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Essai Denza Z9GT : Va-t-elle vraiment tuer la Porsche Taycan ?


Marque Premium du groupe automobile Chinois BYD, créée en 2010 en joint-venture avec Mercedes (et devenue depuis totalement indépendante de l’Allemand), Denza effectue ses premiers tours en roue en France en 2026. Après une présentation en grande pompe à l’Opéra Garnier, Denza nous avait donné RDV du côté de Chantilly, afin de mettre à l’épreuve son flagship : le shooting brake Z9GT, dans sa version électrique. Notre avis sur ce break élancé et (très) épicé, qui vient directement concurrencer la Porsche Taycan.

Un shooting brake qui vise la Porsche Taycan Sport Turismo

La Z9GT offre une stature clairement haut de gamme, à commencer par sa longueur de limousine : 5.18 m. Les portières, dépourvues d’encadrement (et avec poignées de portes rétractables) et la chute de pavillon inclinée donnent un esprit coupé à la Z9GT, façon shooting brake. L’inspiration de la Porsche Taycan Sport Turismo est plutôt claire à nos yeux, et c’est clairement une belle référence.

On apprécie également les flancs sculptés, le double spoiler à l’arrière, ou encore les larges feux arrières, au design assez personnel (et qui ne plaira peut être pas à tout le monde).

Ce qui manque en revanche de personnalité à notre goût, c’est la face avant. Loin d’être désagréable au demeurant, elle manque tout de même d’un « petit truc », à l’image de sa double signature lumineuse, un peu trop « random ». Par ailleurs, elle est affublée d’un très peu gracieux Lidar, au dessus du pare-brise.

On se console avec la superbe teinte « Emerald Green », très British, et les jantes 20 pouces de série (21 pouces en option, comme sur notre modèle d’essai).

Un habitacle 5 étoiles, à l’équipement exceptionnel 

Dans l’habitacle, la Z9GT va bien au-delà de la vision Premium de Denza. Avec elle, on rentre en effet dans le monde du luxe.

Oubliez tous les clichés sur les véhicules Chinois, et sur la soit-disant mauvaise qualité de ces derniers. La Z9GT est au même niveau que le trio des Premiums Allemands (Mercedes – Audi – BMW), et sa qualité de fabrication lorgne clairement chez Porsche. Superbe sellerie en cuir Nappa, surfaces intérieures gainées de cuir (même les bacs de porte ou les poignées de maintien le sont !), boiseries suédine sur le pavillon, renforts latéraux des sièges qui se gonflent dans les virages… Tout respire le luxe et le sérieux, et la qualité de fabrication est tout bonnement bluffante !

Tous les sièges de la Z9GT sont chauffants, ventilés et massants. Denza a même intégré un frigo (avec fonction chaud) au niveau de l’accoudoir central, et les portières sont motorisées (elles s’ouvrent et se referment toutes seules, en appuyant sur la poignée ou sur un bouton (et la pédale de frein pour le conducteur). Une fonctionnalité digne des modèles les plus luxueux, mais qui demande un peu de patience en pratique. Trois harmonies intérieures sont disponibles de série : « Full Black », « Dark Chocolate + Red Velvet » (comme sur notre modèle d’essai), et enfin « Dark Chocolate + Perg Beige »

Des places arrières de limousine, mais un chargement assez limité

La qualité d’assise aux places arrières est digne d’une limousine, et la Z9GT dispose d’un espace exceptionnel aux jambes. Rajoutez à cela un système hi-fi Devialet de 1.100 watts et 20 H.P (dont 4 dans le pavillon), et vous obtenez un niveau de confort qu’on avait pas vu depuis la BMW i7 (le grand écran qui se déploie du plafonnier mis de côté) !

Le volume du coffre est en revanche assez décevant : avec 495 litres, il sera difficile d’y loger beaucoup plus qu’une grosse valise « soute ». Certes, on se doute que la clientèle de la Z9GT n’est pas forcément friande des samedi après-midi à Leroy Merlin, mais on en espérait un peu plus pour une voiture de 5,18 m. Un écueil qu’on retrouve souvent sur les véhicules Chinois, qui privilégient l’espace aux places arrières plutôt que le volume de coffre. On se console avec le petit frunk de 53 litres à l’avant, qui permet de loger les câbles de recharge.

