Les quatre principaux pick-up du marché sur le grill

Après avoir longtemps été absents (ou presque…) en France, les pick-up font une percée remarquée dans notre paysage automobile. Avec près de 20.000 véhicules vendus en 2017 (contre 17.000 en 2016, et 14.000 en 2015), ces autos font le bonheur des entrepreneurs, mais aussi des familles, grâce à l’arrivée sur le segment de constructeurs généralistes, comme Ford ou Volkswagen.

Nous avons eu l’opportunité de tester les quatre principaux acteurs du marché : le Toyota Hilux Invincible, le Mitsubishi L200, le Ford Ranger Wildtrack, et le Volkswagen Amarok Aventura. Ces tests se sont déroulés sur le magnifique domaine de l’Alpe d’Huez sur route et en off-road, et étaient organisés par l’école de pilotage evodriver (http://www.evodriver.fr). Alors, que valent ces pick-up, et quel pick-up acheter en fonction de votre utilisation ? Blog-Moteur vous donne son avis !

Première partie : l’essai routier

Précisions d’emblée que les 4 véhicules étaient équipés d’une boite automatique, et n’étaient pas chargés. Une bonne façon de tester leur confort de roulage. La principale route empreintée est le col de la Sarenne, nous emmenant de l’Alpe d’Huez au barrage du lac de Chambon, en passant par Clavant (avec une altitude culminant à 1.990m). Petite route de montagne par excellence (elle fermée les ¾ de l’année !), elle était truffée de nids de poule.

Dans notre panel, deux groupes se forment très rapidement : les Hilux et L200, typés utilitaires, et les Ranger et Amarok, beaucoup plus civilisés. Un point qui se ressent aussi bien dans la présentation intérieure que sur la route. Pour les Mitsu et Toy, l’ambiance est sobre, rudimentaire, avec des plastiques rigides, mais simples à nettoyer. Ils embarquent le minimum d’équipements de confort. Ce typage se ressent aussi sur la route, avec des suspensions très raides, à la limite parfois du supportable (rappel : l’essai a été réalisé benne vide). A chaque accélération marquée, la roue arrière intérieur patine, à cause de la rigidité des châssis, des lames de ressorts, d’autant plus qu’il s’agit de 4×4 non permanents (seul l’Amarok est permanent, avec son système 4Motion). Et pourtant le rapport poids/puissance n’est pas vraiment très élevé ! Les 2 quatre cylindres de 2.400 cm3 se valent en puissance et couple (150 ch/400 Nm pour le L200, 180 ch/430 Nm pour le Hilux). Coupleux, ces moteurs arrivent à tirer les 2.000kg à vide de nos pick-up sans trop de difficultés.

Il aurait été intéressant de rouler aussi avec des véhicules chargés à leur PTAC (3,1t pour le L200, 3,5t pour le Hilux), et à n’en pas douter leur confort aurait été amélioré.

Quand on monte dans l’Amarok et le Ranger, on change totalement de monde. Avec un habitacle très proche d’un SUV ou d’une berline, on est tout de suite dans une ambiance bien plus cocooning. Idem dès les premiers tours de roues, où le confort de l’Amarok surclasse tout le monde. Et je ne parle pas de la belle mélodie et de la puissance du V6. Les 258 ch et 580 Nm sont bien là, pour mon plus grand plaisir. D’autant plus que l’on peut pleinement l’exploiter grâce aux 4 roues motrices de son système 4Motion. Les 2,2 t à vide de l’engin se font presque oublier. Enfin, sa boite automatique à 8 rapports se montre agréable et la plus moderne du lot (voir mon essai de l’Amarok restylé).

Quant au Ranger, il n’atteint pas le niveau de l’Amarok, mais s’en approche, surtout avec la jolie mélodie de son 5 cylindres 3,2 L de 200 ch, et 470 Nm. Son confort est acceptable, mais sa motricité est mise à défaut dans les épingles, la faute encore à une transmission 4×4 non permanente.

Deuxième partie : l’essai hors-piste

Pour cet essai hors-piste, les organisateurs d’Evodriver nous avaient concocté un magnifique tracé aux alentours de l’Alpe d’Huez. Au programme : chemins escarpés, caillouteux, traversée d’un petit passage à gué, et des pentes à plus de 35%.

L’ascension démarre à 1.400 m par la zone boisée de la piste de la Sarenne (célèbre pour être la piste noire de ski la plus longue du monde, avec ses 16 km de long et ses 2.000 m de dénivelé), pour une arrivée sur le Dôme des Petites Rousses, à 2.800 m, dans un paysage totalement minéral. Les paysages traversés étaient à couper le souffle, surtout après avoir aperçu le lac blanc, situé à 2.525m.

Sans suspense, ces pick-up se montrent tout de suite à leur aise, puisqu’il s’agit de leur terrain de prédilection. Et comme anticipé, c’est le VW qui a plus de mal à passer quand le terrain devient très exigeant. Seul à ne pas avoir recourt à une boite courte, il ne peut faire confiance qu’à son électronique pour répartir le couple sur la bonne roue. Malgré tout, j’ai réussi à monter les 37 % de la piste caillouteuse enchevêtrée de bosses et de trous. Impressionnant ! Pour les 3 autres, c’est une balade de santé, boite courte et différentiel bloqué, ils s’affranchissent du moindre obstacle sans un seul sentiment de faiblesse. Pas de doute, ce sont des vrais 4×4 !

La grande surprise de ce test off-road, c’est le Ford. Je ne m’attendais pas à ce que le Ranger soit aussi à l’aise dans le cassant. Avec son cinq cylindres coupleux, il est capable de gravir des montagnes dans un confort étonnant.

Les spécificités techniques de ces pick-up sont très variables. Le meilleur franchisseur de tous est l’Hilux. Le Toyota possède une garde au sol de près de 300 mm, et des angles d’attaques et de fuites proche de 30°. Le L200 est loin derrière, avec seulement 205 mm de garde au sol. Quant au Ford, il est très homogène, avec 230 mm de G.A.S, et 28° d’angle d’attaque et de fuite. Pour finir, le VW ne démérite pas, avec 226 mm sous le plancher, et 29,5° d’angle d’attaque. Mais il possède un angle de fuite de seulement 18°, qui limitera ses passages dans les trous.

Bilan

Ces essais ont mis en évidence les qualités très différentes de ces 4 pick-up. Pour les travailleurs qui ont besoin de pouvoir passer partout, le choix s’orientera naturellement sur Mitsubishi ou le Toyota, avec leur réputation d’indestructibibilité (NDLR : je vous conseille de regarder le mythique essai du Hilux par Top Gear pour vous en convaincre…). Le L200 est moins cher (à partir de 41.900 €), mais le Hilux peut profiter de bien meilleures capacités franchissement en tout terrain (tarifs à partir de 43.700 €).

Le VW sera choisi par les familles voulant de temps en temps s’échapper sur des chemins non carrossés. Le plus confortable et le plus agréable à conduire de tous, c’est justement l‘Amarok. Il est le seul à bénéficier d’un V6 et d’une boite automatique à 8 rapports. Il est aussi le plus cher du lot, avec un tarif pouvant atteindre 58.000 € !

Enfin, le Ford est le véhicule des compromis. Aussi à l’aise sur la route qu’en tout terrain, le Ranger séduira un large public par ses équipements riches et sa capacité d’adaptation au terrain. D’autant plus qu’il est le moins cher de notre comparatif, avec des prix commençant à 41.800 €.