Autostadt, ou comment visiter l'Allemagne en mode "Das Auto" ?

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Autostadt, ou comment visiter l’Allemagne en mode « Das Auto » ?

Pendant 24h, je me suis glissé au pays de Volkswagen dans cette enceinte baptisée Autostadt (Cité de l’automobile). Passable ? Vaut le détour ? Exceptionnel ? Réponses.

Bien plus que le siège du groupe

Wolfsburg. Cette juxtaposition de consonnes à rendre envieux tout orthophoniste pourrait bien vous rendre tout aussi enchanté. En effet, dans cette ville, nichée au cœur de l’Allemagne, se dresse le siège social de Volkswagen AG. Pourtant, rien de bien jouissif me direz vous, puisque l’on imagine dès lors ces séries de grands et beaux open-spaces confinés des regards indiscrets. En somme, des locaux à l’image de l’un des plus grand constructeur automobile du monde. Mais il y a également l’Autostadt.

La centrale électrique, emblème du site, ressource la ville toute entière

La centrale électrique, emblème du site, ressource la ville toute entière

Il en est bien plus, car ce statut que l’on ne peut cacher d’humilité mérite bien plus qu’une tour d’argent. Au pays de l’automobile, du DTM, du Nürburgring, de l’Autobahn, de la 911, de Michael Schumacher, de toutes ces légendes humaines et matérielles et dont une bonne partie est liée à la légende contemporaine et historique du groupe, le constructeur invite tout un chacun à visiter ses installations. Et non des moindres puisque l’on parle là de l’usine automobile qui à vu plus de 43 millions de véhicules sortir de ses chaines de production depuis 1946, dont 30 millions de Golf.

Pourtant, cette usine ne suffit pas à fédérer à elle seule le grand publique autour sa production. Là où la passion automobile d’outre-Rhin représente un symbole mondial, alors qu’il vend des voitures au peuple, VW propose depuis 2000 un parc de loisirs dédié à l’automobile et à la culture, à travers des activités bien rodées pour petits et grands. Ce malin concept permet de prolonger sa philosophie de “l’entreprise du peuple”, avec l’idée de rapprocher les visiteurs des 50.000 employés Volkswagen AG de Wolfsburg.
Pendant 24h, je me suis glissé au pays de Volkswagen dans cette enceinte baptisée Autostadt (Cité de l’automobile). Passable ? Vaut le détour ? Exceptionnel ? Réponses.

Golfsburgement Wolfsburg

Avant de s’immiscer dans les antres du constructeurs Allemand, le passage s’avère obligatoire par les boulevards de Wolfsburg dont les citoyens nous accueillent tous, sans surprise, en présentant la gamme complète du groupe. L’explosion démographique ayant débuté en corrélation avec l’usine et le lancement de la Coccinelle, toute la ville vit au rythme de Volkswagen : 1000 habitants en 1938, 25 000 en 1950, plus de 120 000 aujourd’hui dans son agglomération.
Toute la ville vie au rythme du site de production. Si l’usine n’existait pas, la ville ne serait qu’un simple village. Anecdotiquement, rappelez-vous que pour le lancement de la Golf V en 2003, Wolfsburg s’est fait appelé Golfsburg, durant 6 semaines !

Le Temps raconte la vie des citoyens à Wolfsburg.

L’Autostadt, le futuroscope en version VW

Ouvert en 2000, l’Autostadt a accueilli 2,2 millions de visiteurs en 2016, dont l’entrée plein tarif coûte 15€. Voici un tour d’horizon de ce qu’il est possible de trouver aux confins de « das Werk » (l’usine). S’amuser, découvrir, apprendre, s’interroger, s’est possible chez Volkswagen qui souhaite montrer son savoir-faire technologique et ses valeurs (très « corporate ») à travers la connaissance, la culture et l’art, dans une atmosphère moderne et incomparable. Hotel et restaurants font parti de ce plaisant endroit, mais pas uniquement ! Notre ami Niko, rédacteur chez Boitier Rouge, nous raconte justement une tradition étonnante du site.

