multibras, l’architecture d’origine est déjà abaissée de 15 mm par rapport à une Golf standard. La voiture se dote de série de la régulation adaptative des trains roulants (DCC). Elle est capable d’ajuster l’amortissement de chaque roue individuellement environ 200 fois par seconde.
Mais mon modèle d’essai est équipée de l’arme absolue : le « Pack Performance GTI EDITION 50 ». Exclusif à cette version, ce pack transfigure littéralement l’auto et permet de gagner près de 25 kilos sur la balance. La caisse est posée 5 mm plus bas grâce à une suspension raffermie, tandis que le train avant bénéficie de porte-moyeux modifiés augmentant le carrossage négatif à -2 degrés. Couplé à des pneus semi-slick Bridgestone (235/35 R19) et à des jantes forgées ultra-légères « Warmenau » réduisant les masses non suspendues de 3 kilos par roue, le train avant est rivé au sol.
Le blocage de différentiel d’essieu avant à régulation électronique, coordonné avec brio par le gestionnaire de dynamique de conduite, annihile purement et simplement le sous-virage. À l’accélération en sortie de courbe, l’auto enroule la trajectoire avec une neutralité bluffante. Me faisant presque oublier que j’ai affaire à une traction. La symphonie mécanique est par ailleurs magnifiée par le système d’échappement allégé R-Performance en titane.
Record au Nürburgring
L’héritage de ce châssis provient directement de l’Enfer Vert. Ce n’est pas pour rien que Benjamin Leuchter, pilote essayeur maison, a claqué un temps record de 7:44,523 minutes sur les 20,832 km de la Boucle Nord du Nürburgring. Inscrivant l’EDITION 50 comme la traction de série la plus rapide sur ce tracé mythique. J’ai d’ailleurs pu tester le redoutable profil de conduite « Special », accessible depuis le menu Sport. Ce mode paramètre le DCC pour absorber les irrégularités tout en verrouillant les rapports de la boîte DSG, empêchant les passages de vitesses indésirables en plein appui. Sur les routes bosselées de la campagne portugaise, cette configuration s’est révélée magistrale d’efficacité.
Bilan : Un collector en puissance
Au terme de cet essai sous le soleil du Portugal, la Golf GTI EDITION 50 ne laisse aucune place au doute. Plus qu’une simple série spéciale, elle incarne un véritable aboutissement technologique qui repousse les limites de la traction avant sportive.
Digne héritière des Éditions 20, 25, 30, 35 et 45, cette déclinaison survitaminée de 325 ch possède absolument tous les attributs pour devenir un futur collector. Avec son record au Nürburgring en poche, elle célèbre d’une main de maître le demi-siècle d’une légende automobile qui n’est définitivement pas prête de prendre sa retraite.
Golf GTI EDITION 50
Golf GTI EDITION 50Les Forces
- Une nouvelle Golf GTI
- 325 chevaux de pur bonheur
- Une tenue de route incroyable
Les Faiblesses
- Le malus en France....