WRC : 83e Rallye Monte-Carlo

Il y a exactement 30 ans, Ari Vatanen remportait le 53e Rallye Monte-Carlo, associé à Terry Harryman à bord d’une Peugeot 205 T16. Et ce malgré une pénalité de 8 minutes pour une banale erreur de pointage…

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Mais ce « Finlandais volant », champion du monde des pilotes 1981 sur une Ford Escort RS1800, qui fit successivement briller les couleurs d’Opel, Peugeot, BMW, Mitsubishi, Subaru et donc de Ford en rallyes, en signant 65 victoires sur les plus improbables routes de la planète, n’est pas le genre d’homme à baisser les bras. Aussi agressif et efficace au volant que gentleman dans la vie, Ari a par ailleurs signé quatre victoires au Paris-Dakar et une dans la course de côte américaine de Pikes Peak. Etonnez vous, après celà, qu’aujourd’hui encore chacune des apparition du « Grand Ari » provoque des vagues de passion et d’émotions.

A l'automne 2012, au rallye Terre de Vaucluse, leçon de chose mécanique par l'ex-champion du monde des rallyes Ari Vatanen - vainqueur du Monte-Carlo 1985 sur une Peugeot 205 T16 - autour d'une Citroën Visa 1000 Pistes. Sous l'oeil intéressé des anciens et des modernes, dont Max l'un de ses dignes héritiers Photo : Charles-Bernard Adreani

A l’automne 2012, au rallye Terre de Vaucluse, leçon de chose mécanique par l’ex-champion du monde des rallyes Ari Vatanen – vainqueur du Monte-Carlo 1985 sur une Peugeot 205 T16 – autour d’une Citroën Visa 1000 Pistes. Sous l’oeil intéressé des anciens et des modernes, dont Max l’un de ses dignes héritiers

Jeudi dernier, l’un des ses fils, Max, s’est élancé à l’assaut d’un géant nommé Rallye Monte-Carlo, 83e du nom, pour tenter d’en découvrir les secrets de la légende. Et il a frappé fort en remportant sa catégorie !

« Une vieille Ford Fiesta R2 »

Trois décennies plus tard, Vatanen était au départ du 83e rallye Monte-Carlo. Pas Ari mais l’un des ses fils, Max, 24 ans, dont les études à la SKEMA business School de Sophia Antipolis, dans l’arrière-pays Niçois, se sont soldées par un Bachelor en administration de l’entreprise et management des affaires, « avec mention très bien » précise le Finlandais, dont les parents ont fait de la France et des Alpes de Haute-Provence leur deuxième patrie. Max entamait seulement au Monte-Carlo sa troisième saison.
Il s’adonne avec bonheur aux joies du pilotage, un peu en France – on le vit même au rallye Terre de Vaucluse à l’automne 2012 – et pas mal sur les terres de ses ancêtres Suomi.
Vatanen Junior fait donc ses gammes entre trajectoires tendues et glissades qui n’en finissent plus. Bon sang ne saurait mentir.
« J’ai disputé ma première véritable saison l’an passé, note Max, en disputant les cinq courses du Fiesta Dmack Trophy. Et c’est toujours avec la Ford Fiesta R2 achetée en 2013 – une « vieille » ex-M-Sport – que je vais courir mon premier Monte-Carlo. »
Une auto deux-roues motrices qui accuse 1030kg sur la balance, dont le moteur de 170 chevaux est accouplé à une boîte de vitesse séquentielle à cinq rapports.

La Ford Fiesta R2 de la paire Vatanen Jr.-Renucci sous les sunlights du team Automéca-Florajet. Le calme avant la tempête du 83e Monte-Carlo où elle a devancé la meute des R2.

La Ford Fiesta R2 de la paire Vatanen Jr.-Renucci sous les sunlights du team Automéca-Florajet. Le calme avant la tempête du 83e Monte-Carlo où elle a devancé la meute des R2.

« L’expérience technique et humaine de l’équipe Automéca-Florajet »

Pour son baptême au Monte-Carlo, Max Vatanen avait intégré l’équipe Automéca-Florajet de l’Aptésien Manu Guigou et de l’Aixois Jean-Michel Astier. Une structure spécialisée dans la préparation et la gestion de voitures de sport basée à Peynier, qui aligne cinq voitures dans ce coup d’envoi du Mondial 2015.

Max Vatanen était fin prêt a fait valser jusqu'à la victoire sa Ford Fiesta R2 sur les routes du 83e Rallye Monte-Carlo.« Le Monte-Carlo, lançait Max en guise de préambule, se différencie tellement de tous les autres rallyes que c’est une expérience à vivre. Elle est d’autant plus importante que je ne me contenterai pas de le faire une seule fois. Pour ma première, j’espérais avant tout prendre du plaisir et être à l’arrivée. Surtout que nous étions seulement deux Finlandais au départ, Jari-Matti Latvala sur une Volkswagen Polo R-WRC et moi. Et nous étions à l’arrivée, lui 2e au scratch et moi vainqueur en R2. »

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre Automéca-Florajet ?
« Ne le répétez pas, s’amuse-t-il, mais c’est une structure professionnelle dont le rapport qualité des prestations/prix est très bon. Manu Guigou est un grand rallyman français et au delà du travail de préparation technique d’Automéca sur l’auto il m’a fait bénéficier de son expérience humaine. »