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En décembre, la gigantesque patinoire est bordée par le marché de Noël comme les allemands savent les faire

Visite de l’usine, là où tout débute pour une Volkswagen

Ici remonte toute l’âme de Wolfsburg, là où tout à commencé à l’entre-deux guerre. Remontez 70 ans dans le temps à l’usine sur becombi. Bien que l’on nous montre ce que l’on veut bien nous montrer, il est tout à fait salutaire de voir qu’un tel site de production soit ouvert au public, organisant des visites quotidiennes. Ainsi, l’on peut voir et ressentir l’atmosphère d’un site aussi historique que LA grande usine de Volkswagen. La visite commence par un film de présentation de l’usine. Dans un second temps, la visite se déroulera sur un « chariot à touristes »  tractée par une surprenante Golf transformée que l’on aurait souhaité électrique (question d’effluves…). Petit malaise tout de même lorsque l’on se balade ainsi au milieu des gars qui triment en 3×8… Entre temps nous auront croisé le chemin d’un couloir dont on ne voit pas le bout, établissant l’échelle gigantesque des installations plus d’un kilomètre de long tout de même. Les photos étant interdites à l’intérieur et aux abord des locaux, j’ai malheureusement peu de choses à vous montrer.

Notre moyen de locomotion pour l'occasion

Notre moyen de locomotion pour l’occasion

Sont aujourd’hui produits à Wolfsburg, les Golf, Golf Sportsvan, Touran et Tiguan. 3.800 véhicules par jour, une toutes les 18 secondes, sortent des longs murs en briques du site, dont les deux tiers avec la fameuse plateforme MQB (le châssis modulaire). Pas moins de 2.700 tonnes d’acier galvanisé par jour sont réceptionnées. Au total, on compte sur le site 160 kilomètres de lignes de production. Elles forment un imbroglio d’allées disparates se faufilant entre les 2.000 robots Kuka et Fanuc s’animant dans un balais saccadé. Les presses d’emboutissages s’ébrouent en rythme dans un grand vacarme. Elles fournissent, en interne, la plupart des pièces de structure et de peau (d’extérieur) du véhicule.

Le svéhicules sont convoyés sur des balancelles inclinables

« Le mariage » est l’étape la plus symbolique, et même, osons dire la plus poétique par son appellation. Elle consiste en l’association du châssis avec sa carrosserie en une dizaine de secondes. Le véhicule prendra dès lors place sur des balancelles tournante afin de faciliter l’ergonomie des opérations et réduire les temps de manutention.

Petit tour de la production avec quelques vidéos trouvées au fond du net, à l’époque avec la Golf VI :

Ainsi, de l’emboutissage à la validation en assurance qualité, un Tiguan est produit en deux jours de fabrication, tandis que son châssis est terminé en 4 heures. Le spectacle est à voir absolument pour les curieux et passionnés. Attention à bien se renseigner au moins une semaine à l’avance car les places sont comptées à certaines périodes.

Le musée Zeithaus, la réserve Volkswagen en plein jour

Visite de l’usine mise à part, le Zeithaus (maison de temps) est sans doute l’endroit à ne rater sous aucun prétexte. Il s’agit d’un musée en deux parties : la première est dédiée aux modèles marquants du groupe à travers l’histoire, la seconde rassemble des marques de tous les horizons ciblant avant tout le design automobile en général. Toutes ont une histoire particulière, et l’on apprend quelque chose de chacune d’elles. La façade extérieure latérale du bâtiment est entièrement vitrée, donnant aux voitures l’impression d’être déposées comme sur l’étagère de son bureau. Très beau !

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L’exposition évolue régulièrement.

Le centre des ventes, pour ceux qui ont signé le gros chèque

L’Autostadt n’est finalement qu’un prétexte lorsque l’heureux acheteur d’une Volkswagen vient chercher son nouveau joujou là où elle a été produite. Dans ce cas, les voitures sont entreposées dans deux superbes tours en verre de 50m de haut, permettant un stockage tampon total de 800 Volkswagen entre la ligne de production et la hall de livraison. En 2016, plus de 150.000 véhicules ont été livrés par ce biais, une option facturée pour le client… peut-être pas pour le salarié de chez Volkswagen (espérons-le…!!).

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Wolfsburg, les deux tours (en arrière plan), le centre des ventes (à droite), la baraque à Currywurst (au premier plan) mais là c’est fermé c’est pas l’heure :-)

Il est possible de monter en haut des tours via le même convoyeur utilisé pour stocker les voitures. Bonnes sensations si vous n’avez, comme moi, pas l’âme d’embrasser le vide. En haut, on a droit à une vue d’ensemble sur site de production et l’Autostadt. La vue au dessus des véhicules s’avère assez impressionnante, offrant une perspective inhabituelle. Y monter, pourquoi pas, mais à 8€ le tour de manège, rester en bas est aussi bien pour apprécier les allers et venues incessants des bras manipulateurs.

