Nous avons eu la chance de passer 2 jours au sein de l’écurie Citroën Racing pendant le Rallye de Monté-Carlo. Cette expérience unique nous a permis de prendre conscience du très grand professionnalisme de cette équipe. Nous avons pu approcher les C3 WRC au plus près, découvrir les coulisses, visiter les ateliers, et voir le centre névralgique, là où toutes les stratégies sont établies. Voici le récit de cet extraordinaire week-end.

Monte Carlo 2018 : Les forces en présence

Comme chaque année le Monté Carlo ouvre le championnat du monde des Rallye (WRC). Cette épreuve atypique est toujours très redoutée pour les pilotes et les écuries. Ses routes très sinueuses sont souvent verglacées voire même enneigées comme elles le furent cette année. La victoire tient tout autant au bon choix des pneumatiques, qu’à la performance et la régularité des pilotes et de leur auto. Pour cette 86eme édition (qui s’est déroulé du 22 au 28 janvier 2018), quatre écuries « officielles » étaient engagées : M-Sport engageant 3 Ford Fiesta WRC dont le vainqueur en titre Sebastien Ogier ; Hyundai avec 3 I20 WRC ; Toyota avec 3 Yaris WRC ; et Citroën Racing avec seulement 2 C3 WRC. Coté équipage chez Citroën, Kris Meeke/Paul Nagle participeront à toutes les épreuves du championnat, et Craig Breen/Scott Martin laisseront le volant à Sebastien Loeb pour 3 manches (Mexique, Corse et Espagne).

De la ES06 à la ES12

Cette année, les conditions météorologiques ont été dignes d’un Monte Carlo.  Le froid et la neige ont pimenté l’épreuve, pour notre plus grand plaisir. En effet, nous avons eu l’opportunité de suivre quatre spéciales dont deux enneigées !Arrivés le vendredi midi, nous avons pu assister à une grande partie de la spéciale ES6 : Vitrolles-Oze  et à l’arrivée de la  ES8 : Vaumeilh-Claret. Les vitesses de passages de ces WRC version 2018 sont hallucinantes sur le sec.Le soir nous avons rejoint le parc d’assistance, situé à Gap, pour voir les installations Citroën Racing et surtout vivre en direct l’assistance des 2 autos (voir plus loin).Le lendemain matin, la météo était avec nous. Une dizaine de cm étaient tombés pendant la nuit et les premières spéciales ont été de toute beauté. Bien installés au milieu de l’ES10, entre Saint-Léger-les-Mélèzes et La Batte Neuve, nous avons pu admirer le spectacle sur des routes très glissantes. L’après-midi la brume laissa la place au soleil, rendant les routes moins piégeuses, mais offrant toujours un très beau rallye pour les spectateurs. Mon premier héliportage amplifiera encore l’expérience, en se rendant directement sur l’ES12. Nos hôtes du week-end avaient trouvé un lieu parfait pour suivre cette spéciale, animés par des milliers de spectateurs.Malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin et notre aventure s’arrêtera là avec de tres bons souvenirs en mémoire.

En live de la SS12

Publié par Blog-Moteur.com sur samedi 27 Janvier 2018

Citroën Racing : 2 Autos, 60 personnes en support

Lors de ce week-end les équipes de Citroën Racing ne nous a rien cachés. Nous avons pu visiter toutes leur installation, de l’hospitality center au stock de pièces de rechange en passant par l’atelier de preparation des amortisseurs, de la semi reservée au pneumatiques Michelin et même la pièce reservée aux ingenieurs. Certaines zones etant stratégiques, nous n’avons pas pu prende de photo afin de ne pas donner d’informations à la concurrence.Derrière les 2 pilotes et copilotes, ce n’est pas moins de 60 personnes qui se déplacent à chaque rallye pour donner la meilleure voiture possible et les meilleures options de stratégie. D’un côté, les mécaniciens et la logistique, de l’autre les ingénieurs en charge d’exploiter au maximum les infos des pilotes et de la météo pour adapter l’auto au pilotage de chaque pilote.La météo joue un rôle primordial au Monte-Carlo, et les hommes en rouges ne laissent rien au hasard en s’appuyant sur des météorologues dépêchés directement de Méteo France. Pas possible de photographier, mais dans un recoin du centre névralgique, nous avons vu une station météo avec des images satellites en temps réel !Concernant les ingénieurs d’exploitation, ils sont en constante liaison avec les pilotes et les voitures ouvreuses. Et avant même l’arrivée des autos à l’assistance, ils savent avec précision ce qu’ils vont avoir à faire sur l’auto, en plus des opérations de maintenance habituelle (changement amortisseurs, purges freins, nettoyage, …). Dès l’arrivée des autos, les mécaniciens connaissent donc exactement les taches à effectuer. Pour rappel, ils ne sont que 8 autorisés à intervenir sur les C3 WRC (ils sont munis d’un brassard). Et ils n’ont que 48mn sur le Monte Carl (45 sur les autres rallyes) pour rendre la voiture la plus performante possible pour les prochaines spéciales. Bien évidement tout cela est contrôlé par un commissaire de la FIA.Le travail effectué par les mécaniciens est d’une précision diabolique. Rien n’est fait au hasard, tout est minutieusement exécuté. On ne ressent aucun stress, aucune précipitation. Et lorsque les 48 minutes se sont écoulées le dernier mécanicien vient tout juste de nettoyer le pare-brise et les vitres latérales, et la voiture est prête pour partir au parc fermé. Ce professionnalisme nous a vraiment impressionnés, on ne s’attendait pas à autant de sérénité.

