Dacia : 50 ans d’histoire

Dacia est un cas d’école dans l’industrie automobile. Encore inconnue du grand public il y a 15 ans, la marque Roumaine est devenue en quelques années l’une des plus profitables qui soient, à tel point que la Sandero est devenue la voiture la plus vendue aux particuliers sur le marché Européen en 2017, surpassant ainsi la Volkswagen Golf.

Surtout, Dacia incarne à la perfection le phénomène du « Smart Buy », délaissant la course à la sophistication et au « toujours plus » pour se concentrer sur des valeurs considérées comme essentielles.

La marque, qui fête cette année son 50ème anniversaire, nous a convié en Roumanie, afin de découvrir ses infrastructures : usine de Pitesti, centre d’essais de Titu. Nous vous proposons de découvrir les coulisses d’un constructeur dont on a pas fini d’entendre parler. Mais avant, et afin de savoir de quoi on parle, revenons sur son histoire.

I / Dacia, une histoire Roumaine

Dacia est né de la volonté d’un homme : Nicolas Ceausescu. Arrivé à la tête de la Roumanie en 1965, ce dernier a souhaité montrer la puissance de son pays, en lançant la production d’une auto abordable et robuste, destinée à mettre son peuple sur les routes. Pour cette voiture, le nom est rapidement trouvé : ça sera Dacia, référence à la Dacie, nom de la Roumanie dans l’Antiquité.

Concevoir une auto de A à Z ne s’improvisant pas (surtout pour un pays dépourvu jusqu’alors de toute culture automobile), un appel d’offres est lancé par la Roumanie, afin de fabriquer une voiture sous licence. Après de nombreuses tractations, c’est finalement Renault qui remporte le contrat. L’accord, conclu pour 10 ans, est signé en 1966 entre la Régie Nationale (Renault si vous préférez…) et l’Etat Roumain. Il prévoit la construction sur place d’une auto qui est alors en plein développement : la Renault 12.

La R12 est une excellente candidate pour Dacia : voulue par Renault comme une voiture « universelle », elle était conçue pour être commercialisée sur de nombreux continents, et ce sans avoir à subir de grosses modifications.

En attendant la mise en production de la R12, et afin de commencer à faire tourner les chaînes de production de la toute nouvelle usine de Pitesti (construite en seulement 18 mois !), Renault confie à Dacia la production d’une auto en fin de carrière : la R8, dans sa version Major, rebaptisée pour l’occasion Dacia 1100.

La toute première Dacia : la 1100. Ses pièces proviennent de France, et sont assemblées sur place.

La première auto produite tombe des chaînes de Pitesti le 3 août 1968, et au total plus de 37.000 Dacia 1100 ont été produites jusqu’en 1971.

En octobre 1969, la production de la Dacia 1300, la R12 Roumaine débute. L’auto est très moderne pour l’époque, et sera même exportée à partir de 1971 dans d’autres pays de l’Est. En 1973, Dacia lance la déclinaison break.

Les années s’écoulent, et l’auto plaît. En 1976, et malgré de nouvelles tractations de part et d’autre (la production de la R18 a même été évoquée), le contrat liant Renault et l’Etat Roumain s’arrête. Cela n’empêche pas Pitesti de continuer la production de la 1300, et même de lui offrir de multiples variantes : version à hayon, pick-up, utilitaires, et même une très confidentielle 1310 Sport, à deux portes.

La 1310 Sport, au charme désuet. Une vraie rareté, surtout de nos jours.

La 1300 break.

Au fur et à mesure des années, Dacia arrive à reproduire la quasi-totalité des pièces composant la R12. La seule chose que la marque n’arrivera pas à fabriquer, ce sont les demi-cônes de soupape, qu’elle continuera d’acheter jusqu’au bout à Renault ! La marque produira au total plus de 2.150.000 unités de la 1300 et de ses multiples dérivés, sans compter les version utilitaires !

La toute dernière 1310, qui trahit clairement son âge (très) avancé.

Malheureusement, la qualité de fabrication ne cesse de chuter dans les années 80, faute d’investissements dans l’usine. Cela n’empêche pas l’ingénierie Dacia de continuer ses efforts, comme en témoigne la Nova lancée en 1995, une berline à hayon entièrement conçue en interne.

La délivrance arrive finalement en 1999. En effet, et après de longues négociations et autres « appels du pied » de la part de Dacia, le contrat de privatisation de la marque est signé le 2 juillet, Renault devenant actionnaire majoritaire de la marque(à hauteur de 51%), et s’engageant par la même occasion à investir plus de 200 millions d’Euros pour moderniser l’outil industriel de Pitesti.

C’est dans ce contexte que naissent la SupeRNova en 2000, puis la Solenza en 2003. Cette dernière, dotée de raffinements jusqu’alors refusés à une Dacia (climatisation, ABS…), sert de « répétition générale » pour le modèle qui va marquer le tournant de la marque : la Logan.

La Solenza. La Logan n’est pas loin…

Lancée le 2 juin 2004 en France, la Logan suscitera chez nous un engouement majeur, que même son instigateur (Louis Schweitzer, PDG de l’époque) n’avait pas anticipé. La même année, la part du Groupe Renault dans Dacia monte à hauteur de 99,3 %.

La gamme Dacia se développa alors rapidement, avec l’arrivée de la Logan MCV en 2006, de la Sandero en 2008, et surtout du SUV Duster en 2010, devenu instantanément un best-seller, avec plus d’un million d’exemplaires vendus.

Dacia Duster

Le très populaire SUV Duster, made in Dacia

En 2012, l’usine de Tanger est inaugurée, et commence la production des Dokker et Lodgy. Cette même année coïncide avec le lancement de la nouvelle famille Logan/Sandero. Après son carton mondial, le Duster laisse finalement sa place à un nouvel opus lancé en 2017. Essayé par Quentin il y a quelques mois (il avait été résolument séduit par ses prestations en nette amélioration –relire son essai-), le Duster 2 fait objet l’aujourd’hui de toutes les attentions dans l’usine de Pitesti, comme nous le verrons dans le deuxième et dernier article de ce dossier spécial, qui arrivera très vite…

« Notre » nouveau Duster pose fièrement devant l’usine de Pitesti.


 

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