1898-2018 : 120 années de voitures à vivre Renault

On a tous une histoire avec Renault. Le marmot que j’étais a ainsi été bercé sur la banquette arrière des berlines maison des années 80 et 90, mon père ayant (notamment) possédé les R21, R25 et Safrane. Autant vous dire que je suis assez attaché à ce constructeur, qui fête en 2018 ses 120 années d’existence.

Un anniversaire que j’ai pu fêter de façon privilégiée, puisque j’ai pu découvrir l’atelier et une partie de la collection Renault Classic. J’ai même pu me glisser derrière le volant de certains des modèles les plus emblématiques du constructeur, expérience mémorable que je vous raconterai dans un second article !

Pour la première partie, je vous propose de revenir aux commencements de la marque, aux débuts d’une aventure intimement liée au destin d’un homme. On passera ensuite à la découverte de l’atelier de restauration Renault Classic, et d’une exposition réunissant certaines des autos les plus emblématiques du losange.

On a tous une histoire avec Renault…

Une histoire intimement liée à un homme : Louis Renault

Renault, c’est avant tout une histoire individuelle : celle de Louis Renault. Mordu de mécanique, ce jeune homme est attiré comme un aimant par l’automobile, qui en est à l’époque à ses premiers balbutiements. Issu d’une riche famille (son père Alfred est commerçant drapier), Louis construit sa propre voiture en 1898, avec des éléments piochés « à droite et à gauche », dans le jardin de la propriété familiale, située à Boulogne-sur-Seine, dans le nouveau quartier résidentiel de Billancourt.

Louis Renault.

Animée par un moteur De Dion de 1,75 ch, la Renault Type A est malgré tout innovante, puisque son système de transmission délaisse les chaînes et courroies traditionnelles pour un système plus ingénieux, conjuguant bras articulé, cardan et différentiel. Mais ce qui va véritablement lancer Renault, c’est un formidable « coup de pub », qui a lieu le soir de Noël 1898 : l’ascension de la rue Lepic dans le quartier de Montmartre à Paris. Cette rue est en effet la plus pentue de la ville Lumière, et n’a jamais été gravie par une automobile avant. De nombreux spectateurs assistent à cet exploit, et plusieurs d’entre-eux passent immédiatement commande auprès de Louis Renault : au total, 12 Type A sont ainsi demandées, avec versement d’arrhes à l’appui, et ce alors même que Renault n’a encore pour seule usine qu’un petit appentis disposés au fond d’un jardin !

La toute première Renault : la Type A, de 1898.

Très vite, un lien très étroit lie Louis Renault à sa clientèle, et participe au succès de sa marque. A l’écoute de cette dernière, Renault essaie de répondre toujours mieux à ses attentes : c’est ainsi que la nouvelle Type B sera carrossée, afin de protéger ses occupants des aléas climatiques. La propriété familiale commence à s’étendre, Renault rachetant progressivement les terrains et maisons environnantes, afin d’y construire ses unités de production.

La Type B.

Louis Renault est aussi un excellent commercial, qui sait habilement se positionner, afin de décrocher de juteux contrats : c’est ainsi qu’en 1905 il remporte le marché des taxis parisiens, au terme d’une sélection drastique menée par un jury professionnel. Au total, ce sont 1500 taxis Renault qui seront ainsi commandés. Ces mêmes taxis Type AG 8 CV deviendront en pleine Première Guerre Mondiale les fameux « taxis de la Marne », qui permettront en 1914 l’acheminement de 4000 hommes sur le front, afin de défendre Paris des assauts de l’armée Allemande, et accessoirement faire entrer la marque dans l’imaginaire collectif.

Après avoir lancé la construction de son usine sur l’île Seguin dans le milieu des années 20, la marque va rapidement trouver son rythme de croisière, avec des chiffres de production qui ne cesseront de croître, et ce jusqu’à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. La période qui suivra sera malheureusement beaucoup plus trouble, avec le rôle controversé et la mort de son fondateur, puis la nationalisation de la société, qui deviendra la Régie Nationale, de 1945 à 1995.

N’ayant pas la prétention (ni les compétences) pour vous faire un point exhaustif sur l’histoire de la marque au Losange jusqu’à nos jours, je vous propose maintenant de visiter avec moi l’atelier de restauration Renault Classic, ainsi qu’une exposition réunissant certains des modèles les plus emblématiques du losange.

A la découverte de l’atelier et d’une partie de la collection Renault Classic

Implanté au cœur du site industriel de Flins (qui produit les Renault Zoé et Clio, ainsi que la Nissan Micra), la collection Renault Classic comporte au total 750 véhicules représentant toutes les époques et de tous les types de véhicules produits par la marque (véhicules particuliers, mais aussi de course, utilitaires, blindés…). Pour fêter les 120 ans de la marque, ce sont au total 120 autos qui nous ont été présentées. 

L’exposition organisée pour l’évènement. La « vraie » collection Renault Classic est implantée sur un autre site, auquel nous n’avons pas eu accès.

Je débute ma découverte avec une visite de l’atelier de restauration, resté en fonctionnement pour l’occasion, puisque des mécaniciens et autres carrossiers s’affairaient autour des autos.

D’une propreté clinique, le lieu dispose d’un outillage de rêve pour n’importe quel passionné de mécanique.

Voici pêle-mêle quelque-unes des autos que j’ai pu y croiser (cliquez sur les photos pour les agrandir) :

Une petite visite guidée en vidéo avec votre serviteur :

J’ai même pu assister au réveil d’une bestiale R5 Turbo :

C’est des étoiles plein les yeux que j’ai ensuite atteint l’exposition organisée pour les 120 ans de la marque.

Plutôt que vous présenter tous les modèles présents, j’ai choisi de m’attarder sur quelques autos qui m’ont interpellé.

L’Etoile Filante, de 1956. Fruit des amours entre les domaines de l’automobile et de l’aéronautique, l’auto à structure tubulaire était équipée d’une turbine de 270 ch. Elle atteignit la vitesse de 308,85 km/h sur le lac salé de Bonneville.

Une superbe Vernet Pairard (nom de l’industriel à la base du projet), sur base de 4CV, qui n’est pas sans me rappeler la Porsche 356. En 1952, elle bat huit records de vitesse, et roule à 172 km/h sur l’anneau de Montlhéry. Seulement 4 exemplaires ont été produits.

L’iconique R5. Produite à près de neuf millions d’exemplaires, elle su capter comme aucune autre avant la clientèle féminine, avec son aspect « lisse », ses aspects pratiques, et sa grande polyvalence.

Visite guidée d’une partie de la collection présentée lors de l’évènement : 

Après avoir admiré cette superbe exposition, il est maintenant temps pour moi de passer derrière le volant d’autos de la collection Renault Classic : (cliquer sur le lien : deuxième partie : au volant de modèles anciens du losange).


 

Commentaires Facebook
Share This