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Essai : Renault Zoé « 400 km NEDC » : (R)évolution!

Notre essai de la Zoé dotée de la nouvelle batterie Z.E. 40, pour laquelle Renault promet une autonomie doublée!


Encore plus Z.En!

On a aujourd’hui tendance à l’oublier, mais la Renault Zoé constituait un sacré pari pour la firme au losange à son lancement en 2012. Pensée depuis le départ pour recevoir une motorisation électrique (une première pour un véhicule de la marque!), la citadine électrique se retrouva alors face à de nombreux défis : il fallait en effet développer l’infrastructure (les bornes de recharge), le réseau de vente/après-vente, et surtout convaincre la clientèle de sauter le pas. Une étape difficile, puisque les poncifs attachés au véhicule électrique étaient (et sont toujours en partie) nombreux, et que l’auto souffrait alors d’une autonomie somme toute limitée (210 km en cycle NEDC, soit environ 150 km en usage « normal »).

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Après l’avènement du moteur R240 (qui lui avait déjà permis d’augmenter son rayon d’action d’une trentaine de kilomètres), la Zoé a connu fin 2016 une seconde évolution, baptisée Z.E. 40, qui devrait vaincre de nombreuses réticences. Derrière cette dénomination un tantinet obscure, se cache une vraie révolution : la citadine électrique s’équipe en effet d’une toute nouvelle batterie, qui voit sa capacité de stockage presque doublée, passant de 22 kWh à 41 kWh. Comme on pouvait s’en douter, c’est son autonomie qui en profite, puisqu’elle bondit à 400 km NEDC, Renault promettant 300 km dans la « vraie vie ».

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Un logo disposé sur le coffre permet de distinguer les Zoé équipées de la batterie Z.E. 40

Non contente de doubler sa capacité, cette nouvelle batterie, co-développée avec LG, affiche une hausse de poids particulièrement contenue (+ 21 kg), et un encombrement strictement identique.

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Les nouveautés dans la gamme Zoé ne s’arrêtent pas en si bon chemin : deux nouvelles teintes font leur apparition (les Rouge Intense et Gris Titanium), et la finition Intens s’enrichit en terme d’équipement et de présentation intérieure. Surtout, Renault décline sa citadine électrique en une série limitée baptisée Edition One, qui cherche à séduire une clientèle plus « premium ». A l’extérieur, cette dernière reçoit une teinte exclusive (le très réussi Gris Yttrium), et des jantes de 17 pouces « Techrun » (nos modèles d’essai étaient équipés de plus raisonnables unités de 16 pouces).

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L’intérieur est également plus soigné qu’auparavant, avec une planche de bord à la couleur légèrement dorée, et des inserts « Gris Fumé Brillant » disséminés un peu partout. Si les nouvelles teintes confèrent à la planche de bord de la Zoé un côté « chic » bienvenu, on peste en revanche contre les reflets de cette dernière dans le pare-brise, qui pénalisent parfois la visibilité. Pour clore ce chapitre, notons qu’il n’y a pas d’évolution à noter du point de vue de la qualité des matériaux utilisés, qui restent donc désespérément durs.

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De série, la Zoé Edition One reçoit un système audio BOSE, comprenant 7 haut-parleurs, dont un caisson de basse installé dans le coffre (qui grève d’ailleurs partiellement le volume de ce dernier). Elle se dote également de sièges avant chauffants, et d’un réglage lombaire pour le dossier conducteur. Surtout, l’auto s’équipe d’une superbe sellerie en cuir nappa, qui rehausse nettement la qualité perçue de son habitacle. La position de conduite trop haute et non réglable (batteries obligent), et les sièges manquant de maintien latéral tempèrent toutefois un peu nos ardeurs.

