Essai MINI Cooper SE : La citadine électrique de référence ?
La citadine électrique la plus sympathique du marché ?
Ressuscité en 2001 par BMW, MINI est incontestablement l’un des coups marketing les plus retentissants de ces 30 dernières années. Son modèle phare MINI Cooper est décliné depuis 2024 en une nouvelle génération, désormais totalement électrique. Cette MINI Cooper Electric repose sur une nouvelle plate-forme, qui n’est pas partagée avec son homologue thermique, qui continue sa carrière en parallèle (nous l’avons récemment essayée en version cabriolet). Histoire de la tester en conditions réelles, nous sommes parti jusqu’à La Rochelle avec : notre essai de la MINI Cooper SE (218 ch).
Un look typiquement MINI, et finalement réussi
Autant le dire tout de suite : les premières images « volées » de cette nouvelle génération de MINI Cooper m’avaient laissé perplexe, avec un dessin qui me semblait alors un peu trop grossier/caricatural.
Fort heureusement, le look de cette nouvelle MINI est bien plus réussi et cohérent « en vrai ». Elle décline évidemment ce qui fait d’une MINI une MINI, à savoir sa compacité (3,85 m de long), ses phares ronds, son toit plat, ses roues repoussées aux quatre coins, ou encore ses portières dépourvues d’encadrement. Même les feux arrières pointus rendent bien au final. Ils s’intègrent bien dans la face arrière, et accentuent encore son côté trapu.
Un look identique, mais une plate-forme différente pour son homologue thermique
Désormais uniquement disponible en carrosserie 3 portes, cette nouvelle MINI Cooper SE est produite en Chine, chez Great Wall Motors. MINI évoque des logiques industrielles, liées aux limites de son usine historique d’Oxford pour expliquer ce choix. Notez que son homologue thermique est toujours produite en Angleterre. Cette dernière continue sa carrière avec le même look que son homologue électrique, hormis quelques menus détails (poignées de portes notamment). Sa plate-forme reste en revanche celle de « l’ancienne ».
Un superbe écran central en pièce de résistance
L’habitacle de cette nouvelle MINI Cooper électrique reprend le dessin traditionnel de la marque, et l’adapte aux attentes de la clientèle. En l’occurrence, un grand écran central à la technologie OLED (la même que celles des smartphone et des télés haut de gamme), livré de série.
D’une diagonale de 24 cm, cet écran est une merveille au regard, et offre de superbes graphismes. Il faudra en revanche composer avec la profusion de menus, et avec la perte de combiné d’instrumentation en face du conducteur. Contre supplément, ce dernier est substitué par un très bon système d’affichage tête haute. On apprécie la touche qui permet un accès direct aux aides à la conduite, et qui donne ainsi en accès rapide la désactivation de l’alerte de survitesse, et du maintien en ligne.
Une ambiance intérieure travaillée, mais…
Cet habitacle se caractérise par un vrai soin du détail, à l’image des éléments cuivrés (poignées de porte, inserts de volant, et grille des haut-parleurs harman/kardon), ou des sangles en tissu, sur le volant, ou du côté passager.
On apprécie également les larges inserts en tissu au niveau de la planche de bord et des contre-portes, qui réchauffent et rehaussent l’expérience, surtout qu’ils sont rétroéclairés. Ils permettent de contrebalancer les plastiques durs qui règnent par ailleurs en maître(s). Mention spéciale au plastique rigide des portières, qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable… Même si la sellerie adopte un simili-cuir synthétique (MINI parle de « vescin »), elle présente très bien, et son toucher est tout aussi probant qu’un « vrai » cuir.
Pas de toit ouvrant, et des aspects pratiques logiquement limités
Le toit vitré (en option à partir du pack d’options « M ») est souligné par l’éclairage d’ambiance. En revanche, on regrette l’absence d’une option toit ouvrant : dommage, car cet équipement est toujours été très prisé de la clientèle MINI. Est-ce utile de le préciser : les aspects pratiques ne sont évidemment pas le point fort de cette MINI Cooper SE. Les places arrières restent tout de même « exploitables » (sauf pour les plus grands bien sûr), et le coffre est suffisant pour un week-end à deux (210 litres).
Différences entre la Mini Cooper E et SE
La gamme MINI Cooper Electric s’articule autour de deux motorisations : E et SE. La E dispose de 184 ch, et sa batterie de 36,6 kWh offre une autonomie allant jusqu’a 293 km. La SE dispose quant à elle de 218 ch, et sa batterie de 49,2 kWh lui offre jusqu’à 391 km d’autonomie. Notez enfin qu’une version très pimentée John Cooper Works Electric de 258 ch (même batterie que la SE) a depuis rejoint l’offre.
