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Essai MINI Cooper Cabriolet (S et C) : Le dernier des Mohicans

Jadis assez populaires (notamment avec l’époque des fameux CC -coupé-cabriolet-), les cabriolets sont désormais une espèce en voie d’extinction. Les propositions restantes deviennent rares, surtout dans un budget encore « atteignable » par le commun des mortels.

Nouvelle MINI Cooper Cabriolet : une espèce en voie de disparition

Pour notre plus grand bonheur, MINI persiste et signe, et lance aujourd’hui une nouvelle MINI Cooper Cabriolet. Cerise sur le gâteau : elle refuse toute électrification (même légère), et ne compte que sur des motorisations 100 % thermiques ! Notre essai de la nouvelle MINI Cooper Cabriolet (versions C et S), entre Arles et Avignon.

La nouvelle MINI Cooper Cabriolet prend la pose devant les arènes d’Arles.

Le cabriolet 4 places le plus vendu au monde en 2023 se renouvelle 

La nouvelle génération de MINI Cooper Cabriolet (type F67) remplace donc le précédent opus (F57), commercialisé entre 2015 et 2023. Elle constitue la quatrième génération de cabriolet MINI depuis le rachat de la marque Anglaise par BMW Group. Contrairement à la nouvelle MINI Cooper Electric, la MINI Cooper Cabriolet est « Made in UK », et est produite dans le fief historique de la marque, à Oxford.

La MINI Cab est un modèle pas si « niche » qu’elle n’y parait, puisqu’elle représente 10 % des ventes de MINI en France. Il s’agit même du cabriolet le plus immatriculé en France en 2024 (1.362 unités écoulées), et même du cab 4 places le plus vendu dans le monde en 2023 !

Un look rafraîchi, mais toujours aussi MINI 

La nouvelle MINI Cooper Cabriolet conserve des dimensions très compactes, et s’étend désormais sur 3,879 m (ce n’est que 16 mm de plus que le précédent opus). Sa hauteur et sa largeur évoluent dans les mêmes (faibles) proportions. MINI oblige, les possibilités de personnalisation sont poussées, avec 12 teintes de carrosserie, 7 design de jantes, 5 selleries… La capote Union Jack est disponible en option.

La capote « Union Jack » optionnelle.

Son design singe en bonne partie celui de la nouvelle MINI Cooper Electric, avec ses optiques avant typiques (ils comportent une signature lumineuse personnalisable), et sa calandre octogonale. On peut également citer la disparition de la sortie d’échappement dans le bouclier.

La nouvelle MINI Cooper Cabriolet diffère quand même de son homologue sur certains points, à l’image des poignées de porte (qui ne sont pas affleurantes), et surtout du design des feux arrières. Bien que leur signature lumineuse soit inédite, ces derniers conservent la forme de la génération précédente, quand la MINI Cooper Électrique dispose d’un dessin triangulaire.  

Cela a permis à MINI de conserver l’ouverture de la malle arrière (vers l’arrière), typique du modèle, et qui supporte une charge de 80 kg. Puisqu’on aborde le sujet, notez que le volume du coffre oscille entre 215 litres (capote fermée) et 160 litres (capote ouverte). Il faudra en revanche composer avec l’ouverture étroite, même s’il est possible de l’étendre lorsque la capote est en place. 

20 secondes pour profiter de l’air libre 

La MINI Cooper Cabrio dispose d’une capote en toile entièrement électrique. Il ne faut que 20 secondes pour la déployer (et 18 pour la replier) et il est possible de le faire jusqu’à 30 km/h. Il est possible de la replier partiellement, façon « toit ouvrant », avec jusqu’à 40 cm d’ouverture. MINI a équipé son cabriolet d’une fonction « always open timer » (un timer qui décompte le temps qu’on passe capote ouverte). Ils sont joueurs ces British !

La fonction « Always Open Timer » décompte le temps passé capote repliée.

Un habitacle totalement remis au goût du jour 

Disposant de la même planche de bord que la MINI Cooper Electric, la MINI Cooper Cabrio reprend le nouvel environnement numérique de cette dernière. Une belle réussite, avec son superbe écran rond de 24 cm de diamètre. Sa technologie OLED offre des noirs profonds, et une résolution impeccable.

On apprécie toujours autant le recours à la réalité augmentée pour la navigation, et la très belle résolution de la caméra 360 degrés, très pratique pour arpenter les étroites ruelles d’Arles. Une « toggle bar » disposée sous l’écran donne accès à quelques boutons physiques (en mode raccourcis), juste en dessous du petit sélecteur de vitesse. En dessous, MINI a disposé une large surface de recharge par induction, en mode vertical (une sangle permet de maintenir le téléphone en place).

L’affichage tête haute compense efficacement la perte de la petite dalle numérique, qui était disposée au dessus du volant. En revanche, il faudra composer avec la prédominance de plastiques durs, là où l’opus précédent avait parfois recours à des matériaux « soft touch ». Les grands inserts en tissu (qui plus est rétroéclairés) permettent de compenser en partie cet écueil, même si le tissu des contre-portes est trop rêche à notre goût.  

Trois versions disponibles, 100 % thermiques

La gamme MINI Cooper Cabriolet s’article autour de trois versions, toutes 100 % thermiques, et qui disposent du même 4 cylindres 2.0 L « TwinPower Turbo », dans différentes configurations/puissances :

  • Cooper C : 163 ch / 250 Nm.
  • Cooper S : 204 ch / 300 Nm.
  • John Cooper Works : 231 ch / 380 Nm (soit 60 Nm de plus que la version précédente)

Cette mécanique est obligatoirement associée une boite à double embrayage, aucune option mécanique n’étant disponible. MINI a veillé à réduire au maximum le malus. Et c’est réussi : « seulement » 2.500 Euros sur la Cooper Cabriolet S (1 seul gramme de CO2 séparent les C et S), alors que la John Cooper Works est affublée d’un malus de 4.200 Euros. 