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Volant en mains, la nouvelle batterie Z.E. 40 ne change rien aux qualités naturelles de la Zoé : on retrouve donc avec plaisir son silence de cathédrale aux allures routières, sa fluidité exemplaire de fonctionnement (aucun à-coup), et la douceur globale de ses commandes. Bien que différent, le plaisir de conduite est réel. Un trajet suffit pour s’en convaincre : la Zoé offre une vision rafraîchissante de l’automobile, moins agressive pour les autres, et -beaucoup- plus zen pour son conducteur.

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Pour ne rien gâcher, la vivacité de l’auto est assez bluffante. Son moteur de 92 ch délivre en effet quasi instantanément son couple de 225 Nm, avec à la clé des décollages « éclairs » : 4 secondes pour le 0 à 50 km/h, et 8,6 secondes pour le 0 à 80 km/h. Si l’auto peine un peu au dessus de 90 km/h (surtout si le relief vient s’en mêler), les trajets autoroutiers restent parfaitement envisageables, puisqu’elle tient sans difficulté le 130 km/h.

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Malgré une direction qui manque clairement de ressenti, la tenue de route est très convaincante, avec un train avant réactif, un arrière soudé au sol, et des prises de roulis plutôt bien contenues, en dépit d’un poids élevé (1.480 kg). Et l’autonomie dans tout ça me direz vous! Elle est loin de décevoir, bien au contraire! Sur nos deux jours d’essai, et en combinant toutes les utilisations possibles (ville, route sinueuse, et un peu d’autoroute), nous avons en effet pu vérifier qu’en utilisation normale (c’est-à-dire sans chercher l’économie à tout prix, et en profitant des équipements de confort de l’auto) l’autonomie oscillait entre 280 et 300 km, selon l’état d’énervement de notre pied droit. Le pari est donc réussi pour la petite Renault, qui double quasiment son rayon d’action.

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Enfin, deux nouvelles applications accompagnent le lancement de la Zoé Z.E. 40, et devraient faciliter la vie des utilisateurs du modèle. La première, intégrée au système R-LINK de l’auto et baptisée Z.E. Trip, permet de localiser les points de charge, d’accéder à certaines informations (disponibilité de chaque borne, puissance, prise), puis de lancer la navigation pour s’y rendre. La seconde application (Z.E. Pass) est une solution de paiement sur smartphone permettant de régler sa recharge sur borne, sans avoir à disposer de l’abonnement ad hoc.

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Les Tarifs

La gamme Zoé 2017 (équipée de la nouvelle batterie Z.E. 40) s’échelonne de 23.600 Euros (version Life) à 28.000 Euros (série limitée Edition One), soit un surcoût limité à environ 1.500 Euros. Comptez 500 Euros de plus pour une version à charge rapide. A cela, il faut déduire le bonus écologique de 6.000 Euros, et rajouter le contrat de location de la batterie (2 contrats sont disponibles : 7.500 km/an à 69 Euros/mois, et kilométrage illimité à 119 Euros/mois).

Points positifs :

+ Fluidité, douceur exemplaires

+ Autonomie réelle très intéressante

+ Présentation en amélioration (Edition One)

+ Surcout limitée de la nouvelle batterie

Points négatifs :

– Position de conduite (trop haute et non réglable)

– Sièges manquant de maintien latéral

– Reflets du tableau de bord dans le pare-brise

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Conclusion : Tout pour convaincre!

Plus qu’une promesse tenue pour Renault, la nouvelle batterie Z.E. 40 de la Zoé constitue un sacré argument pour tous ceux qui sont tentés de « sauter le pas » de l’électrique. Pour un surcoût modique, la citadine électrique au losange voit en effet son autonomie doublée, et avec elle de nombreuses critiques s’envoler. Renault propose avec la Zoé « 2017 » une alternative tout à fait crédible au véhicule thermique « de tous les jours » (qui reste bien souvent en dessous des 300 km journaliers), et devrait conforter sans peine sa place de leader dans le secteur de l’électrique « grand public ».


 

Mathias Dugenetay

Mordu de bagnoles depuis la plus tendre enfance. Rédacteur en chef de Blog-Moteur.com