Gamme et tarifs de la MINI Cooper Electric
Quatre finitions sont disponibles sur la MINI Cooper Electric : Essential, Classic, Favoured, JCW. Avec à chaque fois des accastillages spécifiques (sellerie, ciel de toit…). Les tarifs débutent à 30.650 Euros en E, et 34.450 en SE. Cinq packs permettent de compléter la dotation; de XS à XL. MINI propose actuellement une offre en LLD sur 48 mois / 10.000 km par an, à 195 Euros par mois avec un 1er loyer majoré de 6.000 Euros (l’auto est éligible à la nouvelle prime CEE), pour une MINI Cooper E Black Yard.
Au volant de la Mini Cooper SE
Très familier de la MINI Cooper de la quatrième génération (que j’ai eu le plaisir de posséder pendant un an), j’ai immédiatement retrouvé mes sensations au volant de cette MINI Cooper SE. En commençant par l’épaisse jante du volant, qui met tout de suite dans l’ambiance, et la position de conduite basse, qui malgré les batteries a fort heureusement été préservée. La MINI Cooper SE brille évidemment en ville, avec sa maniabilité caractéristique. La présence d’un mode B permet de limiter l’usage de la pédale de frein, surtout qu’il va jusqu’à l’arrêt.
Le « go kart feeling » toujours bien présent
Citadine dans l’âme, la MINI Cooper SE se montre également particulièrement ludique. Le fameux « go kart feeling » est bien présent, et le surpoids lié aux batteries (environ 1.600 kg) ne se fait absolument pas sentir. Elle procure un bel agrément sur route sinueuse, avec une prise de roulis limitée. En forçant le trait, l’arrière pivote même légèrement. En revanche, le train avant peine parfois à digérer la cavalerie (l’auto est toujours une traction), et l’amortissement est ferme, dans la plus pure tradition MINI.
Avec ses 218 ch/330 Nm, elle offre des performances dignes d’une petite sportive. En témoigne son 0 à 100 km/h, avalé en seulement 6,7 secs (un chrono meilleur que l’équivalent thermique), et ses relances éclair.
Une polyvalence en nette progression
Résolument ludique, cette MINI Cooper SE est également polyvalente. Un point qu’on constate plus particulièrement sur autoroute. On y apprécie le niveau sonore contenu, la bonne tenue de cap, et les aides à la conduite particulièrement efficaces. En parlant de polyvalence, sa nouvelle batterie de 49,2 kWh (capacité nette) supplante largement la « pile » de l’ancienne génération, qui plafonnait à 28,9 kWh. MINI annonce 388 km d’autonomie dans notre configuration d’essai suréquipée, ce qui représente quasiment deux fois plus d’autonomie que l’opus précédent, qui peinait à dépasser les 200 km.
Côté recharge, cette MINI Cooper SE grimpe jusqu’à 95 kW en recharge rapide (CC), et 11 kWh en AC. Dans les faits, nous avons pris un peu plus de 100 kW en AC. MINI annonce un 10 à 80 % en 30 mn, et c’est totalement conforme à ce que nous avons relevé. Sur autoroute en conditions estivales, nous avons relevé une consommation d’environ 18,5 kWh / 100 km sur un trajet autoroutier (régulateur à 135 km/h, climatisation enclenchée). Pas mal du tout ! S’agissant du bilan au terme de notre semaine d’essai (environ 1.400 km parcourus), et avec une conduite pas du tout orientée vers l’économie, on a relevé une moyenne d’environ 16,5 kWh / 100 km. Plutôt efficiente cette MINI Cooper SE !
Conclusion : Une nouvelle génération qui progresse sensiblement
Cette nouvelle MINI Cooper SE remporte notre palme (dans un mouchoir de poche avec la Renault 5 E-Tech) de la citadine électrique la plus sympathique du marché. Certes, l’effort financier à consentir est conséquent (c’est une tradition de la maison), mais sa polyvalence fait un bond significatif par rapport à l’opus précédent, avec un rayon d’action décuplé par rapport à l’opus précédent, et qui rend l’auto tout à fait « exploitable » sur un long trajet. Certes, on peut pester contre la qualité de certains plastiques utilisés, mais l’ensemble reste très valorisant. Surtout, le fameux « go kart feeling » si cher à la marque est toujours autant de la partie. Un vrai coup de coeur !

