Test Rennsport : le futur du Sim-Racing ou un projet trop ambitieux ?
Sorti le 13 novembre 2025 sur PlayStation 5, Xbox Series X/S et PC, Rennsport se positionne comme une simulation automobile exigeante et orientée compétition. Développé par Competition Company avec la collaboration de Teyon pour les versions consoles, et édité par Nacon sur ces plateformes, ce titre peut-il vraiment venir chatouiller les références du genre ? Voici notre verdict.
Rennsport : quand la course est dans le sang
Bien connu des sim racers sur PC, où il a longtemps évolué en early access, Rennsport arrive enfin sur consoles avec une version aboutie et cross-play intégral. Le jeu met en avant des catégories bien réelles : GT3, GT4, TCR, hypercars et prototypes…
On y retrouve des machines emblématiques comme la Porsche 911 GT3 R (992), l’Audi R8 LMS GT3 Evo II, la BMW M4 GT3, l’Aston Martin Vantage GT3 Evo, la McLaren 720S GT3 Evo, la Mercedes-AMG GT3 Evo 2020, le Ford Mustang GT3 ou encore le Porsche 911 GT3 R Evo. Côté GT4, l’Audi R8 LMS GT4 et la BMW M4 GT4 sont de la partie, tandis que les hypercars comme la BMW M Hybrid V8 et la Porsche 963 ajoutent une dimension prototype musclée.
Les circuits, eux aussi tirés du monde réel, incluent des tracés mythiques comme Monza, Spa-Francorchamps, Daytona ou Fuji.
Le titre propose des modes solo (championnats, contre-la-montre, sessions libres) et surtout un multijoueur robuste jusqu’à 24 pilotes en ligne, avec cross-play entre toutes les plateformes. L’approche est claire : pas de fioritures, on est là pour piloter sérieusement. L’interface et l’ergonomie sont pensées pour les joueurs qui aiment régler leur voiture au millimètre près et chercher la performance pure.
Un contenu varié, mais perfectible
Au lancement, l’offre de base couvre plusieurs véhicules et circuits variés, avec quelques créations communautaires intégrées. La Deluxe Edition apporte un plus appréciable : l’accès au Nordschleife avec la Porsche 911 GT3 R, du contenu bonus et la promesse de DLC à venir (Endurance Classics et Touring Classics notamment).
Le solo propose des championnats contre l’IA, des essais chronométrés et des sessions libres, tandis que le multijoueur brille avec des ligues, des courses classées et des défis en ligne. Attention toutefois : pour profiter pleinement du online, un abonnement PlayStation Plus ou Xbox Game Pass Core reste indispensable.
Une réalisation qui manque de finition
Propulsé par Unreal Engine 5, Rennsport vise le réalisme visuel et une fluidité à 60 FPS sur PS5 et Series X – un minimum pour une sim sérieuse. Malheureusement, le résultat est inégal. Certaines textures, un aliasing visible, du popping sur les éléments de décor et une vue rétroviseurs en basse résolution trahissent un manque de polish flagrant pour un titre next-gen.
Côté son, les moteurs et les ambiances sonores restent en deçà de ce que proposent les leaders du genre. Assetto Corsa Competizione, Gran Turismo ou Forza Motorsport n’ont clairement pas de souci à se faire pour l’instant sur ce plan.
Gameplay et sensations au volant
Le cœur du jeu repose sur sa physique de conduite, qui cherche un juste milieu entre réalisme pointu et accessibilité. La gestion du grip, des transferts de masse et des différentes adhérences est globalement cohérente et crédible. Avec une manette, c’est jouable, mais c’est évidemment avec un volant et un bon retour de force (Fanatec ou équivalent) que l’on perçoit le mieux les nuances, après de nombreux réglages, cela dit.
Le gros point noir reste l’IA en mode solo : catastrophique. Trajectoires imprévisibles, changements de ligne lunaires, crashs absurdes… Même après la mise à jour 1.7, suivre un adversaire de trop près revient souvent à finir dans le bac à gravier. Le vrai intérêt du titre se trouve clairement dans le multijoueur, où stratégie, précision et respect des trajectoires prennent tout leur sens entre vrais pilotes.
Verdict
Sur consoles, Rennsport est une simulation ambitieuse sur le papier : une base technique solide, des circuits de qualité, une orientation compétition en ligne assumée et un cross-play bienvenu. Malheureusement, la réalisation technique, le manque de polish graphique et sonore, une IA désastreuse en solo et un contenu solo encore limité empêchent le jeu de s’imposer parmi les références.
Il ne révolutionne pas le genre et reste en retrait face aux cadors. Si vous êtes avant tout à la recherche d’une sim technique pour des courses en ligne disputées avec une physique cohérente, Rennsport peut valoir le détour – surtout si les futures mises à jour tiennent leurs promesses. En revanche, pour une expérience solo riche, des graphismes et un son au top niveau ou une sensation immédiate de « premium », il paraît encore trop brut et incomplet en l’état. On garde un œil attentif sur les patchs à venir : le potentiel est là, reste à le concrétiser.
Les Forces
- Un sim racer poussé sur console de salon
- De nombreuses catégories de véhicules de competition
- Quelques circuits sympathiques
Les Faiblesses
- Techniquement très faible
- Une IA en mode solo catastrophique
- Une edition de luxe pour rouler sur le Nordschleife...