«Difficile à gérer au niveau du choix des pneumatiques… »

Max, vous avez découvert le Monte-Carlo dont l’une des particularités était d’alterner les surfaces donc de savoir jouer avec les choix de pneumatiques. Cela vous inquiétait-t-il ?
« Je n’étais pas inquiet mais je connais mes capacités. Ayant commencé à courir en Finlande j’ai évidemment plus d’aisance sur la terre, que sur la neige et ensuite sur l’asphalte. Sur de la bonne neige c’était sympa, car un vrai Monte-Carlo est enneigé ! »

Seize équipages sont engagés dans votre catégorie (R2), le podium allait donc être très disputé ?
« La R2 est une très bonne catégorie car les autos sont de véritables voitures de compétition. Et il était osé pour moi de vouloir en faire trop. J’ai donc fait ma course le plus proprement possible, d’autant que pour la première fois mon coéquipier m’indiquait les notes en français alors que jusqu’à présent elles m’étaient annoncées en finnois. »

Max Vatanen à l'heure de la pause déjeuner chez Automéca-Florajet. Entre lasagnes et... Eau des Alpes, d'indéniables sources d'inspiration qui lui ont valu de remporter la catégorie R2 dès sa première participation au Rallye Monte-Carlo.

Max Vatanen à l’heure de la pause déjeuner chez Automéca-Florajet. Entre lasagnes et… Eau des Alpes, d’indéniables sources d’inspiration qui lui ont valu de remporter la catégorie R2 dès sa première participation au Rallye Monte-Carlo.

Redoutiez-vous quelque chose en particulier ?
« Principalement de refaire la même erreur que celle que j’avais commise au Portugal où j’avais effectué une mauvaise prise de notes, ce qui m’avait valu une sortie de route sans appel !
« J’ai découvert au Monte-Carlo des choses que je ne connaissais pas, et surtout des conditions météo aussi différentes que très difficiles à gérer au niveau des pneumatiques. Partir sur le sec, arriver sur un col dont la route est recouverte de neige et de glace, se faire surprendre sur un versant nord et s’offrir de petites frayeurs, tout est possible… C’est pourquoi j’ai tout fait pour sécuriser mes choix de pneus, tout en préservant les performances. »

L’expérimenté Ajaccien Jacques-Julien Renucci pour copilote

Le coéquipier de Max Vatanen est désormais le très expérimenté Ajaccien Jacques-Julien Renucci, 42 ans dont une vingtaine d’années passées dans le baquet de copilote dans près d’une centaine de compétitions nationales et internationales. En particulier aux côtés de Sarrazin, Tirabassi et Serpaggi.
« Je connais Max depuis une dizaine d’années, commente le rallyman de Cozzano, lorsque son père le menait voir les rallyes, et je trouve que notre association est sympathique».

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Max Vatanen, son coéquipier Jean-Julien Renucci, et leur Fiesta N°97 engagée par le team Automéca-Florajet, vainqueurs de la catégorie R2 au 83e Rallye Monte-Carlo dès me coup d’essai du jeune Finlandais.

Mais au fait, que pense Ari Vatanen du grand pas qu’a franchi sur les routes du 83e Rallye Monte-Carlo son digne héritier ? « Je ne crois pas que ma participation au Monte-Carlo ait provoqué chez lui plus d’émotions que cela, conclut Max. Certes, il est venu me voir, mais je me souviens qu’il avait été très touché lorsque je lui avais dit que j’avais envie de me mettre au pilotage. »

Une chose est sûre, Vatanen Junior intéresse pas mal de monde, puisque le Groupe Maurin, Castrol, SIMC matériaux et le manufacturier chinois en pneumatiques DMack lui apportent leur soutien. Mais la route vers les succès est longue. Pourvu qu’elle soit belle !

Le team Automéca reçu 5/5 à l’arrivée du 83e Monte-Carlo

Au Monte-Carlo, Max Vatanen s’en est donné à cœur joie et il a poursuivi l’apprentissage du métier, au sein de l’équipe Automéca-Florajet. Où ont œuvré une quarantaine de personnes pour les cinq voitures alignées, ce qui en a fait le team privé le plus «gros » de ce 83e rallye Monte-Carlo.

Outre Max et Jean-Julien qui arboraient le N°97 sur la Ford Fiesta qu’ils ont menée à la victoire dans la catéogrie R2 (34e du classement général scratch), la « Bande à Manu » comptait aussi sur Franck Sias et Jean-François Gastinel (Renault Clio R3 T, N°80, 29e du scratch et 1ère Clio), Laurent Joly et Pauline Melchiorri (Citroën C2 R2 Max, N°106, 38e du scratch et 3e en R2), Jean-Luc Taormina et Claude Séry (Peugeot 208 R2, N°99, 46e du scratch et 4e en R2 malgré un tonneau…), Lorenzo Fabiani et Cédric Amoros (Renault Twingo R2, N°109, 69e du scratch),

Les cinq équipages du team Automéca-Florajet avaient les crocs acérés et ils ont tenu le choc pendant les 1400km – dont 355Km d’épreuves spéciales chronométrées – du 83e Rallye Monte-Carlo. Bravo !

Crédit photos : Charles-Bernard Adreani