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L’heureux acheteur de sa nouvelle voiture se rendra dans la grande halle d’exposition où sont entreposés les véhicules en phase de livraison. Façon terminal d’aéroport, il s’agit d’attendre son tour dans un vaste espace un peu impersonnel, pour obtenir une livraison… personnalisée cette fois. Le temps de se faire expliquer toute les commandes de la grande liste d’options disponibles chez le constructeur allemand, faire un tour d’installation sur les échantillons de tous les revêtements du monde, la nouveau propriétaire n’en sera que ravi.

La zone d'attente de livraison, le nom du client s'affiche....

La zone d’attente de livraison, le nom du client s’affiche….

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Une grande allée simule tous les revêtements que l'on peut retrouver sur les routes

Une grande allée simule tous les revêtements que l’on peut retrouver sur les routes

Les pavillons des marques, huit univers à découvrir

Dans l’enceinte de l’Autostadt sont disséminés différents pavillons correspondants chacun à l’une des marques du groupe. On note la qualité architecturale de l’ensemble du site, moderne, diversifié à la fois tant concernant la construction des bâtiments que ses espaces extérieurs. Dehors comme dedans, on se sent bien, se promenant ça et là avec la curiosité de nos jeunes années à Disneyland. En Décembre, le marché de Noël s’anime comme les allemands savent le faire. Au bord de la patinoire, les odeurs gourmandes se dégagent de l’ambiance chaleureuse de la foule.
Porsche, Skoda, Lamborghini, Seat, Bugatti, Audi et évidemment Volkswagen, sans oublier ses utilitaires, personne n’est oublié et tous transmettent leurs différentes émotions.
Mention spéciale au pavillon abritant une Bugatti Veyron plaquée d’argent un soupçon ostentatoire. L’on se prend au jeu de tourner autour de la bête, dévoilant sans cesse un profil inédit, façon kaléidoscope. Pour le reste, « bien », sans pour autant en devenir extasiant : dans un espace aux airs du mondial de automobile parisien amélioré, version cosy.

L’exposition permanente,

L’exposition permanente met l’accent principalement sur les enjeux écologiques mondiaux. Ainsi, sont présentés de manière interactive les jeux et enjeux du développement durable, dans un espace architectural étonnant. Designer, Julia Lohmann s’intéresse aux alternatives durables par rapport aux matériaux traditionnels avec l’utilisation d’algues. De quoi alimenter les grands débats d’actualité entre amis ou en famille. Volkswagen fera le dos rond sur son propre cas, car le sujet, lui, paraît plutôt objectif dans ses grandes lignes.
Une partie est dédiée à Volkswagen dans ses généralités. L’on retient notamment un éclaté d’une voiture (en fait plusieurs différentes en représentant une seule…) en taille réelle, scindant les grandes phases de la construction d’un véhicule. Une salle de cinéma XXL nous plonge un peu plus dans les valeurs et inspirations du groupe via des courts métrages immersifs. Le tout est présenté en Allemand et en Anglais dans une didactique interactive adaptée à tous.

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Les séances d’essais

L’Autostadt permet de découvrir certains modèles et différentes conduites grâce à des pistes de tests. Il est possible d’effectuer un stage d’éco-conduite (30min / 17€), un stage « sécurité » (1h / 28€) ou un stage 4×4 en Touareg ou Tiguan (30min / 25€).

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Ainsi j’ai pu découvrir le Tiguan sur une piste de 4×4. Mathias avait déjà pu mettre en relief les qualités du SUV. Changement de pont, maniabilité, passage en équilibre, monte et descente d’escalier, l’attraction est plutôt rigolote bien qu’un peu aseptisée… ça manque un peu de terre et de boue ! Le Tiguan, était un 4motion en boite automatique DSG. Dans ces conditions, il se conduit réellement facilement. Les descentes raides sont gérées électroniquement sans toucher aucune pédale, la motricité est bluffante même lorsqu’il s’agit de mettre pied au plancher en plein milieu des changements de pont. Évidemment, sur tarmac, ça passe… Pour mon baptême de conduite en « tout-terrains », j’ai apprécié l’aspect ludique de la piste qui impressionne au premier passage.

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Mon avis

L’Autostadt est donc bel est bien un espace dédié à la découverte de l’automobile tout autant qu’à l’approche culturelle. Il est conseillé d’y rester deux jours. Mais si l’Autostadt en vaut largement le passage, il n’est pas forcément justifié d’y faire le voyage, à moins d’être un aficionados de VW. Et après tout, Wolfsburg n’est qu’à 2h30 de Berlin…

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Maxence Pierre