L’électrique, version grand public

Lancée en 2011, la première génération de Nissan Leaf a permis au constructeur Japonais de devenir le leader mondial du véhicule électrique. Ecoulée à plus de 300.000 exemplaires dans le monde (dont 12.000 sur le marché Français), la compacte électrique revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec un second opus qui entend aller encore plus loin, d’un point de vue commercial, mais aussi technologique. Nous sommes parti l’essayer dans les environs de Nice.

La nouvelle Nissan Leaf.

Une ligne plus dynamique et affirmée

D’un point de vue esthétique, la nouvelle Leaf fait table rase du passé. Exit la compacte très rondouillarde, au look proche d’un batracien, place à une auto résolument dynamique.

La face avant est ainsi plus expressive, avec sa calandre en V, et ses phares en forme de boomerang. Le profil est également plus nerveux, avec une ceinture de caisse haute, et des jantes allant jusqu’à 17 pouces, tout en offrant un excellent aérodynanisme, avec un Cx de 0,28.

Mais c’est à l’arrière que les changements sont les plus significatifs. Les rondeurs omniprésentes de l’ancienne génération sont ici remplacées par des lignes vives, soulignées par des éléments de carrosserie peints en noir : bandeau de hayon, baquet, ou encore diffuseur. Si le style de l’auto rentre un peu dans le rang du point de vue stylistique, elle laisse en revanche une impression plus valorisante. Ces bonnes impressions se prolongent à l’intérieur.

Un habitacle plus sérieux, mais une habitabilité un peu décevante

Dès qu’on se glisse à l’intérieur de la nouvelle Leaf, les progrès sautent aux yeux. Bien plus sérieuse que celle de sa devancière, la planche de bord offre une qualité perçue en belle progression, et marque une montée en gamme indéniable.

Si certains pourront lui reprocher son côté un peu « brut de fonderie » d’un point de vue esthétique, les matériaux utilisés sont plus qualitatifs qu’avant, avec une caquette en cuir assortie de jolies surpiqures bleues sur notre version d’essai, et une sellerie très valorisante.

Le volant est bien plus valorisant que sur l’ancienne génération, avec son méplat et ses inserts en aluminium.

Même si la montée en gamme est flagrante, il reste encore du chemin à parcourir à l’auto pour atteindre la qualité de finition d’une Volkswagen e-Golf. Ainsi, les plastiques utilisés restent majoritairement rigides, et certains éléments manquent cruellement de distinction, comme les commandes de sièges chauffants, dignes d’une production des années 90 !

Les habitués de la première génération retrouveront avec plaisir le sélecteur de vitesse en forme de champignon, plutôt ergonomique à l’usage.

Assez simple à l’usage, le système multimédia affiche en revanche un graphisme déjà daté.

Batteries obligent, la position de conduite est trop haute à notre goût, et les grands gabarits seront pénalisés par le volant, positionné trop bas. Globalement, et malgré son gabarit conséquent (elle mesure 4,49 m de long), la Leaf dispose d’un espace assez compté aux places arrières, avec notamment une garde au toit limitée. En revanche, le coffre offre un volume en nette progression, puisqu’il embarque désormais 65 dm3 de bagages supplémentaires.

Plus logeable qu’avant, le coffre est affublé d’un caisse de basse mal implanté, qui grève l’espace disponible, et qui est surtout très exposés aux chocs.

Des performances en nette progression, et une tenue de route bluffante !

Pour cette seconde génération, la Leaf s’offre une belle cure de vitamines. Sa puissance passe en effet de 109 à 150 ch, pour un couple maximal de 320 Nm. Les performances font logiquement un bond en avant : le 0 à 100 km/h est bouclé en 7,9 secondes, et les reprises au delà de cette allure progressent sensiblement (là où une Zoé a précisément tendance à s’essouffler). A l’usage, cette vivacité est très appréciable, et permet de laisser « sur place » une bonne partie du parc des véhicules thermiques.