Tarifs et structure de gamme de la nouvelle MINI Cooper Cabriolet

MINI a étoffé la dotation de série par rapport à la génération précédente. Ainsi, les Drive et Park Assist sont de série, et il en va de même pour l’écran OLED, la climatisation automatique bi-zone, ou encore les projecteurs et feux à LED. Ensuite, il est possible d’enrichir l’équipement au travers de plusieurs niveaux de pack d’équipements, de XS à L (quelques options sont tout de même disponibles hors pack).

Côté tarifs, la gamme MINI Cooper Cabriolet débute à 33.450 Euros (Cabriolet C), et 36.800 Euros pour la version S. Des offres intéressantes sont disponibles en loyer, avec par exemple une LLD de 39 mois / 30.000 km, pour une MINI Cooper Cabriolet C finition Favoured Pack S : à partir de 420 Euros sans apport (un loyer identique est également proposé sur la finition JCW). Comptez enfin 44.850 Euros pour la version John Cooper Works, qui est la seule à être dotée de palettes au volant.

Au volant de la MINI Cooper Cabrio S

Inutile de tourner autour du pot : à l’heure des législations successives qui font tout pour avoir la peau des voitures « plaisir », se glisser derrière le volant de cette MINI Cooper Cabrio S distille un vrai parfum d’antan. Quel bonheur ainsi de retrouver une auto « d’avant », 100 % thermique, et qui plus est capable de nous faire profiter du grand air en une poignée de secondes !

Les sensations mécaniques sont de la partie, avec un 2.0 L turbo plein comme un oeuf (il offre 300 Nm de couple rappelons-le), et qui nous gratifie d’une délectable sonorité (avec le bruit de la soupape de décharge du turbo en cerise sur le gâteau). Bien connu dans le groupe BMW, le couple moteur/boite automatique à 7 rapports continue de briller par son très bel agrément, qu’on conduise « sur le couple », ou de façon plus énervée. La boîte répond parfaitement aux sollicitations, et elle sait se montrer proactive en conduite enlevée, en rétrogradant à bon escient (pour pinailler on pourrait en revanche lui reprocher de rester un peu trop sur la rapport enclenché). Les performances sont dignes du blason S, avec un 0 à 100 km/h avalé en 6,9 secs, et une vitesse de pointe qui s’établit à 237 km/h.

Un châssis renforcé, et un « go kart feeling » toujours aussi jouissif !

Ces excellentes impressions ne sont pas gâchées par le châssis, au contraire. Cette nouvelle MINI Cooper Cabrio repose sur une évolution de la plate-forme de la génération précédente, avec de nouveaux renforts, dans le sens d’une meilleure rigidité, et aussi des ressorts inédits, entre autres choses. Le fameux « go kart feeling » qui fait la réputation de la marque est plus que jamais d’actualité, avec une agilité proverbiale, et des prises de roulis réduites à portion congrue. On ne ressent ni le surpoids de 95 kg par rapport à la version 3 portes, ni la perte d’un toit « en dur » s’agissant de la rigidité de l’ensemble. En revanche, la fermeté légendaire des suspensions des MINI est toujours de la partie (mais est-ce vraiment une surprise ?).

Pure traction, la MINI Cooper Cabrio S est dépourvue de différentiel à glissement limité, au profit d’une répartition électronique du couple. Logiquement, on ressent un peu le retour de couple dans le volant sur les plus grosses accélérations (qui plus est lorsque la chaussée est déformée), mais cela ne devient pas scabreux pour autant.

Au volant de la MINI Cooper Cabrio C

Ne vous laissez pas tromper par son patronyme : la MINI Cooper Cabriolet C n’a pas le même moteur que son homologue Cooper C à 3 portes, qui est propulsée par un trois cylindres 1.5 L. Comme précisé plus haut, MINI Cooper Cabriolet C et S partagent le même 2.0 L turbo, et la même boîte (BVA à 7 rapports).

Dans cette version « dégonflée », la MINI Cooper Cabrio C dispose de 41 ch (et 50 Nm) de moins, avec 163 ch et 250 Nm. Logiquement, le 2.0 L perd un peu de sa vigueur, avec des relances au demeurant efficaces, mais qui sont loin du côté percutant de la S (et ce ne sont pas les 5 petits kilos de moins sur la balance qui vont y changer quoi que ce soit).

A défaut donc de la sportivité de la S, cette version C offre déjà de quoi se faire plaisir, avec 0 à 100 km/h en 8,2 secs, et 220 km/h en pointe. Cette version C se montre au demeurant aussi agréable en mode « cruising » que sa grande soeur, et séduira sans peine ceux qui ont simplement envie de flâner à l’air libre, sans forcément rechercher les meilleures performances. Et sa puissance inférieure permet de gommer en bonne partie les remontées de couple dans le volant.

Conclusion : Enivrantes !

Difficile de ne pas craquer pour cette nouvelle MINI Cooper Cabriolet. Capitalisant sur ce qui a fait le succès des générations précédentes, elle offre un ratio sympathie/compacité/sensations plus unique que jamais. Disposant d’un tour à tour efficace (version C) / sportif (version S) 2.0 L turbo et d’un châssis rigidifié offrant un « go kart feeling » plus vrai que jamais, elle constitue une vraie bouffée d’oxygène dans un paysage automobile qui compte de moins en moins d’autos « fun ». Merci à MINI de persister et signer !