Essais

Essai Renault Mégane RS 265 Pack Cup : l’arme de guerre!

Sur la route

S’il est un domaine où j’attendais la Mégane RS  au tournant, c’est bien celui-là. Autant le dire tout de suite : elle a dépassé toutes mes attentes!

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Sortant de ma berline japonaise aseptisée, les premiers mètres au volant me rappellent que ma Mégane est dotée d’un châssis Cup, avec un tarage raffermi par rapport à une Mégane RS « de base », passant par des amortisseurs spécifiques, plus raides de 35% à l’avant, et de 38% à l’arrière. C’est ferme, surtout avec les Recaro, sans devenir pénible, sauf sur les grosses irrégularités de la chaussée (trous…). Dans les embouteillages parisiens elle se montre d’une docilité exemplaire, que ce soit au niveau du moteur, ou de la boîte de vitesse. Une très bonne surprise, qui permet d’envisager une utilisation au quotidien. Dans ces conditions on peste simplement contre la visibilité aux 3/4 arrière, déplorable, un défaut commun à toutes les Mégane 3 Coupé.

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Une fois sorti de l’enfer parisien, on peut enfin goûter à ce qui fait tout le sel de cette version RS. Son domaine à elle, c’est les petites routes de campagne, de préférence désertes (notamment de présence policière…). Elle se montre alors d’une efficacité redoutable, avec un train avant d’une précision chirurgicale. Ce dernier est à pivot indépendant, procédé qui permet de séparer les contraintes de transmission et de direction. L’objectif ? Transmettre le plus de puissance possible au sol. C’est réussi.

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Les remontées de couple dans le volant sont en effet absentes (pas de torque steer), et la voiture s’extrait des virages avec une motricité phénoménale. En conduite sportive on décèle un soupçon de sous-virage, sans que cela ne nuise toutefois à l’efficacité. La présence d’un différentiel à glissement limité sur le Pack Cup bonifie encore la motricité. Côté pneumatiques cette version Pack Cup était dotée de Bridgestone Potenza RE 050A, avec un profil ultra bas : 235/35! Une fois bien chauds ils se montrent d’une efficacité redoutable.

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Les mouvements de caisse et les prises de roulis sont aux abonnés absents, et on apprécie alors d’autant plus le maintien offert par les sièges Recaro! Avec le châssis Cup la Mégane R.S se transforme en vrai karting, et distille des sensations sans filtre, ou presque. La direction, lourde juste ce qu’il faut, offre un feeling au diapason, et permet une excellente lecture du travail des roues avant.

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Si je n’ai jamais pu prendre la stabilité de la Mégane en défaut, malgré certaines tentatives assez musclées, j’ai malgré tout ressenti une petite impression de légèreté à l’arrière sur certains freinages appuyés à haute vitesse, plus déroutante que dangereuse, et sans doute liée aux transferts de masse.

Et c’est là que réside le principal enseignement de ces quelques jours au volant de la Mégane RS : il est beaucoup plus facile de trouver ses limites que celles de la voiture. C’est généralement à ce moment-là qu’on se gare sur le bas côté, pour souffler un peu. Car quoiqu’en dise cette Mégane RS Cup est une vraie voiture de sport, du genre à vous rendre les mains moites et à vous faire transpirer à grosses goûtes, et pas simplement une compacte survitaminée.

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A droite du volant on trouve un bouton R.S qui modifie le comportement de la voiture. Un appui bref passe la voiture du mode Normal au mode Sport, l’ESC passe alors du mode tout enclenché à un mode plus permissif, et la réponse à l’accélérateur devient plus franche. En laissant son doigt sur le bouton plusieurs secondes, l’ESC se désactive, et c’est alors au conducteur de doser finement son accélération, s’il ne veut pas voir la puissance du moteur convertie en gomme brulée.

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Sur sol gras/mouillé il faudra bien évidemment faire preuve de davantage de prudence, les roues patinant logiquement beaucoup plus. Il reste toutefois possible d’exploiter la puissance du moteur, en adoptant une conduite plus fine.

Les freins offrent une puissance appréciable, tout en se montrant très faciles à doser, avec une course très progressive. Ils n’ont jamais failli, malgré une utilisation parfois très intensive, notamment sur les routes des Vaux de Cernay, site réputé pour offrir un tracé sinueux très sympathique. On retrouve à l’avant des étriers à 4 pistons Brembo.

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Le 2.0L Turbo F4RT, qui développe 265ch et 360Nm à 3.000tr/min, se montre à la hauteur de ce châssis d’exception, et pousse très fort, tout en se montrant d’une parfaite progressivité. Le 0 à 100km/h est expédié en 6 secondes. Si dans les embouteillages on pourrait penser avoir affaire à une Mégane classique, souple et docile, il suffit d’enfoncer un peu plus la pédale d’accélérateur pour dissiper tout doute. Passé 3.000tr/min et jusqu’à 6.000tr/min il offre une poussée qui comblera l’immense majorité des conducteurs. Arrivé à ce régime un petit « bip-bip » nous rappelle alors qu’il est temps de passer le rapport supérieur. Les virages arrivent alors très vite, et la sonorité se fait plus rauque, avec un turbo hurlant sa hargne à 1.5 bar. Dans ces conditions on jurerait entendre Dark Vador faire ses vocalises! Au lâcher d’accélérateur le moteur nous gratifie de petites détonations à l’échappement, assez jouissives il faut bien l’avouer.

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La commande de boîte, ferme et rapide, est à mettre au crédit de cette Mégane, même s’il m’est arrivé quelque fois en conduite sportive de rentrer la 6ème au lieu de la 4ème. L’étagement n’appelle aucune critique.

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