Les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là : la capacité des batteries est revue à la hausse, puisqu’elles stockent désormais 40 kWh, soit 10 de plus que la première génération. Evidemment, cela profite directement à l’autonomie, puisque Nissan annonce 378 km de rayon d’action en cycle NEDC, et 270 km en mixte selon le nouveau (et bien plus réaliste) cycle WLTP. Sur notre essai mêlant tous types de parcours, l’autonomie aura été d’environ 200 km, ce qui est très honorable au vu de la conduite pas du tout « eco-friendly » adoptée avec le collègue Ancelin de BlogAutomobile.

Pour une recharge, comptez 7 heures sur un système mural renforcé (7 kW), et entre 40 et 60 minutes pour regagner 80 % de batterie sur un système de charge rapide (50 kW). A noter à ce sujet que Nissan dispose d’un réseau de 4.700 bornes de recharge rapide en Europe, dont 350 bornes « Chademo » en France, qui sont gratuites.

Les batteries de la Leaf sont implantées sous le plancher.

Plus que sa vivacité ou son autonomie en progression, c’est la tenue de route qui nous aura le plus agréablement surpris sur cette nouvelle Leaf. Prenant très peu de roulis, la compacté électrique se sera montrée indéboulonnable sur les petites routes du Var. Malgré son poids élevé (à vide comptez au moins 1.505 kg) et sa monte pneumatique « verte », l’auto ne sous-vire que lorsqu’on la pousse dans ses derniers retranchements, et toujours de façon progressive. Nous n’en attendions pas autant de la part d’une auto électrique « grand public », même si on peut tout de même lui reprocher sa direction manquant de ressenti. Le confort est très correct dans son ensemble, même si on note quelque trépidations à basse vitesse.

La Leaf Tekna dispose en série de la technologie ProPILOT de conduite assistée.

Côté technologie, la nouvelle Leaf peut dorénavant disposer du système « ProPILOT » de conduite assistée, qui maintient l’auto dans sa voie en respectant les distances de sécurité, et que nous n’avons malheureusement pas eu le temps de tester. En revanche, nous avons pu essayer la technologie e-Pedal, qui permet de se passer de la pédale de frein dans l’immense majorité des cas. Le principe est simple : lorsque le conducteur relâche l’accélérateur, la voiture s’arrête complètement et progressivement, sans avoir besoin d’utiliser la pédale de frein, en générant un taux de décélération de 0,2 g, Au final, Nissan annonce que ce système permet de se contenter de la seule pédale d’accélérateur dans 90 % des cas, et on est très tenté de le croire !

Les tarifs de la nouvelle Leaf

La gamme Leaf débute à 27.900 Euros en finition Visia, avec le bonus gouvernemental de 6.000 Euros. La finition haut de gamme Tekna est affichée à 32.900 Euros, avec une dotation de série pléthorique : technologie de conduite assistée ProPILOT, sellerie Cuir, système audio BOSE 7 HP, feux avant à LED… Des tarifs plutôt compétitifs (une e-Golf débute à 33.560 Euros), d’autant plus que contrairement à une Zoé (relire notre essai de la Zoé Z.E. 40), la batterie fait partie du « package ».

Points positifs :

+ Ligne plus dynamique et valorisante

+ Performances et une autonomie en net progrès

+ Tenue de route bluffante

+ Contenu technologique

Points négatifs :

– Quelques trépidations de suspensions

– Habitabilité aux places arrières

– Quelques matériaux/commandes un peu cheap

Conclusion : Une belle progression !

Vous l’aurez compris au travers de ces quelques lignes : cette nouvelle Nissan Leaf rend une copie en nette progression. Indéniablement réussie, elle démontre à qui veut l’entendre que oui, il est possible de s’offrir un véhicule électrique performant et bien doté tout en conservant un budget encore « raisonnable », n’en déplaise notamment à Tesla. A n’en pas douter, la nouvelle Leaf devrait ravir ses propriétaires, et peut-être renouveler l’exploit de son aînée, plébiscitée par sa clientèle, avec un taux de satisfaction de 94 % !


 

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