Une profusion d’écrans

Résolument généreuse (sauf pour la taille de son coffre, donc), la Z9GT l’est également s’agissant de ses écrans. La pièce de résistance est incarnée par l’écran central de 17,3 pouces, complété par une instrumentation digitale, et un écran pour le passager avant. Reposant sur une base Android, son système d’infodivertissement nous semble semblable à celui qui équipe les BYD. Le système de navigation intègre Google Map, et le playstore Google est (lui aussi) intégré. Demandant un temps d’adaptation afin de repérer l’arborescence des différents menus, ce système se montre parfaitement fluide à l’usage. Dommage en revanche que Denza n’offre pas d’écran pour les passagers arrières à ce niveau de prix.

Deux motorisations pour le lancement : électrique, ou hybride rechargeable 

La Z9GT est pour l’instant disponible en deux motorisations : une 100 % électrique (plus de 600 km d’autonomie), ou une hybride rechargeable (« super hybride avec DM »), offrant 805 km d’autonomie combinée. La Z9GT dispose d’une architecture « cell to body », avec les cellules de la batterie directement implantées dans le châssis. 

La Z9GT électrique abat le 0 à 100 km/h en 2,7 secs, avec une vitesse maximale de 270 km/h. Forte de trois moteurs électriques (dont deux sur l’essieu arrière), elle développe la bagatelle de 1.156 ch. Attention toutefois : il s’agit d’une valeur « en pic », mode boost enclenché, et valide qu’une vingtaine de secondes.

Sa batterie Blade offre 122,49 kWh de capacité, avec plus de 600 km d’autonomie (norme WLTP). Denza annonce l’arrivée en fin d’année d’une version propulsion (qu’on imagine moins puissante), équipée de la même batterie, avec cette fois-ci 800 km d’autonomie.

La Z9GT hybride rechargeable (Denza l’appelle DM -pour Dual Mode-) compte elle aussi trois moteurs électriques, ainsi qu’un moteur essence (un quatre cylindres 2.0 turbo) de 173 ch, avec 776 ch en puissance cumulée. Ce dernier a essentiellement pour vocation de maintenir le niveau de charge de l’énorme batterie (pour une hybride rechargeable) de 63,82 kWh. Denza annonce ainsi plus de 200 km d’autonomie en mode 100% électrique, un 0 à 100 en 3,7 secs, et 260 km/h en pointe. 

La recharge hyper rapide « Flash Charging » en première Européenne 

Quelque soit la motorisation retenue (électrique ou DM), la shooting brake de Denza offre en première Européenne la technologie « FLASH Charging ». Associée à une batterie LFP « Blade » de seconde génération (2.0), cette technologie permet à la Z9GT électrique de se recharger de 10 à 97% en seulement 9 minutes (12 min par – 30 degrés pour le 20 à 97 %), avec jusqu’a 1.500 kW de puissance. Une performance folle, et qui est avérée, puisque Denza nous en a fait la démonstration lors de notre essai !

Reste une inconnue toutefois : quid du vieillissement de la batterie face à des recharges aussi puissantes, réputées comme agressives ? Seul le temps permettra d’en juger, mais Denza semble confiant, en offrant une garantie 8 ans / 250.000 km.

BYD vise plus de 6.000 stations Flash Charging hors de Chine en 2026, dont 3.000 pour l’Europe. Notez par ailleurs que pour le lancement de la Z9GT, Denza offre 18 mois de recharge gratuite à ses clients.

Prix et équipement de la Denza Z9GT

Oubliez les catalogues à rallonge, et les dizaines de milliers d’Euros d’option à rajouter pour avoir un équipement digne du caractère Premium de l’auto (coucou Porsche). La Denza Z9GT n’est disponible qu’en une seule version, toute équipée (ce n’est pas une formule de style : l’équipement est opulent). Il n’y a quasiment pas d’options : tout au plus la peinture métallisée, les jantes 21 pouces, ou encore les rétros caméra (dispensables).

Les tarifs sont salés, mais cohérents avec le niveau de prestations offerts : 115.000 Euros pour la Z9GT électrique, et 101.000 pour la Z9GT DM. A titre de comparaison, une Porsche Taycan Sport Turismo débute à 107.500 Euros, avec une puissance bien inférieure (408 ch), et un équipement de série bien chiche face à la Denza. Elle pourra en revanche compter sur son blason en béton armé, et bien plus évocateur que celui de la Z9GT.

Côté réseau de vente/entretien, Denza disposera de concessionnaires dédiés, et pas de simples « extensions » ou « corner » dans les concessions BYD. Denza annonce ainsi l’ouverture de 10 concessions en France d’ici à la fin de l’année. 

