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Essai : BMW iX : Un changement de direction réussi ?


iX : La plus singulière des BMW à l’essai

N’en déplaise à certains, BMW a un vrai savoir-faire en matière de véhicules électrifiés/électrique. L’atypique BMW i3, premier véhicule électrique de la marque arpente en effet nos route depuis 2013, et BMW vient de livrer sa millionième voiture électrifiée. Et ce n’est pas près de s’arrêter, puisque c’est à une véritable offensive électrique que la marque se livre en cette fin 2021. Outre la sculpturale i4 (la version électrique de la Série 4 Gran Coupé), le constructeur à l’hélice lance en effet son premier SUV 100% électrique : le BMW iX. Radicalement différent, l’iX casse les codes à plus d’un titre, et marque un véritable changement de direction dans la stratégie électrique de BMW. Après avoir été intrigué par les premiers clichés officiels, j’ai enfin pu me glisser derrière le volant du BMW iX, afin de découvrir ce qui se cache sous sa plastique pour le moins… singulière.

Un look ouvertement clivant

Comme je le disais en introduction, BMW casse les codes avec ce nouveau iX. A l’exception de sa calandre verticale (le nouveau gimmick maison), l’iX diffère en effet radicalement du reste de la gamme BMW. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a que faire de plaire à tout le monde. Singulier, son style pourra en rebuter certains, mais il met au moins tout le monde d’accord sur un point : il ne laisse personne indifférent.

Brouillant les pistes, le BMW iX est comparable au X5 en terme de longueur (4,95 m) et de largeur, au X6 en hauteur, et au X7 s’agissant de la taille des jantes. L’absence quasi-totale de « lignes de caractère » (pour reprendre l’expression utilisée par BMW) lui donne un aspect épuré et lisse, presque monolithique. Dans ce même ordre d’idée, ses poignées de porte sont affleurantes, et ses phares et feux sont les plus fins jamais dessinés sur une BMW.

Ne vous fiez pas à son impressionnante proue : ce iX est très aérodynamique, avec une valeur de Cx à 0,25, un chiffre exceptionnel pour un engin de cette taille. Pour arriver à ce tour de force, les ingénieurs BMW ont travaillé tout ce qui pouvait l’être : rétroviseurs, jantes, fenêtres dépourvues de cadre, calandre fermée…

Véritable bijou technologique, la calandre dissimule au total 5 caméras et 12 capteurs à ultrasons, et est chauffante. Avec son revêtement en polyuréthane, elle est même capable de se régénérer lorsqu’on la chauffe, par exemple avec un sèche-cheveux !

Un des habitacles les plus agréables de la production automobile actuelle

Si la plastique du BMW iX est clivante, son habitacle met tout le monde d’accord. Ce n’est pas un hasard : BMW assume avoir adopté une approche nouvelle pour la conception de son SUV électrique, en commençant son dessin par l’intérieur. Et le résultat est indiscutablement à la hauteur. Mieux que ça : à mon sens, il offre l’un des habitacles les plus agréables de la production automobile actuelle.

Dès qu’on ferme la portière, on se sent immédiatement à l’aise, comme dans un cocon. Marqué par des surfaces horizontales et plutôt minimaliste dans sa présentation, l’habitacle BMW iX témoigne d’un soin du détail omniprésent.

Le mariage des différentes matières (cuir, bois, tissu, aluminium brossé…) est remarquable, et il en va de même pour la qualité de fabrication globale. Surtout, j’avoue avoir eu un véritable coup de coeur pour les applications intérieures « Clear&Bold » optionnelles, en verre de crystal poli, qui renforcent encore l’impression haut de gamme.

Trois ambiances intérieures au choix

Notez à ce sujet que le BMX iX offre trois ambiances intérieures au choix :

  • « Atelier » (de série), avec surfaces Sensatec (un simili-cuir)
  • « Loft » (+ 550 Euros), mêlant tissu et microfibres
  • « Suite » (+ 3.550 Euros), qui fait la part belle au cuir naturel (c’est la finition de mon modèle d’essai)
Le BMW iX en finition « Loft », avec sièges et planche de bord mêlant tissu et micro-fibres.