Une virée dans l’hospitality Center de Citroën, nous a permis de faire des rencontres innatendues. Tout D’abord Daniel Elena, le co-pilote de S.Loeb. Jamais avare d’histoires à raconter. On en profite pour lui demander des nouvelles de sa santé suite à son accident au Dakar : « le retour dans l’avion etait une torture, j’ai toujours du mal à dormir normalement ». Puis arrive CarlosTavares (PDG du groupe PSA) accomagné de jean Marc Finot, le Directeur de PSA Motorsport et Pierre Budar (Directeur Citroën Racing). Très abordables, nous avons pu discuter quelques minutes avec ces passionnés de Sport Auto et faire quelques photos !Enfin, Bruce Jouanny etait également présent (présentateur de Top gear france et animateur du Facebook live de Citroën Racing). Aussi sympa à la télé que dans la vraie vie.

Les Résultats

Ce 86eme Monté Carlo a tenu sa réputation, alternant route sèche, mouillée, verglacée et enneigée. C’est Sébastien Ogier qui a su tirer le meilleur au volant de sa Ford. Il remporte pour la 6eme fois cette épreuve. Suivent les 2 Toyota Yaris de Ott Tänak et Jari-Matti Latvala. Il faut attendre la quatrième place  pour voir une C3 WRC, celle de Kris Meeke. Mais en remportant la Power Stage, il engrange 5 points supplémentaires, qui lui confortent la 4eme place au général. Quant à son co-équipier Greg Breen, il termine à la neuvième place de ce rallye.

Les declarations

Kris Meeke : « C’était l’édition du Monte-Carlo la plus dure que je n’avais encore jamais connue. On a tout vu : de la glace vive en pneus slicks jeudi soir, de la pluie vendredi, de la neige samedi et aujourd’hui du givre au Col de Turini. Je suis surpris de finir ce rallye avec dix-sept points en poche, mais je les prends volontiers. Il nous faut rester humble et poursuivre nos efforts pour progresser. »Craig Breen : « Le week-end a débuté difficilement, avec notre erreur jeudi soir. Puis les choses se sont mal enchaînées avec un souci de freins vendredi, qui nous a valu de jouer le rôle de chasse neige samedi. Mais nous nous sommes mis en valeur à plusieurs reprises, et encore aujourd’hui sur le sec. On doit maintenant continuer à travailler dans les conditions plus changeantes, caractéristiques du Monte-Carlo. »

Pierre Budar (Directeur de Citroën Racing) : « Avec la mésaventures respectives de nos 2 pilotes, ils se sont hélas très vite retrouvés relégués loin, mais ils ont fait preuve d’un état d’esprit exemplaire en ne se démobilisant pas. Craig a réalisé des bons chronos dès lors que les conditions lui étaient de nouveau favorables. Quant à Kris, au début en déficit de confiance avec ses réglages, il ne s’est pas non plus lancé à corps perdu dans un combat qu’il savait d’avance pas facile à gagner, et il a attendu son heure avec beaucoup de maîtrise et de métier. Cette approche confirme combien il a intégré son rôle de leader de l’équipe. Et son résultat constitue une bonne entame au championnat pilote, même si nous sommes conscients qu’il nous faut poursuivre nos efforts pour être encore plus performants sur tous les terrains. » Concernant le futur, il a déclaré : « On a bien vu ce qui pouvait fonctionner dans certaines conditions sur la C3 WRC et ce qui fonctionnait moins. Mais le meilleur temps de Kris dans l’ultime ES rappelle que la performance est bien là.

 Classement final

  1. Ogier / Ingrassia (Ford Fiesta WRC) 4h18’55’’5
  2. Tänak / Jarveoja (Toyota Yaris WRC) + 58’’3
  3. Latvala / Anttila (Toyota Yaris WRC) + 1’52’’0
  4. Meeke / Nagle (Citroën C3 WRC) + 4’43’’1
  5. Neuville/Gilsoul (Hyundai i20 WRC) + 4’53’’8
  6. Evans/Barritt (Ford Fiesta WRC) + 4’54’’8
  7. Lappi/Ferm (Toyota Yaris WRC) + 4’57’’5
  8. Bouffier/Panseri (Ford Fiesta WRC) + 7’39’’5
  9. Breen / Martin (Citroën C3 WRC) + 9’06’’7
  10. Kopecky/Dresler (Skoda Fabia R5) + 16’43’’0

CHAMPIONNAT DU MONDE PILOTES

  1. Sébastien Ogier – 26 points
  2. Ott Tänak – 18 points
  3. Jari-Matti Latvala – 17 points
  4. Kris Meeke – 17 points
  5. Thierry Neuville – 14 points
  6. Elfyn Evans – 8 points
  7. Esapekka Lappi – 6 points
  8. Bryan Bouffier – 4 points
  9. Andreas Mikkelsen – 3 points
  10. Craig Breen – 2 points

CHAMPIONNAT DU MONDE CONSTRUCTEURS

  1. M-Sport Ford WRT – 33 points
  2. Toyota Gazoo Racing – 33 points
  3. Citroën Total Abu Dhabi WRT – 18 points
  4. Hyundai WRT – 14 points

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