Porsche lover

Il y a des jours où tout vous sourit. C’est un peu ce qui s’est passé cet été, quand, paisiblement installé dans mon canapé, je reçois un coup de fil de Porsche me proposant d’assister à une manche de la Carrera Cup à Dijon. En prime, une Porsche 718 Cayman est mise à notre disposition pour l’événement !

Comment vous dire… c’est un peu comme si, après tant d’années à œuvrer sur le blog, quelqu’un vous tapait sur l’épaule et vous disait « Aller, tu peux y aller maintenant, tu l’as bien mérité ». Porsche m’invite à un événement ! Certains y verront une forme de « lèche » de ma part, je préfère y voir tout simplement un plaisir et une joie immense.

Ceci étant dit, direction le circuit de Dijon Prenois, où se déroulait la Carrera Cup en juillet dernier. Je reviendrai sur cet événement dans un autre article, avec des coulisses qui sont pour le moins très intéressants. J’ai donc rendez-vous avec Arnaud de Start and Stop, aussi fêlé de Porsche que votre serviteur ! Les yeux brillants, nous n’en revenons toujours pas, et nous nous dirigeons vers le joujou de la journée. Notre Porsche 718 Cayman est là, prête à nous accueillir.

Nom de code 718

Pourquoi 718 me direz vous? Vous l’avez sans doute lu déjà quelque part, mais c’est en hommage à la Porsche 718 RSK, qui a remportée les 24h du Mans 1958, et la Targa Florio 1959, et qui était dotée d’un 4 cylindres. Un quoi ? Oui un 4 cylindres, et c’est donc ce qui fait que le Cayman que l’on essaie aujourd’hui en possède un. Exit le Flat 6 qui ronronnait dans vos oreilles, place à un ronronnement plus rauque qui fait pshiit ! Bon ce n’est pas la première fois que Porsche met un 4 cylindres dans ses autos. La 924, 944 et son évolution la 968 étaient elles aussi dotées de 4 cylindres. Certes le premier était un bloc Audi, et les autres étaient tout simplement les blocs V8 de la 928 scindés en deux, mais Porsche proposait aussi des 4 cylindres. Tout cela est très intéressant, mais la 718 Cayman est-elle aussi violente que la Porsche 944 Turbo Cup d’un ami ? Nous allons voir ça !

Mais revenons sur la ligne de notre Cayman. Amoureux incontestable de la ligne de la 911, cette Porsche 718 Cayman est selon moi une pure réussite. Ses évolutions au fil des années lui on fait le plus grand bien. Son empâtement de 4m37 lui confère un équilibre parfait. Pour tout vous dire, le gabarit du Cayman me rappelle davantage l’empattement de la 911 Type G (1974-1989), avec ses 4m29, que celui des 911 actuelles. Une « baby 911 » en somme. Mais la partie la plus réussie à mon sens est l’arrière du Cayman. Le rouge indien, couleur emblématique chez Porsche -puisque au catalogue depuis plus de 30 ans- lui donne toute l’agressivité nécessaire, en comparaison des lignes un peu trop sage de l’avant. Une pure réussite vous dis-je !

Un avant un peu trop sage…

… pour un arrière bestial !

Ni une ni deux, nous nous installons à bord de notre Cayman. L’intérieur est magnifique, et parsemé de « mille boutons ». Apple CarPlay, PCM doté d’un écran 7″ mulitouch, notre modèle est bien fourni. Le cuir est présent quasiment partout et très tendu, néanmoins, ça manque un peu de moelleux. On clipse la clé en forme d’auto (une option !), et notre Cayman s’ébranle dans une sonorité particulière… voir différente.

C’est parti pour une escapade sur les routes détrempées de Bourgogne, où l’asphalte rosé s’accorde parfaitement avec notre auto. Durant l’espace d’une heure, j’ai pu me mettre au volant de notre Porsche 718 Cayman. Je n’ai malheureusement pas pu profiter de toutes les performances de la voiture, en raison du temps notamment, mais je l’ai assez prise en main pour vous dire que son châssis est redoutable d’efficacité ! Déjà sur les modèles précédents, la position centrale arrière du moteur conférait un équilibre parfait au véhicule. Et même sur route détrempée avec des pneus taille basse, notre Cayman n’a pas bougé d’un iota. L’effet « sac à dos » des Porsche 911 -du fait d’un moteur positionné en porte à faux arrière- est tout simplement inexistant.

Cependant, je ne peux cacher ma petite déception concernant la motorisation. Le 4 cylindres 2,5 L turbo de 300 ch est peut-être très performant, mais on perd malheureusement un peu trop de « plaisir » de conduite à mon goût. Outre sa sonorité (même si on sent bien que les ingénieurs de chez Porsche ont essayé de lui donner une sonorité spécifique ), sa trop grande linéarité est un peu décevante, surtout quand on a connu les envolées lyriques des Flat 6 des anciens modèles. Même sur un Boxster 986 de 204 ch, une fois celui-ci lancé, le bruit du 6 cylindres nous enivre davantage que ce Flat 4

Toutefois, et en terme de performances pures, ce nouveau 4 cylindres enterre les anciennes générations de Flat 6, que ce soit sur le 0 à 100, établi en 4.9 s (avec la boite PDK ici présente), mais aussi en consommation. Il n’y a rien à dire là-dessus. Néanmoins, il manque un petit facteur plaisir sonore/sensations, surtout lorsque l’on a eu le privilège de connaitre le Flat 6, comme je vous l’expliquais. Ça n’enlève en rien les qualités de ce 718 Cayman. Comme évoqué plus haut, la tenue de route est irréprochable, avec un train avant incisif (hérité de la 911 Turbo), une boite PDK à 7 rapports dotés d’une intelligence extraterrestre, avec son absence de temps mort en mode manuel, et son mimétisme sidérant en position automatique. Les freins, chapitre dans lequel le savoir-faire Porsche n’est plus à mettre en doute, sont redoutables d’efficacité, ce qui appuie encore davantage la sensation de sécurité ressentie à bord de la Porsche 718 Cayman.

En résumé, cette Porsche 718 Cayman est une bonne surprise. Son châssis redoutable, sa boite à vitesse surdouée et son freinage de « compétition » gomment un tantinet la présence d’un Flat 4 un peu trop linéaire, et manquant de caractère. En attendant l’essai du Cayman GTS voir GT4, je retourne admirer cette ligne et cette arrière splendide !


 

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