Dans tous les cas, BMW indique avoir maximisé le recours à des matériaux recyclés : pour l’aluminium, le bois (labellisé FSC), le cuir tanné avec de l’extrait de feuille d’olivier (vous comprenez maintenant pourquoi ce symbole est présent sur le bandeau central !), et enfin (et non des moindres) les revêtements et tapis de sol, fabriqués à base de filets de pêche recyclés.

Mon seul regret est à retrouver au niveau de la console centrale, revêtue d’un plastique rigide qui détonne avec le reste. BMW se targue d’embarquer 60 kg de plastique recyclé dans chaque iX : ceci explique peut-être cela.

Un espace à bord de premier ordre

Grâce à son architecture dédiée, le BMW iX est dénué de tunnel central. Libéré de cette entrave, il offre par conséquent un plancher parfaitement plat, au grand bénéfice de l’espace à bord, et des espaces de rangement. Il offre un espace arrière digne d’une Série 7 : l’espace aux genoux et à la tête est remarquable. 2 ports USB-C sont implantés aux dos de chaque siège avant, et les passagers arrière peuvent disposer également d’une commande de ventilation séparée. En revanche, le passager central ne sera pas aussi choyé que ses camarades : le dossier est beaucoup plus rude pour le dos au centre. 

Avec ses larges surfaces vitrées et son immense toit panoramique à opacité variable, le BMW iX offre une clarté assez remarquable.

En revanche, le volume du coffre apparait moyen pour un véhicule aussi grand : il n’offre « que » 500 litres de chargement. Fort heureusement, un espace de rangement pour les câbles est prévu sous le plancher du coffre. Notez par ailleurs que le capot avant est fixe, condamnant par la même occasion la possibilité de bénéficier d’un espace de chargement supplémentaire (comme chez Tesla par exemple).

Une des meilleures interfaces numériques du marché

Le BMW iX est le premier modèle à l’hélice à recevoir la nouvelle génération du système BMW iDrive. Cette nouvelle interface (basée sur le nouveau système d’exploitation BMW OS 8.0) repose sur un imposant écran tactile incurvé. Baptisé « BMW Curved Display », il se compose d’un écran de 12,3 pouces pour l’instrumentation, et d’une unité de 14,9 pouces pour le système d’infodivertissement.

Cette interface est un régal à l’usage : ses graphismes sont très soignés, et elle fait preuve d’une fluidité à toute épreuve. Elle se compose de widgets (application de streaming audio, téléphone, ordinateur de bord, météo à destination…) qu’on peut personnaliser. Le traditionnel contrôleur rotatif est toujours de la partie, mais pour être honnête avec vous je ne l’ai pas utilisé de tout l’essai : l’écran tourné vers le conducteur tombe parfaitement sous la main, et on « pianote » dessus de façon naturelle. Notez par ailleurs que cette interface peut aussi être commandée avec la voix, grâce à l’assistant personnel intelligent BMW.

Disposant d’un nouveau processeur ultra-puissant, le BMW iX dispose d’une géniale (et je pèse mes mots) fonctionnalité de réalité augmentée pour la navigation. Concrètement, l’auto est capable d’afficher le chemin en réalité virtuelle sur l’écran central, via les images de la caméra avant. Très précis, ce système est capable de vous guider dans la bonne voie, et permet même de repérer au loin les changements de direction (rond-point, bretelle de sortie…). Notez par ailleurs que l’iX dispose en première mondiale de la 5G embarquée (elle devrait arriver courant 2022 sur le marché Français).

