Epoqu’auto, un rendez-vous européen

J’avais déjà été enchanté par ma visite l’an dernier à Eurexpo-Lyon (qui vient encore de s’agrandir), et je ne pensais pas que cette année 2018 serait encore meilleure ! Ce salon réservé à l’automobile ancienne et d’exception sur 50 000 m2 est-il donc en passe de devenir l’un des plus grand rendez-vous Européen du genre ?

Epoqu’auto Lyon c’est la passion de l’auto…

… De toutes les marques…

… De toutes les époques !

A moyen terme ce serait le cas sans aucun doute mais ce serait oublier que cette manifestation est organisé par un groupe de bénévoles conscients qu’un « trop grand » Epoqu’auto pourrait devenir pour eux un casse-tête ingérable, raison pour laquelle cette édition qui devrait dépasser les 60 000 visiteurs (soit le double par rapport aux années 2000 !) doit rester à dimension humaine, personnellement je ne peux que m’en féliciter.

Un petit tour dans les allées

Bon accueil avec cette lignée de Lamborghini, hélas dans un couloir très mal éclairé…

Cette année Renault fête ses 120 ans et Panhard, la marque doyenne de l’automobile, a droit aux honneurs du plateau central.

Incontournable R8 Gordini

Panhard…

…Une marque à la réputation planétaire…

… Qui cesse ses activités automobiles en 1967 faute de moyens et surtout par le manque de volonté de Citroën, son acquéreur, d’en faire le « BMW » Français.

Certes le but d’une telle manifestation est bien entendu de montrer le plus de belles autos possible aux visiteurs, mais le contact humain reste, du moins à mes yeux, à privilégier et ça c’est une chose qui manque désormais à Rétromobile par exemple.

Merci au responsable du stand Fiat X1/9 pour sa courtoisie et sa compétence. Ici l’un des derniers modèles fabriqué badgé Bertone.

Profitant de mon accréditation j’ai eu la chance de pouvoir engager la conversation avec de nombreux responsables sur leurs stands et j’ai eu la possibilité de profiter de beaux échanges tant avec des animateurs de clubs que des professionnels de la restauration automobile.

Soyons clairs, l’époque où l’on retapait une 202 ou une Traction dans le recoin obscur d’une remise à grands coups de Sintofer est définitivement révolue ! De nos jours le passionné est prêt à « mettre beaucoup » dans la restauration de sa voiture et certains professionnels placent la barre très haut pour les satisfaire ! C’est le cas de Vincent Roy, un carrossier haut-savoyard qui place l’exigence au sommet en réalisant une quasi-reconstruction sur la base d’une épave ! A son actif une très belle Jaguar XK et un cabriolet Alfa-Roméo de toute beauté.

Une Jaguar XK sauvée de la destruction en 2015.

Le travail ? Irréprochable !

Son prochain challenge ? Un client est allé dénicher une Type E Série 1 aux USA totalement cuite mais heureusement presque complète…

L’objectif de Vincent ? Nous la présenter l’an prochain ici-même refaite à neuf. Je prends le pari ! Le tarif ? Il faut compter au moins 1 500 heures de travail donc la facture aura cinq chiffres, la qualité se paie… Fini aussi l’époque où la place d’une auto de collection était surtout dans un garage chauffé bien à l’abri sous sa housse, les temps sont plutôt à une utilisation la plus fréquente possible de cette dernière et, dans le cas d’une sportive, de tourner sur circuit ou encore de participer à nombre de Rallyes historiques.

Une Escort Cosworth qui ne demande qu’à bouffer du bitume de nouveau.

Les 205 sont d’ores et déjà des Collectors. Ce n’est par une raison pour les confiner à l’abri des regards, bien vu le Club 205 GTI !

Pourtant force est de constater qu’un tel engouement a une nette tendance à faire monter les coûts d’acquisition de telles merveilles et si les Ferrari 512BB et autres AC Cobra 427 sont inaccessibles au commun des mortels depuis des lustres on ne peut que dénoncer la fièvre acheteuse qui s’empare de beaucoup…

Cette Ferrari 512BB est effectivement à vendre. Le prix ? Boff…

C’est ce que déplore l’un des membres du Renault 5 Sport Club qui ne peut que constater l’envolée quasi-incontrôlée de la côte de tels modèles : Plus de 100 000€ désormais pour une Turbo 1, au minimum 65 000€  pour une Turbo 2 c’est effectivement exagéré.

Raisonnablement la côte réelle de telles autos serait plutôt à diviser par deux mais que voulez-vous, tant qu’il y aura de la demande…

On peut en dire tout autant de ce Spider Renault âgé d’une vingtaine d’années et que l’on vit très peu sur les routes à l’époque, pourtant sa côte explose…

De la demande le club des Amis de Gabriel Voisin en a peut-être moins et ce n’est pas plus mal… Des autos fabriquées en toute petite série entre 1919 et 1939 par un ingénieur pionnier de l’aéronautique ultra-maniaque du détail, de l’innovation technique et de la légèreté.

Au final des autos étranges mais d’une exclusivité indéniable, sans doute à mes yeux les plus attachantes de la période Art-déco ! Et quand en plus l’accueil sur le stand est extraordinaire, avec une foule de détails techniques, d’anecdotes et de passion on ne peut que les féliciter pour leur présence ici. Epoqu’auto c’est aussi une multitude de petits Clubs locaux, de revendeurs de pièces détachées ou de miniatures sans parler de l’Automobilia à des prix parfois forts corrects. Bref Epoqu’auto c’est the place to be pour tout passionné d’automobiles, un salon géré par une association (les 3A : Amateurs d’Automobiles Anciennes) entièrement composée de bénévoles et qui réalisent ici, chaque année, un véritable travail de Titan. Continuez comme ça les gars !

C’est lorsque l’on se rend en de tels lieux que l’on est convaincu que la passion qui anime les Français pour « la Bagnole » n’est pas comprise par une élite qui ne la considère plus que comme une source de revenus via des taxes plus ou moins rapidement ripolinées en vert… Raison de plus pour être tous présents lors de la prochaine édition qui aura lieu en novembre 2019.

Jensen.