Au volant de la Denza Z9GT

Vous l’aurez sans doute déjà compris : la Z9GT, c’est d’abord une fiche technique qui laisse pantois. Plate-forme « e3 » dédiée, trois moteurs électriques (dont deux sur le train arrière) qui développent 1.156 ch / 1210 Nm, freins carbone-céramique, roues arrières directionnelles, suspension pneumatique… Elle ne recule devant rien pour asseoir le niveau bluffant de légitimité technique déjà atteint par le groupe Chinois BYD.

On peut aussi citer le mode crabe, et la possibilité de faire ripper les roues arrières, par exemple pour s’insérer ou sortir d’une place de stationnement. Impressionnant, mais aussi maltraitant pour les pneumatiques, et donc à n’utiliser qu’en dernier recours.

Les accélérations, elles, sont tout simplement sidérantes, avec un 0 à 100 km/h effectué en 2,7 secs, et un cabrage qui renforce l’impression « catapulte ». Les dépassements se résument à une simple pression sur l’accélérateur, et le mode « Boost » (activé via la palette rouge située derrière le volant), transforme momentanément l’interface numérique, façon cockpit de vaisseau spatial.

Des performances impressionnantes, mais un comportement routier peu sportif

Malgré ses performances impressionnantes, et comme son blason en témoigne, la Z9GT n’est pas une sportive à proprement parler, mais un shooting brake luxueux, résolument typé grand tourisme. Sa direction manque de ressenti, et n’incite pas forcément à une conduite très dynamique, même si les roues arrière directrices offrent un vrai supplément de maniabilité. De la même manière, sa masse très élevée (2,9 tonnes !) se rappelle rapidement au bon souvenir du conducteur lorsqu’il enchaîne les virages, avec une électronique qui intervient assez rapidement pour tenter de réguler ses ardeurs. Clairement, la Denza préfère avaler les kilomètres d’autoroute dans un silence remarquable plutôt que d’attaquer une route de montagne le couteau entre les dents, comme pourrait le faire une Porsche Taycan Sport Tourismo, autrement plus engageante à conduire. Ne vous laissez pas avoir par les images en drift de la Z9GT : la réalité est beaucoup moins fun.

La consommation nous a également laissés assez mitigé. Lors de notre prise en main, il n’était pas rare de voir l’ordinateur de bord afficher près de 30 kWh/100 km. Une valeur élevée, qui devrait logiquement faire baisser l’autonomie réelle sous les 400 kilomètres dans un usage mixte, loin des chiffres d’homologation, et ce malgré la batterie XXL de l’engin (122 kWh de capacité brute).

Conclusion : Une impressionnante prouesse technologique, mais qui manque encore un peu de passion

Avec la Z9GT, Denza ne fait pas une simple entrée sur le marché européen : la marque lance un véritable défi aux constructeurs premium historiques. Qualité de fabrication exceptionnelle, équipement pléthorique, confort de limousine, technologies de pointe et performances impressionnantes : difficile de trouver aujourd’hui une concurrente offrant autant pour un tarif certes élevé, mais finalement cohérent au regard des prestations proposées.

Tout n’est pas encore parfait toutefois. Son style manque encore d’une identité forte, son efficience reste perfectible et les amateurs de conduite sportive trouveront une Porsche Taycan autrement plus communicative. Pour le dire autrement, la Z9GT pêche encore sur l’aspect passion/plaisir, notamment de conduite. Pour autant, elle prouve que la Chine n’est plus seulement capable de rattraper les références Allemandes : elle est désormais en mesure de les bousculer sérieusement, si ce n’est de les dépasser, notamment du point de vue de la puissance de recharge, tout bonnement exceptionnelle.

Le plus difficile sera sans doute de construire une image de marque suffisamment forte pour justifier un ticket d’entrée supérieur à 100.000 euros. Si Denza y parvient, la Z9GT pourrait bien devenir l’une des plus sérieuses alternatives aux grandes GT électriques européennes.


Denza Z9GT

Denza Z9GT
7 10 0 1
7/10
Total Score

Les forces

  • Le confort digne d'une limousine, l'insonorisation
  • La qualité de fabrication bluffante
  • L'équipement, plus que pléthorique
  • La puissance de recharge, démentielle

Les faiblesses

  • Peu engageante en conduite sportive : masse élevée, électronique castratrice
  • Le volume de coffre, limité pour un grand shooting brake
  • L'image de marque, à construire : quid de la revente ?
  • Le manque d'efficience