Tokyo Xtreme Racer PS5 : Le retour de la légende du street racing japonais (Test & Avis)
Près de vingt ans après le dernier véritable opus principal, Tokyo Xtreme Racer fait enfin son grand retour sur PlayStation 5. Développé par Genki, ce nouvel épisode propulsé par l’Unreal Engine propose des graphismes fluides et un panel de voitures actualisé. Pourtant, malgré cette mise à jour technique, le jeu reste farouchement fidèle à l’esprit des années 90 : une approche à la fois irrésistible et parfois exaspérante. Un vrai retour aux sources pour les amateurs de street racing japonais.
Qu’est-ce que Tokyo Xtreme Racer ?
Pour ceux qui découvrent la série, un petit rappel s’impose. Tokyo Xtreme Racer, ou TXR pour les initiés, est un véritable objet de culte en Occident. Né au milieu des années 90 chez Genki (puis GRP), il s’est décliné sur presque toutes les consoles, avec même un passage discret sur PC. Pour beaucoup de fans, les meilleurs épisodes restent ceux sortis sur PS2, notamment TXR Zero et TXR 3.
La série a porté plusieurs noms selon les régions : Shutoko Battle au Japon, Tokyo Highway Battle, Import Tuner Challenge ou encore Street Supremacy sur PSP. Elle compte aussi des spin-offs comme la saga Kaido Battle / Touge, plus orientée montagne et drift. En salle d’arcade Genki à sorti une série annexe Wangan Midnight qui depuis 8 ans à plus ou moins son épisode annuel.
Mais le cœur de la licence repose sur une réalité bien concrète : le street racing nocturne sur le réseau autoroutier de Tokyo (le Shuto Expressway). Le C1 Loop, le Wangan, la Bayshore ou le célèbre parking de Daikoku sont devenus des lieux mythiques. Cette autoroute, banale le jour, se transforme la nuit en terrain de jeu pour les pilotes qui y expriment leur passion. Cette culture automobile japonaise a inspiré films, émissions et, bien sûr, de nombreux jeux.

Un gameplay unique et addictif
Une fois sur « le periph' », le principe est simple et addictif : vous repérez un rival, vous lui faites des appels de phares pour le défier, et la course commence. Il ne s’agit pas d’une course classique, mais d’un SP Battle. Chaque pilote dispose d’une barre d’énergie (un peu comme dans Street Fighter ou Mortal Kombat). En creusant l’écart ou en percutant l’adversaire, vous videz sa jauge. Le premier à épuiser celle de l’autre remporte la victoire.
Les victoires vous rapportent des BP (pour débloquer de nouvelles voitures et améliorations) et des CP (la monnaie du jeu). L’objectif ultime ? Vaincre tous les pilotes, leurs équipes et leurs boss pour dominer le réseau autoroutier.
Une progression lente, exigeante… et gratifiante
Si vous aimez les progrès rapides et les hypercars à 2000 chevaux, façon GT7, passez votre chemin. Ici, on commence modestement et on avance à la sueur de son front. Une Toyota Supra de base peut demander plus de vingt heures avant de devenir vraiment compétitive. Même un simple camion fait partie des véhicules tardifs, et il faut mériter chaque upgrade. Et forcément, plus les upgrades sont performantes et plus elles sont hors de prix !
Le système de déblocage est particulièrement retors. Pour obtenir du nitro, par exemple, il ne suffit pas d’avoir de l’argent : il faut d’abord accumuler assez de BP, débloquer les bons éléments dans le bon ordre, puis battre un Wanderer -concurrent- spécifique dont on apprend l’existence en écoutant les conversations aux différents parkings, véritable airs de rencontre. Cette tache (répétitive) old-school peut frustrer, mais pour beaucoup, c’est précisément ce qui fait le sel du jeu.
Le charme d’un jeu sans concessions modernes
Tokyo Xtreme Racer assume pleinement son héritage. Pas de connexion en ligne nécessaire, pas de battle pass, pas d’emotes ni de classements mondiaux. On retrouve avec plaisir le sentiment des jeux « complets » d’autrefois. Les noms de pilotes et d’équipes sont souvent absurdes et attachants (« Milieu de la semaine Faucon », « Tenace Effronté » ou « L’Homme qui se soucie de son ventre »), typiques de l’humour décalé de la série.
Les SP Battles restent courts, intenses et variés selon la voiture choisie : surchauffe, usure des pneus, gestion de la température d’huile… tout cela oblige à retourner régulièrement au garage, créant une boucle de jeu prenante. Chaque rentré au garage consomme une journée et chaque jour de la semaine peut voir un concurrent spécifique apparaitre. Faites-y très attention.
Des défauts qui se font sentir
Malgré ses qualités, le jeu n’est pas exempt de reproches. Les temps de chargement, par exemple, entre l’autoroute et le garage restent trop longs et cassent le rythme. La maniabilité est accessible, parfois même un peu trop permissive, et l’IA alterne entre ultra-agressive et complètement inoffensive. Votre volant sera détecté et fonctionnel. Cependant, sur notre Fanatec, les retour de force sont absents… pour le moment. Visuellement, le titre est tout à fait correct, avec un excellent photo mode, mais il ne révolutionne rien. La sensation de vitesse est là et les moteurs des différentes légendes
Indispensable… pour les fans !
Tokyo Xtreme Racer sur PS5 est un jeu pour les fans. Il est en retard sur son temps, et c’est justement ce qui fait son charme. Si vous êtes prêt à accepter une progression lente, un grind assumé et une formule vieille de vingt ans, vous risquez d’y passer des dizaines d’heures avec le sourire. Pour les autres, il paraîtra probablement daté et frustrant.
Un titre niche, sincère et attachant, qui prouve que parfois, « si ce n’est pas cassé, on ne répare pas ». Les puristes du JDM vont adorer. Les autres… probablement pas. Et c’est très bien comme ça.
心より厚く御礼申し上げます、Genki様。
Tokyo Xtreme Racer
Tokyo Xtreme RacerLes Forces
- Le retour de la légende !
- Un panel de véhicules japonais vraiment sexy
- Le véritable Shuto Expressway
Les Faiblesses
- Des temps de chargement un peu lent
- Une progression sans doute rédhibitoire pour certains
- Pas de retour de force sur les volants (Fanatec)