AVIGNON MOTOR FESTIVAL 2018

Nous sommes, quelque part, tous un peu pareils… Il suffit d’une belle affiche ou d’un « bruit qui court » avec insistance pour que notre passion commune nous fasse parcourir des centaines de kilomètres à la rencontre d’une exposition ou d’un salon qui, et c’est malheureusement souvent le cas, nous apporte hélas son lot de déceptions. Mon histoire avec l’Avignon Motor Festival a débutée en 2013 avec un commentaire élogieux de l’édition précédente issue d’un site web aujourd’hui disparu qui m’a décidé à franchir le pas, pas certain du tout du résultat. Bon d’accord, pour moi Avignon n’est pas le bout du monde (220km), mais se farcir une demi-journée d’autoroute pour voir une Traction 11BL,une 204 break moisi et deux Ferrari 308GTB « se battre en duel » sur un terre-plein peut parfois vous gâcher la journée (‘vous marrez pas ça m’est déjà arrivé !) et je dois bien reconnaître que mon déplacement en terre papale ne l’a pas été pour rien, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai décidé de m’y rendre désormais à chaque édition.

Les 70 ans de Porsche

Effectivement, et bien qu’Avignon soit ce que l’on appelle communément une ville moyenne son rendez-vous automobile est désormais un événement qui compte pour la moitié sud du pays et il n’y a aucune raison que cela s’arrête en si bon chemin puisqu’il est désormais le troisième événement de l’auto ancienne en France avec près de 50 000 visiteurs, devancé uniquement par Rétromobile et Epoqu’auto ! Cette année deux marques sont à l’honneur dans le hall principal : Porsche qui fête ses 70 ans et Hispano-Suiza, la célèbre marque créée par le Suisse Marc Birkigt en Espagne au tout début du siècle dernier.

Et difficile d’imaginer une rétrospective Porsche sans la légendaire 550 Spyder, un modèle au volant duquel James Dean perdit la vie.

908 de 1968, une auto au palmarès impressionnant ! A ses côtés une 956 des années 80.

Les « modernes » ont aussi droit de citer avec cette magnifique 918.

Hispano-Suiza à l’honneur

La « Cuadra », première réalisation de Birkigt en Espagne qui préfigure l’épopée Hispano-Suiza.

Les autos des années folles, réservées à l’élite et qui portaient la signature des plus grands carrossiers : Kellner, Labourdette…

Désormais difficiles à trouver « au fond d’une grange » de telles beautés…
Mais moins toutefois que ce superbe ensemble de pique-nique et nécessaire de toilette réalisés aux dimensions du coffre de l’auto et auxquels il ne manque absolument RIEN !

Mais cet événement ne compte pas que sur les thèmes abordés chaque année pour sortir du lot, les clubs locaux ne sont pas avares de belles pièces, jugez-en par vous même :

Cette Matra Djet semblait être sortie de chaîne la veille.

Ou cette superbe Ligier JS2 à moteur V6 Maserati, dessin de Pietro Frua.
Tuée par le choc pétrolier de 1973, environ 275 exemplaires produits entre 1972 et 1975…

Coupé 504 V6 vainqueur du rallye Bandama 1978 (Côte d’Ivoire).
Son pilote, Jean-Pierre Nicolas, est encore présent à ses côtés (c’est l’homme aux lunettes sur la gauche).

Un peu oubliée, et c’est bien dommage l’Opel Kadett GTE. Pourtant cette sympathique auto au moteur 1,9 litre avec transmission aux roues arrières se fera une sacrée réputation en Rallyes.

Un certain Walter Rohrl se fera connaître à son volant, mais aussi le Français Bernard Béguin entre autres…

Celle-ci on ne la présente plus ! Il suffit de pas grand’chose parfois pour faire d’une légende statique un joli diorama : Deux bidons, un rouleur, un casque et le tour est joué !

Facel-Véga Excellence

Récemment restaurée, jusqu’aux bagages spécifiques au modèle !

Ce coupé Rover série 800 était superbe, sans doute l’un des plus beaux encore présent chez nous !

On ne pouvait pas oublier notre « Johnny National »… Hommage du festival avec cette Mustang sur laquelle l’artiste a couru le Rallye de Monte-Carlo en 1967.

Avignon c’est environ 27 000m2 d’espaces couverts divisés en plusieurs bâtiments avec chacun leur thème : Miniatures, pièces détachées, livres, motos… Mais on trouve aussi une surface d’environ 25 000m2 à l’air libre réservée aux vendeurs de pièces mais aussi aux possesseurs d’anciennes qui peuvent bénéficier d’un parking faisant office de lieu d’exposition.

Quand aux Porschistes ils ont pacifiquement envahis le parvis face au bâtiment principal, et il y a du beau monde !

Il n’y a pas que des 911, on trouve aussi une 356 et, à sa droite, un modèle plutôt rare…

C’est bien marqué 912 sur le capot !
En fait une carrosserie de 911 avec seulement un moteur à quatre cylindres de 90ch. Porsche avait peur que sa clientèle ne suive pas avec le flat 6…

Pour garder ce troupeau, deux légendes sont aux aguets :

Cette vénérable Cox, la grand-mère par qui l’aventure Porsche a commencé et qui garde un œil vigilant sur sa fratrie…

Et cette magnifique BB512 en embuscade prête à rattraper une forte tête qui oserait quitter le troupeau ! Le parking offrait, quant à lui, quelques belles pièces…

Alfa-Roméo Montreal

Salmson 2300S de 1954

Panhard Dyna break de 1953

Peugeot 404 automatique

Break ID luxembourgeois

Maserati 2.24V

Bref ce fut une belle journée qui me conforte dans l’optique d’une montée en puissance continue de cet événement, et ce d’autant que les prix pratiqués que ce soit pour les pièces détachées ou les miniatures (le pavillon vaut la visite et se trouve bien mieux achalandé que beaucoup de « Bourses aux miniatures » de villes plus importantes) sont des plus corrects.
Quelques points noirs subsistent néanmoins :

  • Deux caisses à l’entrée c’est un peu juste pour gérer l’afflux de l’ouverture ! J’ai personnellement compté une file d’attente de plus de 160 personnes le vendredi à 11h00, je n’ose imaginer la même scène le dimanche…
    Un bon conseil : Achetez votre billet sur le site web de l’événement, il est au même prix et vous éviterez de perdre bêtement une grosse demi-heure.
  • Le parking, ou plutôt la zone ouverte qui se trouve dans l’emprise de l’aéroport tout proche : Un vaste champ de boue s’il pleut (c’est fréquent à cette période) et « sable et poussière » si le Mistral y souffle (c’est aussi courant à cette époque) : inutile de laver sa voiture avant d’y aller, par contre au retour ce sera sans doute plus que nécessaire…
    Un avantage quand même : Il est gratuit.

Bref et en conclusion l’Avignon Motor Festival est une rencontre annuelle où se mêle belles voitures, bonne volonté communicative et bonne humeur « avé l’assent. »

Une réussite!

Jensen.