Zoom sur l’exposition My Citroën Advendure au C_42
Alors que le constructeur aux chevrons s’apprête à prendre part au championnat WTCC (la première épreuve aura lieu le 12 avril au Maroc), il lance une nouvelle exposition au C_42, baptisée My Citroën Adventure. Retour sur l’histoire de quelques-uns des modèles qui y seront exposés à partir du 22 mars.
Tout commence avec un homme : André Citroën.

Né le 5 février 1878 (cette date est encore célébrée aujourd’hui, puisque de nombreuses nouvelles Citroën -dont le dernier C4 Cactus- ont été dévoilées un 5 février), celui qui se veut le Henry Ford français débute son ascension avec ce qui deviendra le symbole de sa future entreprise : les chevrons. C’est en effet lors de la visite d’une usine polonaise qu’il découvre un engrenage doté de dents en V. L’idée lui paraît tellement ingénieuse qu’il décide d’en racheter le brevet et d’améliorer le procédé. Très vite ses engrenages connaissant le succès et sa carrière d’industriel est lancée.

Capitaine dans un régiment d’artillerie lors de la première guerre mondiale, il y perd son frère Bernard. Il décide alors de contribuer encore davantage à l’effort de guerre, en proposant ses services d’industriel à l’État Français pour la production d’obus (qu’il estime largement insuffisante), en appliquant les méthodes Fordistes. Très vite, une usine est construite Quai de Javel, les cadences y sont très soutenues, puisque pas moins de 10.000 obus sont produits chaque jour. André Citroën a l’idée d’employer des femmes, les hommes étant partis au front. C’est ainsi que naissent les « munitionnettes », nom donné aux femmes qui travaillent à la production des munitions.
En 1918, la guerre est finie et avec elle la demande d’obus. André Citroën avait anticipé cet arrêt, et il ne lui faut que 4 mois pour convertir son usine à une nouvelle production : les automobiles. Ce domaine est loin de lui être inconnu puisqu’il avait pris avant la guerre la direction des automobiles Mors. Il pressent que l’avenir de l’automobile réside dans la production en très grande série, comme pour les obus.

La Type A, première Citroën de l’histoire, est présentée en 1919. Son prix annoncé est de 7.950 francs, soit moitié moins que la voiture la moins chère de l’époque. L’engouement qu’elle suscite est vif et très vite d’autres modèles sont lancés.
Citroën a compris que tous ces efforts seraient vains sans une solide campagne de médiatisation, destinée à faire connaître sa marque et ses modèles. L’idée d’une grande expédition à travers l’Afrique murit en lui depuis la guerre. En 1921 une cellule de travail est mise en place, afin de préparer la traversée du désert le plus emblématique : le Sahara. 5 voitures participeront à l’aventure : des autochenilles construites sur base de Citroën 10 HP de type B2. Elles ont été inventées par l’ingénieur Adolphe Kégresse et ont chacun leur nom : Scarabée d’Or, Croissant d’Argent, Tortue Volante, Chenille Rampante et Bœuf Apis.

Malgré la chaleur extrême des jours et des nuits glaciales elles relient Touggourt à Tombouctou (près de 3.200 kms) en 21 jours, entre décembre 1922 et mars 1923. Durée record quand on sait qu’à dromadaire la traversée dure 6 mois!
André Citroën ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. 2 ans après la traversée du Sahara, il met en place un projet encore plus ambitieux : relier Madagascar depuis l’Algérie, soit une distance de 20.000kms. C’est la Croisière Noire. Cette fois-ci ce ne sont pas 5 mais 8 autochenilles qui seront de la partie, parmi lesquelles Scarabée d’Or et Croissant d’Argent, qui ont déjà pris part à la première aventure. Le défi est tout autre, et les difficultés s’amoncellent : rivières sans ponts, végétation parfois tellement dense que les équipages se fraient un chemin à coups de machettes… Pourtant près de 7 mois après leur départ, les voitures arrivent à Tananarive, capitale de Madagascar.
En 1928, André Citroën se lance un nouveau défi : « conquérir » l’Asie, en ouvrant la célèbre route de la soie à l’automobile, et ainsi marcher sur les traces de Marco Polo, qui effectua la traversée au XIIIème siècle. C’est la croisière jaune. Les préparatifs sont très longs, le gouvernement chinois ne voyant pas l’expédition d’un bon œil. Le départ est finalement donné le 4 avril 1931 de Beyrouth, capitale du Liban, pour un périple de 30.000kms.

Deux groupes d’autochenilles C4 F et C6 F prennent part à l’aventure, qui s’achèvera le 12 février 1932, lors de l’arrivée des équipages à Pékin. Ils auront enduré des climats d’une rudesse extrême, et même une prise d’otage. Le chef d’expédition Georges-Marie Haardt, qui participa à ces 3 aventures, décéda d’une pneumonie un mois plus tard, à Hong-Kong. André Citroën, apprenant la nouvelle, envoie alors un télégramme à l’équipe : « l’homme est mort mais l’œuvre reste. Ramenez en France le corps de votre chef. Pleure avec vous ». Encore aujourd’hui le souvenir de cette expédition est vivace dans l’esprit collectif chinois, et contribue à l’aura dont bénéfice le constructeur en Chine.
En 1970, Jacques Wolgensinger, directeur des relations publiques de Citroën, a l’idée de profiter du contexte d’après mai 1968 pour rajeunir l’image du constructeur. L’idée d’un grand raid entre Paris et Kaboul est lancée. Le principe est simple : tout possesseur d’une 2 CV ou d’une de ses dérivées (Méhari, Dyane), âgé de 18 à 30 ans peut se porter candidat. L’initiative de Citroën est couronnée de succès, et près de 500 voitures prennent le départ du raid. Un an plus tard l’expérience est renouvelée, cette fois-ci entre Paris et Persépolis.
En 1973, l’aventure a lieu sur le continent africain, entre la Côte d’Ivoire et la Tunisie. 99 jeunes et 60 voitures participent à ce périple long de 8.000 kms. La simplicité et la légèreté de la petite Citroën font des étincelles et malgré sa modeste puissance transmise aux seules roues avant elle arrive à déjouer les pièges des pistes africaines.

Enfin, impossible de parler de l’épopée sportive de Citroën sans aborder la ZX Rallye-Raid. Après les succès de Peugeot avec les 205 et 405 T16 Citroën reprend le flambeau pour le groupe PSA en 1990, avec sa ZX Rallye-Raid. Développant 300ch, elle ne tarde pas à rencontrer le succès, puisque dès l’été 1990 Ari Vatanen remporte le Baja Aragon à son volant. En janvier 1991 la consécration arrive pour Citroën et le pilote finlandais avec la victoire au Paris-Dakar, course que le constructeur remportera en tout 4 fois avec sa ZX, avant qu’elle ne soit poussée vers la sortie par un changement de règlementation.

Le C_42 est situé à Paris, avenue des Champs Elysée, au numéro 42. {fcomment}