Facturée 4.850 Euros, l’installation audio Bowers & Wilkins « Diamond Sound » (avec 30 haut-parleurs et 1.615 watts !) offre une expérience époustouflante. Le son est cristallin, et l’impression d’être « enveloppé » par la musique est saisissante, avec des basses qui viennent vous caresser le dos. L’effet 4D promis par BMW est vraiment de la partie.

Les deux versions du BMW iX

Le BMW iX est disponible en deux versions, offrant chacune des performances et une autonomie différentes :

  • xDrive40 : transmission intégrale, 326 ch/630 Nm, batterie de 76,6 kW (brut), 0 à 100 km/h en 6,1 secs, jusqu’à 425 km d’autonomie
  • xDrive50 : transmission intégrale, 523 ch/765 Nm, batterie de 111,5 kW (brut), 0 à 100 km/h en 4,6 secs, jusqu’à 630 km d’autonomie
Les « dessous » du BMW iX.

Dans tous les cas, le système de charge est le même, et peut « absorber » jusqu’à 200 kW. Dans ces conditions, comptez 35 mn pour passer de 10 à 80 % de batterie : BMW annonce qu’il est possible de regagner 150 km d’autonomie en moins de 10 mn. Notez à ce sujet que la carte BMW Charging permet d’accéder à plus de 30.000 bornes en France, et que l’abonnement d’un an au service Ionity Plus est inclus : il permet d’accéder à 80 stations réparties sur le territoire Français, à un tarif préférentiel : 30 centimes la minute (contre 79 en temps normal).

Au volant du BMW iX

Pour cet essai, BMW nous a concocté une boucle complète au départ de Montigny-le-Bretonneux dans les Yvelines et à destination de l’Abbaye Royale de Fontevraud, dans le Maine-et-Loire. Un total de 325 km, alternant ville, voies rapides/autoroutes et départementales : de quoi me faire un bon avis sur l’iX (en l’occurence sa version xDrive50). Une précision importante : l’essai a été réalisé à la mi-décembre, avec des températures au diapason : 3 degrés celsius au départ de Montigny. Au moment de m’élancer justement, mon iX affiche 98% de batterie, et 421 km d’autonomie. 

Je l’évoquais plus haut, l’iX dispose d’une plate-forme inédite, réservée aux véhicules électriques. Il dispose de la 5ème génération de la technologie eDrive, avec ici un moteur synchrone à rotor bobiné disposé sur chaque essieu. Point important, cette technologie n’utilise pas d’aimant, et fait donc l’économie des décriées terres rares. Quant aux batteries, leur densité énergétique a été améliorée de 40 % par rapport à l’i3. 

La structure du BMW iX allie différents matériaux : fibre de carbone (alliage), acier à haute résistance, aluminium. On admire d’ailleurs la structure partiellement en carbone quand on ouvre la porte : effet garanti !

Mais j’arrête de vous abreuver de ces considérations techniques (un peu rébarbatives je dois bien l’avouer) pour vous parler de l’essentiel : les sensations.

Je commence avec le lieu-commun de l’essai de tous les véhicules électriques haut de gamme : l’exercice du 0 à 100 « pied dedans » (ne me jugez pas : tout le monde fait pareil !). Et le bilan est plus que positif : les performances de cette version xDrive50 sont saisissantes, pour ne pas dire dantesques (surtout qu’elles contrastent sensiblement avec l’impression de zénitude absolue qui règne au volant). Avalant le 0 à 100 km/h en 4,6 secs, le BMW iX est capable de vous coller au fond du siège à chaque accélération, et de laisser sur place à peu-près tout ce qui roule.

Un vrai (mais lourd) tapis volant

Un véritable tapis volant. C’est la sensation qui prime au volant du BMW iX, puisqu’on a littéralement l’impression de « voler » au dessus de la route, avec un amortissement qui avale les défauts de la route, et un silence de chaque instant (même sur autoroute). Grâce à la suspension pneumatique (sur les deux essieux), les grosses irrégularités à basse vitesse ne se font pas ressentir ( même en mode sport, c’est dire !).

Accusant 2.585 kg à vide dans cette version xDrive50, le BMW iX n’est évidemment pas une ballerine. Sur du petit sinueux, son poids conséquent se rappelle assez rapidement à notre bon souvenir, avec quelques mouvements de caisse intempestifs. Les choses s’améliorent en mode sport, et globalement l’auto offre un comportement routier efficace, à défaut d’être particulièrement affuté (mais est-ce bien sa vocation ?). En ville, et malgré son gabarit conséquent, le iX est étonnamment agile, et il braque plutôt court : merci les roues arrières directionnelles (de série sur la version xDrive50) !

Un BMW iX bardé de technologies

Le BMW iX dispose d’un impressionnant éventail d’aides à la conduite : régulateur de vitesse adaptatif (évidemment), adaptation automatique à la limitation de vitesse, assistant d’évitement et de circulation à contre-sens, avertisseur de croisement (…) sont ainsi de la partie, pour ne citer qu’elles.

Pour ma part, j’avoue avoir été bluffé par le système de régénération d’énergie, et plus précisément par son mode adaptatif. Concrètement, l’intensité de la régénération varie selon les conditions de circulation. Lorsque l’iX détecte un véhicule plus lent à l’approche devant, il va automatiquement augmenter la force de régénération. De la même manière, et grâce aux données de la navigation, il connait les zones où on est censé ralentir (rond-point, carrefour, baisse de la limitation de vitesse…), et augmente la régénération à leur approche. Grâce à ce système parfaitement au point, l’usage de la pédale de frein est réduit à portion congrue. Bluffant.

Je termine mon essai avec une consommation moyenne de 27 kWh/100, avec des conditions d’essai pas forcément favorables, un pied assez lourd, et sans avoir mégoté sur le confort à bord (chauffage, siège massant activé…). De quoi tabler sur une autonomie confortable d’environ 450 km « dans la vie réelle », et bien évidemment plus si les conditions s’y prêtent.

Les tarifs du BMW iX

Le BMW iX débute à 86.250 Euros (xDrive40), la version xDrive50 réclamant quant à elle 103.500 Euros. Il n’y a pas de finition à proprement parler : il faudra donc recourir à des packs d’option pour « upgrader » son iX. Il est également possible de prendre les options de façon individuelle. Dans tous les cas, l’addition grimpe vite. Par ailleurs, certains équipements facturés en option auraient mérités d’être intégrés à la dotation de série : c’est le cas du volant chauffant, de l’accès confort, ou encore du Drive Assist Pro. Au final, on arrive vite au seuil des 120.000 Euros pour disposer d’un niveau d’équipement en parfaite adéquation avec le niveau de prestations du BMW iX. Enfin, notez qu’une version M60 offrant plus de 600 ch et aux liaisons au sol plus sportives arrivera prochainement.

Conclusion : Un OVNI qui ne manque pas d’arguments

Elitiste par ses tarifs, clivant par son style extérieur et reposant sur une architecture dédiée, le BMW iX cultive sa différence. Si vous recherchez un véhicule consensuel, vous pouvez passer votre chemin. En revanche, si vous recherchez un grand SUV électrique offrant un raffinement intérieur au dessus du lot, une technologie embarquée très poussée et un niveau de confort digne d’une limousine, cela ne fait aucun doute : vous avez trouvé à qui parler…


BMW iX

On aime

  • L'habitacle, très raffiné et original (matériaux utilisés, présentation)
  • L'espace intérieur, la clarté de l'habitacle
  • L'interface numérique, l'une des meilleures disponibles
  • Le confort exceptionnel (suspensions, niveau sonore)
  • Les performances de cette version xDrive50

On aime moins

  • Le volume du coffre, juste moyen
  • Le poids conséquent, qui se ressent dans les virages les plus serrés
  • Les tarifs, résolument élitistes